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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Cinéma

Evelyn Lambart

Photo d'Evelyn Lambart

(1914-1999)
Première femme animatrice-graphiste, Office national du film du Canada

Evelyn Lambart
Source


Evelyn Lambart est née à Ottawa le 23 juillet 1914, fille de Howard et Helen (Wallbridge) Lambart, parents de quatre enfants. Souffrant de troubles auditifs dès son jeune âge, c'est grâce à cette déficience qu'elle a centré ses intérêts sur le monde visuel, l'utilisant comme mode de communication. Afin de l'encourager à peindre et à dessiner, on lui offrait régulièrement des boîtes de couleurs. Son père, un passionné de la photographie, lui a également donné des appareils photos alors qu'elle était toute jeune. Evelyn, ses frères et sa sœur ont été élevés sans idées préconçues de ce qu'ils pouvaient accomplir. Comme elle l'a déclaré lors d'une interview donnée après avoir pris sa retraite, « De par la façon dont j'ai été élevée, j'ai appris à me considérer comme une personne ayant l'obligation d'exploiter ses talents de toutes les façons possible. Le fait d'être une femme ou un homme ne faisait aucune différence. » [Traduction] (Munn, p. 64)

Après avoir fréquenté le Lisgar Collegiate Institute à Ottawa, Mme Lambart a suivi son intérêt pour l'art en étudiant pendant cinq ans à l'Ontario College of Art, d'où elle a obtenu son diplôme en 1937. Elle avait l'intention au départ d'aller poursuivre ses études en Angleterre, mais le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale a mis un frein à ses projets. Elle a plutôt passé une année et demie à travailler sur les illuminations et le lettrage du premier Livre du Souvenir, qui se trouve dans la tour de la Paix, à Ottawa.

L'expérience du travail minutieux qu'avait acquise Mme Lambart durant la préparation du Livre du Souvenir l'a incitée à postuler un emploi à l'Office national du film (ONF), situé à l'époque à Ottawa, où elle a commencé à travailler en 1942. D'abord préposée au lettrage, Mme Lambart est vite passée à la création de cartes, contribuant à divers films tels que Global Air Routes (1944) et Fortress Japan (1944) de la série World in Action. En 1947, elle travaillait déjà à la réalisation de son premier film, La carte impossible / The Impossible Map, se voyant ainsi confrontée à la difficulté de présenter de bonnes images de cartes du monde sur des surfaces plates. Étant donné que les fonds étaient trop rares pour acheter de vrais globes terrestres, elle a utilisé en guise d'aides visuelles des pamplemousses sur lesquels elle avait peint des cartes géographiques. Elle a coréalisé le film intitulé L'arbre généalogique / Family Tree (1950) (au sujet des Européens en Amérique du Nord) avec George Dunning. Elle a également contribué à des segments de films tels que Alerte : science contre le cancer / Challenge: Science Against Cancer (1950) et The Fight: Science Against Cancer (1951).

C'est vers cette période que Norman McLaren lui a demandé pour la première fois de l'aider à dessiner des signes héraldiques pour l'un de ses films d'animation, ce qui a marqué le début d'une relation de travail qui a duré jusque vers la fin des années soixante. Bien qu'il l'ait approchée peu de temps après son arrivée à l'ONF, ce n'est qu'en 1949 que leur collaboration s'est véritablement concrétisée, dans le cadre de la réalisation du film Caprice en couleurs / Begone Dull Care. Elle a travaillé avec M. McLaren sur un total de douze films, y compris Il était une chaise / A Chairy Tale (1957), Short and Suite (1959), Lignes horizontales / Lines: Horizontal (1961), Lignes verticales / Lines: Vertical (1962) et Mosaïque / Mosaic (1965). Sa participation à ces œuvres a pris diverses formes : elle a effectué la correction des couleurs, animé certaines sections (notamment pour ce qui est de Short and Suite), suggéré des façons d'incorporer au produit des éléments tels que de la poussière (pour Caprice en couleurs) et même manipulé la chaise dans Il était une chaise. Ce n'est que bien des années plus tard qu'on a totalement reconnu le mérite du travail qu'elle a réalisé auprès de Norman McLaren, bien que l'on ait souligné la puissance et la valeur de leur collaboration en 1965, alors qu'on rendait hommage à Mme Lambart en présentant de ses films au Festival du film d'Annecy, qui célébrait l'œuvre de M. McLaren.

Au début des années 1960, Norman McLaren a commencé à s'intéresser de plus en plus aux films traitant de ballet, sujet qui n'éveillait aucun intérêt chez Evelyn Lambart. Elle s'est donc mise à envisager sérieusement de travailler seule. Bien qu'il lui ait fallu un certain temps et bien des efforts pour s'habituer à travailler de façon autonome, et à avoir la liberté de prendre ses propres décisions en matière de création, elle a produit son premier film d'animation, Fine Feathers, en 1968. Elle en a par la suite réalisé six autres : The Hoarder (1969), Paradise Lost (1970), L'histoire de Noël / The Story of Christmas (1973), Mr. Frog Went A-Courting (1974), Le lion et la souris / The Lion and the Mouse (1976) et Le rat de maison et le rat des champs / The Town Mouse and the Country Mouse (1980). (Mme Lambart a réalisé les deux derniers à la pige pour l'ONF après avoir pris sa retraite.)

À la différence des calculs précis et des lignes dessinées directement sur la pellicule, méthodes employées lorsqu'elle travaillait avec Norman McLaren, Evelyn Lambart racontait ses histoires à l'aide de silhouettes animées. Elle créait d'abord l'apparence de chaque personnage au moyen de formes (éléments du visage, corps et autres parties) découpées dans du papier de bricolage. Lorsqu'elle était satisfaite de la forme de base, elle la découpait dans une feuille de zinc et peignait les détails sur le métal. Elle manipulait ensuite ces personnages contre une toile de fond noire pour donner vie à l'histoire. Elle était capable d'utiliser une palette de couleurs plus claire que celle qu'elle utilisait à l'époque où elle travaillait avec M. McLaren, employant des teintes de bleu et de rouge au lieu des couleurs plus froides que ce dernier favorisait. Même les histoires qu'elle racontait à l'aide de cette technique étaient différentes. Aux concepts abstraits, Mme Lambart préférait les histoires linéaires, plus particulièrement les fables. En fait, bon nombre de ses œuvres comprennent des animaux.

Après avoir pris sa retraite de l'ONF en 1975, Evelyn Lambart a fait l'acquisition d'une parcelle de terre à Sutton, au Québec, où se dresse aujourd'hui une maison qu'elle a elle même dessinée. Elle a continué de travailler à la pige (notamment pour l'ONF) et s'est intéressée au jardinage, à l'ouvrage à l'aiguille et à d'autres types d'artisanat. Ces travaux comprennent les pièces murales qui ont servi de prix à l'occasion du Festival international du cinéma et de la télévision d'animation d'Ottawa de 1982. Elle a en outre été présidente honoraire de ce festival en 1988. Evelyn Lambart est décédée le 3 avril 1999; elle avait 84 ans.

Ressources

ASIFA Canada. Vol. 15, no 3 (janvier 1988). Numéro consacré aux articles sur Evelyn Lambart. Articles en français et en anglais.

King, Annabelle. « Airy Studio Is Artist's Special Room. » Montreal Gazette. (15 septembre 1983), p. D1.

« Lambart, Evelyn Mary. » Dans Canadian Who's Who. Kieran Simpson et Elizabeth Lumley, éditeurs. Toronto : University of Toronto Press, 1995. Vol. XXX (1995), p. 660.

Lee, Jerry. « The Job of Film Animator Still Very Exciting to Her After 19 Years at the NFB. » Montreal Star. (27 mai 1961), p. 12.

Lee, Jerry. « Merging Film Artist and "Constructor". » Montreal Gazette. (31 juillet 1974), p. 35.

Mazurkewich, Karen. Cartoon Capers: The History of Canadian Animators. Toronto : McArthur and Company, 1999.

Mazurkewich, Karen. « Tribute to Eve Lambart. » Take One. (Été 1999), p. 52.

Munn, Felicity. « Creativity Heightened by Change in Career. » Ottawa Citizen. (30 novembre 1982), p. 64.

Office national du film du Canada. « Evelyn Lambart. » www.onf.ca/portraits/fiche.php?idcat=86 (consulté le 15 septembre 2004].

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