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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Cinéma

Mary Pickford

Photo de Mary Pickford

(1892-1979)
Actrice, productrice et femme d'affaires

Mary Pickford
Source


« Faites les rire, faites les pleurer et faites les rire encore. Pourquoi les gens vont-ils au théâtre? C'est un exercice chargé d'émotion... Je suis au service des gens. Je ne l'ai jamais oublié. » - Mary Pickford [Traduction]

Mary Pickford, surnommée la « chérie de l'Amérique », est l'une des femmes qui a connu le plus de succès dans l'industrie du film au début du XXe siècle. Femme d'affaires accomplie, elle demande des cachets plus élevés et exige d'exercer davantage de contrôle sur ses films.

Mary Pickford (née Gladys Louise Smith) voit le jour le 8 avril 1892 à Toronto. D'après d'autres auteurs, elle serait née en 1893; en tant qu'actrice enfant, Mary Pickford se rajeunit d'une année, pour avoir davantage l'air d'une prodige du théâtre, et continue de jouer les personnages plus jeunes, qui sont plus nombreux à l'époque au théâtre. Elle entame sa carrière d'actrice très tôt pour subvenir aux besoins de sa famille à la suite de l'accident qui emporte son père. À l'âge de dix ans, elle est le principal soutien de sa famille et même si elle trouve difficile de s'en éloigner pendant de longues périodes, elle sait que cela pourra lui être profitable, au bout du compte. Elle n'accepte pas l'échec.

Mary Pickford (avec ses célèbres et longues boucles blondes) commence sa carrière à l'âge de cinq ans, lorsque des pensionnaires qui habitent chez elle lui demandent si elle et sa jeune sœur Lottie veulent jouer les figurantes dans une scène où l'action se déroule dans une classe. La pièce est jouée dans un théâtre de Toronto. C'est dans la troupe Valentine Stock, de Toronto, qu'elle obtient son premier rôle principal dans la pièce The Silver King (1898). En 1900, la mère de Mary, Charlotte Smith (qui sera son imprésario jusqu'à sa mort en 1928), déménage avec toute sa famille à New York pour « lancer la carrière théâtrale de la famille » (Windeler, p. 19). Au cours des années qui suivent, Mary et les membres de sa famille jouent dans des pièces de théâtre dans l'est des États-Unis et le sud de l'Ontario, qui mettent à l'affiche « Baby Gladys Smith ».

En 1906, beaucoup trop vieille pour porter comme nom de scène « Baby Gladys », Pickford décide de conquérir Broadway. Elle est également déterminée à subvenir aux besoins de sa famille. Elle commence donc à travailler auprès de David Belasco, le meilleur producteur et scénariste de Broadway de l'époque. En 1909, Charlotte Smith persuade sa fille de se présenter à Biograph, une des premières sociétés cinématographiques. Pickford ne voulait pas tourner de films pour des raisons artistiques, mais sa mère avait le dernier mot, car elle voulait que toute sa famille travaille. Après sa rencontre avec le réalisateur D.W. Griffith, à Biograph, Mary (qui s'appelle maintenant Mary Pickford) commence à demander un cachet plus important. Elle amorce ainsi une longue carrière où elle saura faire preuve de discernement en affaires et mener de vives négociations salariales. Plus tard, en effet, elle exigera un très bon cachet et exercera son droit de veto sur les films auxquels elle prend part, chose qu'une actrice ne faisait pas à l'époque.

Après avoir passé quelques années à Biograph, Charlotte Smith conclut un marché avec l'Independent Motion Picture Company (IMP) qui offre un meilleur cachet à Pickford et du travail en permanence au reste de la famille, y compris le nouveau mari de Mary, Owen (ils divorceront quelques années plus tard). Peu après la signature du contrat avec IMP, l'entreprise déplace son siège social à Cuba. Mary Pickford est très malheureuse à La Havane et annule son contrat trois mois avant la fin. Elle retourne à Biograph, où elle commence à vendre ses synopsis et à travailler comme actrice.

Pickford acquiert une réputation de femme d'affaires intelligente et avertie. Au cours de la décennie suivante, elle passe d'une entreprise à l'autre, exige des cachets de plus en plus élevés et davantage de contrôle artistique. Au sommet de sa carrière au cinéma, elle gagne le même salaire qu'un autre célèbre acteur, Charlie Chaplin; son cachet le plus élevé sera de 350 000 $ par film. Elle demande toujours de recevoir le même cachet que ses collègues masculins, et elle l'obtient chaque fois. Elle possède également le sens des affaires lorsqu'il s'agit de distribuer ses films. Au cours de son passage à Famous Players, elle exige qu'ils soient vendus séparément et non pas avec d'autres films produits par cette entreprise. Elle veut qu'on lui verse la moitié des profits, une gratification à la signature des contrats, que son nom figure sur la marquise, que le studio porte son nom et qu'on assure ses déplacements et ceux de sa mère (à qui on versait également un salaire). « Elle devient présidente de la Mary Pickford Famous Players Film Company où, malgré ses 23 ans, elle accorde l'approbation finale pour ce qui est des distributions, des scénarios et des cinéastes qui les tournent. » [Traduction] (Windeler, p. 92)

Après avoir réglé les procédures de divorce avec son ex-conjoint Owen Moore, Pickford épouse Douglas Fairbanks en 1920, au sommet de sa carrière. Ils vivent à Beverly Hills dans un manoir construit sur mesure, Pickfair, jusqu'à ce qu'ils divorcent officiellement en 1935. À cette étape de leurs carrières, Mary et Douglas sont considérés comme les rois incontestés d'Hollywood par un grand nombre de leurs fans qui les adulent. Peu après leur mariage, Mary et Douglas, de même que le directeur D.W. Griffith et Charlie Chaplin, fondent une compagnie qu'ils appellent United Artists. Ils créent cette entreprise pour faire en sorte que « Mary et Douglas puissent exercer un contrôle total sur les films qu'ils font. Ils peuvent donc produire, financer et distribuer non seulement leurs films mais ceux de réalisateurs indépendants qui produisent des œuvres en respectant les mêmes normes de qualité auxquelles ils se plient eux-mêmes. » [Traduction] (Foster, p. 285)

Après avoir fait des centaines de films pour le compte de nombreuses compagnies, Mary tourne son dernier film muet en 1927 : My Best Girl. Dans ce film, Mary fait quelque chose d'inédit : elle embrasse l'acteur principal, Buddy Rogers. En 1929, après My Best Girl, afin de suivre l'évolution de son public inconstant, elle commence à faire des films parlants. Elle remporte l'oscar de la meilleure actrice pour Coquette (1929), son premier film parlant et le premier oscar attribué à un film sonore. C'est également en 1929 qu'elle joue le premier rôle dans le premier film parlant inspiré d'une œuvre de Shakespeare : Taming of the Shrew. En 1933, après avoir tourné Secrets entourée d'acteurs extrêmement talentueux, elle annonce qu'elle prend sa retraite.

Peu après, elle épouse le chef d'orchestre et acteur Charles « Buddy » Rodgers. Mais elle n'est vraiment pas à la retraite. Elle s'occupe de causes sociales, notamment de l'effort de guerre, publie trois livres, produit des films et poursuit sa carrière de vice-présidente de la United Artists. Elle fonde également la Mary Pickford Cosmetic Company. En 1956, elle vend ses parts de la United Artists et décide de rester dans l'ombre. En 1975, elle donne à la American Film Association 50 des films qu'elle a tournés à Biograph. En 1976, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui décerne un prix pour souligner ses réalisations dans l'industrie.

En 1979, Mary Pickford meurt à l'âge de 86 ans dans son cher manoir de Pickfair. On n'oubliera jamais sa contribution devant la caméra, en tant qu'actrice, et en coulisses, à titre de productrice et de fondatrice de la United Artists. On n'est pas près d'oublier non plus les femmes indépendantes et combattives qu'elle a incarnées à l'écran.

Ressources

Douglas, Ann. Canuck Chicks and Maple Leaf Mamas: Women of the Great White North, a Celebration of Canadian Women. Toronto : McArthur & Company, 2002.

Eyman, Scott. Mary Pickford: From Here to Hollywood. Toronto : Harper Collins, 1990.

Foster, Charles. Stardust and Shadows: Canadians in Early Hollywood. Toronto : Dundurn Press, 2000, p. 267-292.

Herndon, Booton. Mary Pickford and Douglas Fairbanks. London : W.H. Allan, 1978.

Lucas, Ralph. « Mary Pickford. » Northern Stars : Canadians in the Movies. www.northernstars.ca/actorspqr/pickford_mary.html (consulté le 14 octobre 2008).

« Mary Pickford Biography. » Mary Pickford Institute for Film Education. www.marypickford.com (consulté le 8 juillet 2004).

Mary Pickford, Filmography's. www.geocities.com/marypickford2000/page5.html (consulté le 8 juillet 2004).

Whitfield, Eileen. Pickford: The Woman Who Made Hollywood. Toronto : MacFarlane Walter & Ross, 1997.

Windeler, Robert. Sweetheart: The Story of Mary Pickford. New York : W.H. Allan, 1973.

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Droits d'auteur/Sources