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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Cinéma

Patricia Rozema

Photo de Patricia Rozema

(1958- )
Réalisatrice, écrivaine et productrice

Patricia Rozema
Source


« Je déteste représenter n'importe quoi. Car, à moins de pouvoir représenter tout ce que je suis, je ne veux pas représenter une seule chose. » [Traduction] (Redding, p. 208)

Patricia Rozema est née en 1958 à Kingston, en Ontario, fille de Jan et de Jacoba Rozema, des immigrants hollandais venus vivre au Canada après la Deuxième Guerre mondiale. Peu après la naissance de Patricia, la famille Rozema est déménagée à Sarnia, en Ontario. Ses parents, calvinistes très pratiquants, ont mis beaucoup de soin à protéger leur fille de certaines influences extérieures telles que le cinéma et la télévision. Patricia a bien vu le film Blanche neige quand elle était petite, mais elle n'a pas eu la chance de voir d'autres productions avant l'âge de 16 ans, où elle a été impressionnée par le film d'horreur devenu un classique, L'exorciste.

Dans sa jeunesse, Patricia était entourée de modèles féminins dynamiques qui l'on aidée à teinter d'une touche féministe la carrière qu'elle allait finalement choisir. Elle a déclaré : « J'ai grandi dans un foyer assez féministe. Mon père a toujours aimé les femmes très fortes, et ma mère en était une. Toute la famille respectait ce genre de femmes nobles qui parlent haut et fort, et leur opinion comptait vraiment beaucoup. » [Traduction] (Cole et Dale, p. 178)

Patricia a quitté la maison pour aller étudier au Calvin College, à Grand Rapids, dans le Michigan. Elle a obtenu un baccalauréat en philosophie et en anglais, assorti d'une mineure en journalisme, et elle a commencé à travailler dans le domaine de la télévision en 1981.

Après ses études, elle a fait un stage à la station WMAQ à Chicago et à la station WNBC à New York. De retour au Canada, elle est devenue, pour une période de deux ans, productrice adjointe de l'émission The Journal à la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) [réseau anglais de la Société Radio-Canada]. Après avoir été mise à pied à la suite de compressions, Patricia a décidé que, grâce à son expérience en télévision, elle avait acquis suffisamment de connaissances pour poursuivre son travail dans le domaine du cinéma. Elle a commencé à travailler à la pige en tant qu'assistante-réalisatrice de nombreuses productions et à écrire autant de scénarios que possible tout en suivant des cours en cinématographie.

Au début, Patricia n'a obtenu qu'un succès modeste : « Ça m'a énormément inquiétée d'être congédiée parce que j'avais toujours bien réussi. Ça m'a vraiment coupé l'herbe sous le pied. J'étais littéralement sous le choc. Alors j'ai décidé de demander de l'assurance-emploi et de faire un film. » [Traduction] (Cole et Dale, p. 177)

L'un des nombreux scénarios de Patricia lui a permis d'obtenir une subvention et elle a commencé la production de son premier court métrage, Passion : A Letter in 16 mm (in 1985). Cette œuvre, qu'elle a écrite, produite et réalisée, lui a valu un prix au Festival international du film de Chicago. Grâce à ce court métrage, elle a pu produire peu après son premier long métrage.

Un début étonnant pour Le chant des sirènes (1987) qui a remporté le Prix de la Jeunesse à Cannes en 1987. Selon un sondage commandité par le Festival du film de Toronto en 1993, ce film est l'une des dix meilleures œuvres cinématographiques canadiennes de tous les temps. Produit à l'aide d'un budget de 350 000 $, il s'est avéré être une réussite commerciale, ce qui est remarquable pour un petit film indépendant. Elle a écrit, réalisé, monté et coproduit cette comédie dramatique qui raconte l'histoire d'une future photographe d'une extraordinaire naïveté et de sa relation avec son employeur.

Son coproducteur, Alex Raffé, a décrit de la façon suivante la réaction du public à Cannes : « À Cannes, très rapidement, nous avons su que les gens aimaient le film. Alors, nous nous sommes dit "Bon, leur dérision ne nous forcera pas à sortir d'ici dans dix minutes". Et l'ovation a duré dix minutes; les gens étaient debout, ils poussaient des exclamations et criaient à tue-tête... » [Traduction] (Posner, p. 1)

Après ce succès surprenant, Patricia a senti qu'elle pouvait « écrire "cinéaste" dans [son] passeport, sans paraître arrogante, et c'était correct. » (Cole et Dale, p. 177)

Son film suivant, Le secret de la chambre claire (1990), a suscité des appréciations mitigées. Produit à l'aide d'un budget trois fois plus important que celui de son film précédent, cette production n'a pas été aussi bien accueillie par le public canadien. Raconté du point de vue d'un jeune homme, ce sombre récit a remporté quatre prix internationaux et obtenu trois nominations pour les prix Genie.

Patricia a ensuite produit un court métrage, Desperanto, dans le cadre d'un projet collectif intitulé Montréal vu par..., qui soulignait le 350e anniversaire de Montréal, en 1992. Parmi les autres réalisateurs ayant pris part à ce projet, mentionnons Denys Arcand, Léa Pool et Atom Egoyan.

Elle a connu à nouveau le succès en 1995 avec Quand tombe la nuit. Ce long métrage raconte l'histoire d'amour entre deux femmes, l'une enseignante chrétienne au collège et l'autre artiste de cirque. Une fois de plus, grâce au scénario et à la réalisation de Patricia, le film a remporté de nombreux prix internationaux, dont le prix du public au Festival du film de Berlin, en 1995.

En 1998, son projet intitulé Six Gestures : Suite No. 6 for Unaccompanied Cello, qu'elle a écrit et réalisé, a remporté un prix Emmy dans la catégorie des émissions de musique et de danse classiques. Cette production faisait partie de la série Yo-Yo Ma Inspired by Bach présentée sur les ondes de PBS.

Patricia a écrit et réalisé une adaptation/nouvelle interprétation très bien accueillie du roman classique de Jane Austen, Lettres de Mansfield Park, en 1999. Le scénario était fondé sur des lettres de l'auteure, ses premiers journaux et son œuvre. Sur la version DVD, elle explique, en tant que réalisatrice, ce qui l'a incitée à tourner ce film : « Mon objectif, ma stratégie avait été d'émailler tout au long de cette œuvre de fiction des renseignements personnels qui en diraient davantage sur la vie de Jane Austen. » [Traduction]

En 2000, elle a terminé le tournage de Oh les beaux jours, dans le cadre du projet collectif Beckett on Film : 19 Films x 19 Directors, qui visait à mettre sur pellicule toutes les pièces de Samuel Beckett. Oh les beaux jours raconte l'histoire d'une femme enterrée dans le sable jusqu'au cou.

Dernièrement, Patricia Rozema a pris le titre de chef de production, pour l'adaptation du classique pour enfants A Wrinkle in Time (2003), de Madeleine L'Engle.

Pendant toute sa carrière, le même fil conducteur a relié toutes ses œuvres : « Mes films reposent sur le féminisme. Mes personnages et tout ce qui leur arrive laissent supposer que les femmes ont clairement le droit de faire tout ce qu'elles veulent faire... » [Traduction] (Cole et Dale, p. 183)

Patricia a récemment ralenti le rythme de ses activités professionnelles afin d'élever sa fille. Nous attendons avec impatience les prochains films aux récits puissants de cette canadienne reconnue dans le monde entier.

Ressources

Cole, Janis et Holly Dale. « Patricia Rozema. » Dans Calling the Shots: Profiles of Women Filmmakers. Kingston, Ontario : Quarry Press, ©1993, p. 175-185.

Monk, Katherine. « Profile Patricia Rozema. » Dans Weird Sex & Snowshoes: And Other Canadian Film Phenomena. Vancouver : Raincoast Books, p. 149-151.

Patricia Rozema. www.patriciarozema.com (consulté le 29 janvier 2004).

Posner, Michael. « The Little Movie that Did: I've Heard the Mermaids Singing. » Dans Canadian Dreams: The Making and Marketing of Independent Films. Vancouver : Donglas & McIntyre, ©1993, p. 1-21.

Redding, Judith M. Film Fatales: Independent Women Directors. Seattle : Seal Press, ©1997.

Rozema, Patricia. « Pourquoi filmez-vous? » Cinema Canada. No 156 (octobre 1988), p. 6-7. Article rédigé en anglais.

Smoluch, Agata. « (Con)texts of Hybrid Authorship: Canadian Cinema, Feminism, Sexual Difference and the Dialogic Films of Patricia Rozema. » (Thèses canadiennes). Thèse de maîtrise, Université York, 1999. Ottawa : Bibliothèque nationale du Canada, [2000]. 1 microfiche.

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