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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Cinéma

Deepa Mehta

Photo de Deepa Mehtha

(1950 - )
Cinéaste

Deepa Mehtha
Source


Deepa Mehta, qui a été décrite comme « la cinéaste canadienne la plus réputée sur le plan international » (Levitin, An Introduction..., p. 273), est née en 1950 à Amritsar, ville de l'Inde à la frontière du Pakistan. Comme bien d'autres familles hindoues, celle de Deepa Mehta fuit le tout nouveau Pakistan, à l'époque de la partition en 1947. Le père de Deepa distribue des films et possède de nombreuses salles de cinéma. Enfant, Deepa voit des centaines de films dans les salles de son père, mais ne songe pas à l'époque à devenir cinéaste. Elle fait des études de philosophie à l'université de New Delhi.

Une fois diplômée, elle travaille dans une compagnie qui fait des films documentaires et éducatifs pour le gouvernement de l'Inde. Elle a l'occasion d'y diriger son premier film, un documentaire sur une mariée encore enfant s'inspirant de l'expérience d'une jeune fille de 15 ans qui avait travaillé dans la maison où Deepa a grandi. C'est à cette époque qu'elle rencontre Paul Saltzman, jeune cinéaste canadien qui fait des recherches à New Delhi. Ils se marient, déménagent à Toronto en 1973, et avec le frère de Deepa, Dilip, fondent Sunrise Films, qui produit des documentaires avant de réaliser des films pour la télévision.

En 1974, Deepa Mehta réalise son premier film canadien, un documentaire très bien accueilli intitulé At 99: A Portrait of Louise Tandy. Avec son conjoint, elle entreprend le tournage d'une série de documentaires, Spread Your Wings, qui porte sur l'inventivité et la conscience professionnelle de jeunes artisans dans le monde entier. En 1985, Mehta elle tourne pour la télévision Travelling Light, un documentaire sur son frère Dilip, photojournaliste de renom. Ce film est mis en nomination dans trois catégories aux Prix gémeaux et compte au nombre des finalistes, en 1987, au New York International Film and Television Festival.

En 1987, Deepa Mehta produit et codirige Martha, Ruth and Edie, film basé sur des textes d'Alice Munro, de Cynthia Flood et de Betty Lambert. Projeté au Festival international du film de Cannes, il remporte le prix du meilleur long métrage au 11e Festival international du film de Florence en 1988. En 1991, son premier long métrage Sam & Me, remporte une mention honorable dans la catégorie Caméra d'or au Festival international du film de Cannes. Cette œuvre, comme plusieurs de ses derniers films, est à la fois un film profondément personnel et dont le contenu affectif est universel. Grâce au succès de Sam & Me, elle reçoit des offres pour réaliser deux épisodes de la série télévisée de George Lucas intitulée Les chroniques du jeune Indiana Jones et le film à gros budget Camilla (1994).

En 1995, Deepa Mehta, maintenant divorcée, commence le tournage de Fire, le premier film d'une trilogie à la fois puissante et controversée qui se déroule en Inde. Avec Fire, Deepa Mehta, déterminée à conserver le contrôle artistique sur ses films, commence à jouer le double rôle de cinéaste et de scénariste. Fire (1996) raconte l'histoire de deux femmes de la classe moyenne prises au piège d'un mariage arrangé; bien accueilli par la critique, ce film remporte plusieurs prix, dont le Prix du jury international au Festival international du film de Vérone en 1997. Les critiques attribuent en partie le grand succès de Fire à la capacité de Deepa Mehta à faire éprouver au spectateur de l'empathie par-delà les frontières culturelles. Mme Mehta elle-même ajoute :

« Même si FIRE est créé dans un espace, un lieu et un temps précis, je tenais à ce que son contenu affectif soit universel. La lutte entre la tradition et l'expression individuelle se livre dans toutes les cultures. FIRE aborde ce sujet dans le contexte de la société indienne. Ce qui me plaisait, c'est que cette histoire avait une résonance qui transcendait les frontières géographiques et culturelles. »

[Traduction] (Fire Zeitgeist Films, en ligne)

Le deuxième film de la trilogie, Earth (1998) porte sur la séparation de l'Inde et du Pakistan, survenue en 1947, du point de vue d'une jeune fille. La première de Earth, film décrit comme une épopée intime, a eu lieu au Festival du film de Toronto en 1998. Earth a marqué la participation de l'Inde au Academy Awards l'année suivante et a remporté de nombreux prix. À propos de Earth, Mme Mehta affirme :

« Le film est un médium puissant et j'espère que Earth amorcera un dialogue et forcera la population à réfléchir davantage au prix que coûte ce type de division... Je voulais raconter cette grande histoire d'après le point de vue d'un cercle d'amis très proches composé de personnes de divers groupes ethniques et analyser le processus de la partition grâce à eux. »

[Traduction] (Phillips, en ligne)

Le tournage de Water, troisième film de la trilogie indienne de Deepa Mehta, commence en 2000. Toutefois, elle est forcée d'abandonner son projet lorsqu'une violente controverse est déclenchée par des fondamentalistes hindous. Au sujet de son retour à Toronto après l'expérience de Water en Inde, Mme Mehta déclare : « Il m'a fallu environ trois mois pour décider de ce que je voulais faire ensuite; assise à la table de la cuisine, je me suis dit que je voulais vraiment faire quelque chose qui était du côté de la vie, quelque chose d'amusant, d'entraînant et qui me rendait heureuse de vivre, et j'ai écrit Bollywood/Hollywood. » [Traduction] (Talk Cinema, en ligne)

Bollywood est le nom qu'on donne au style distinct de cinéma commercial indien qui se fait à Bombay. Dans Bollywood/Hollywood (2002), Deepa Mehta utilise les deux genres comme toile de fond d'un film portant sur la vie de familles indiennes à Toronto. À propos de ce film très bien accueilli, Mme Mehta déclare :

« Lorsque je l'ai présenté au Festival du film de Toronto l'année dernière, j'ai dit aux spectateurs que ça serait bien utile s'ils mettaient leurs souliers de danse et laissaient leurs cellules grises au sous-sol. Ce n'est pas un film logique ni intellectuel. C'est un film sur la bonne humeur, le goût de chanter et de danser. Et si on garde l'esprit ouvert, c'est une fenêtre sur une autre culture qui aide à voir comment plus d'un milliard de personnes vivent et survivent dans le monde. »

[Traduction] (Talk Cinema, en ligne)

La première du plus récent film de Deepa Mehta, The Republic of Love, basé sur le roman du même titre de Carol Shields, a eu lieu au Festival international du film de Toronto en 2003.

Deepa Mehta a acquis une réputation bien méritée de cinéaste courageuse et innovatrice dont les films portent souvent sur la question universelle de l'identité et de la tradition. Elle précise : « Sam & Me, Fire, Earth, et même Water, sont tous des films qui traitent du moment où s'arrête sa propre voix et où commence le fardeau de la tradition. C'est le conflit entre la voix personnelle et la voix de la tradition... Je ne m'assois pas à ma table de travail pour écrire un scénario en pensant à tout ça, dans la mesure où ces thèmes semblent toujours revenir dans mes films. » [Traduction] (Wise, p. 36)

Ressources

Cole, Janis et Holly Dale. Dans Calling the Shots: Profiles of Women Filmmakers. Kingston, Ont. : Quarry Press, ©1993, p. 133-142.

Cormier, Jim. « Mehta Morphosis. » Chatelaine. (Novembre 1993), p. 58-61, 190-191.

Cuthbert, Pamela. « Deepa Mehta's Trial by Fire. » Take One. (Décembre-février 1995-1996), p. 28-31.

« Deepa Mehta: 11 Million Dollar Director - Take One Talks to Deepa Mehta. » Take One. (Automne 1994), p. 38-41.

« Excerpts from a Master Class with Deepa Mehta. » Dans Women Filmmakers: Refocusing. Publié sous la direction de Jacqueline Levitin, Judith Plessis et Valerie Raoul. Vancouver : UBC Press, ©2002, p. 284-291.

Fire Zeitgeist Films. « Deepa Mehta on Fire. » http://zeitgeistfilms.com/film.php?directoryname=fire (consulté le 3 février 2004].

Flahive, Gerry. « Young Hands, Old Skills / Sunrise Films. » Cinema Canada. (Février 1980), p. 14-17.

Gillmor, Don. « The Divine Miss M. » Toronto Life. (Octobre 2002), p. 102-108.

Levitin, Jacqueline. « Deepa Mehta as a Transnational Filmmaker, or You Can't Go Home Again. » Dans North of Everything: English-Canadian Cinema since 1980. Publié sous la direction de William Beard et Jerry White. Edmonton : University of Alberta Press, ©2002, p. 270-293.

« Interviews and Conversations: Deepa Mehta - September 21, 2003. » Talk Cinema. www.talkcinema.com (consulté le 3 février 2004].

Levitin, Jacqueline. « An Introduction to Deepa Mehta: Making Films in Canada and India. » Dans Women Filmmakers: Refocusing. Publié sous la direction de Jacqueline Levitin, Judith Plessis et Valerie Raoul. Vancouver : UBC Press, 2002, p. 273-283.

Monk, Katherine. Dans Weird Sex & Snowshoes: And Other Canadian Film Phenomena. Vancouver : Raincoast Books, 2001, p. 200-202.

Phillips, Richard. « An Interview with Deepa Mehta, Director of Earth. » World Socialist Web Site. www.wsws.org/articles/1999/aug1999/meh-a06.shtml (consulté le 3 février 2004].

Wise, Wyndham. « Bollywood North: An Interview with Deepa Mehta. » Take One (septembre-novembre 2002), p. 32-36.

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