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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Cinéma

Nell Shipman

Photo de Nell Shipman

(1892-1970)
Réalisatrice, scénariste, productrice, actrice

Nell Shipman
Source


Nell Shipman est connue des cinéphiles comme « la fille du pays de Dieu » ou encore « la reine du traîneau à chiens » [traductions libres de « Girl from God's Country » et de « Queen of the Dogsleds ». Elle a su marquer l'histoire du cinéma canadien et américain et apparaît comme une des premières, sinon la première, réalisatrices canadiennes.

Réalisatrice, scénariste, productrice et actrice, Nell Shipman connaît une carrière florissante dans les années 1910 et au début des années 1920, à une époque où de plus en plus de femmes passent derrière la caméra. Cette pionnière du cinéma indépendant se distingue en produisant et en réalisant des films tournés à l'extérieur et se fait connaître en mettant en scène des animaux sauvages comme covedettes de presque tous ses films.

Nell Shipman, née Helen Foster Barham, voit le jour le 25 octobre 1892 à Victoria, en Colombie-Britannique. Ses parents, nés en Angleterre, s'installent au Canada avec leur fils Maurice à la fin des années 1880. Nell est encore jeune lorsque la famille quitte le Canada pour s'installer à Seattle, dans l'État de Washington, aux États-Unis.

À l'âge de 13 ans, après avoir étudié la musique et pris des cours d'art dramatique, Nell réussit, avec l'aide de son professeur d'art, à convaincre ses parents de la laisser se joindre à la compagnie théâtrale de Paul Gilmore, alors en tournée dans la région. Elle prend donc la route avec la troupe et parcourra les États-Unis, d'Hollywood à l'Alaska, en passant par New York et Chicago, pour jouer du vaudeville. À l'âge de 18 ans, elle est entrée à la compagnie de théatre de répertoire de George Baker où on lui a confié un rôle dans la pièce The Barrier. C'est alors qu'elle fait la rencontre du producteur et gérant Ernest Shipman, originaire d'Ottawa, dont elle deviendra la quatrième épouse. Le couple s'installe en Californie. C'est au cours des années qui suivent qu'elle quitte définitivement les planches pour se consacrer entièrement au cinéma.

Après avoir joué dans plusieurs courts métrages produits par Vitagraph, Selig et Universal, elle se retire temporairement de l'écran en 1912 pendant sa première grossesse et se lance dans l'écriture. Les trois années suivantes seront entièrement consacrées au cinéma. Elle écrit alors des scénarios qu'elle vend à Vitagraph, Selig et Universal. Son premier film, intitulé The Ball of Yarn et dans lequel elle tient le rôle principal, ne sera jamais présenté sur les écrans.

En 1915, elle reprend le scénario de « Under the Crescent » qu'elle avait vendu à Universal et le publie sous forme de roman. L'écriture occupera d'ailleurs une place importante dans sa vie : elle écrit plusieurs scénarios de films, mais aussi des articles de revues, des romans, des nouvelles ainsi que sa biographie.

C'est en 1916 que sa carrière de cinéaste démarre réellement avec la sortie du film God's Country and the Woman. Pour écrire le scénario de ce film, Nell Shipman s'inspire de l'histoire de James Oliver Curwood intitulée Wapi the Walrus à laquelle elle apporte quelques modifications, notamment en donnant un rôle beaucoup plus important au personnage féminin. C'est ce film qui la fera connaître du grand public et qui lui vaudra son surnom de « la fille du pays de Dieu ». Elle devient alors l'une des premières cinéastes à réaliser un film tourné presque entièrement à l'extérieur. Ce film met en scène un type d'héroïne que l'on retrouvera tout au long de sa carrière : une femme forte, courageuse, autonome, qui affronte différentes aventures dans une nature sauvage (bien souvent le Grand Nord canadien) et qui confronte des traîtres pour secourir son partenaire masculin. Elle tient le rôle d'une héroïne d'une beauté non conventionnelle qui incarne à plusieurs niveaux des attributs normalement réservés aux héros masculins.

Son film Back to God's Country, sorti en 1919, sera le plus grand succès commercial et critique du cinéma muet canadien. Elle devient alors une véritable star et décide de créer sa propre maison de production; celle-ci fera faillite en 1925.

Nell Shipman a toujours refusé catégoriquement toute alliance avec les grands studios qui pourrait avoir des répercussions sur le contenu de ses films ou ses méthodes de réalisation. C'est ainsi qu'elle refuse en 1917 un alléchant contrat de sept ans avec Samuel Goldwyn qui aurait pu lui assurer succès et richesse. Elle prône plutôt le cinéma indépendant à une époque où les grands studios hollywoodiens émergent et commencent à s'approprier le marché cinématographique américain. Elle s'investit alors dans toutes les facettes de la conception d'un film, de l'écriture du scénario, à la réalisation, à la production et jusqu'à la distribution. L'ouverture des grands studios de cinéma dans les années 1920, a porté un dur coup au cinéma indépendant, qui a été rapidement mis à l'écart. Cette transition a été difficile pour Nell Shipman, comme pour beaucoup d'autres vedettes de cinéma de cette époque. Plus elle s'éloignera d'Hollywood, plus elle connaîtra des difficultés de financement et de distribution pour ses films.

Elle s'est consacrée par la suite presque exclusivement à l'écriture et n'a eu du succès que temporairement en 1934 avec le film Wings in the Dark. Adaptation d'une de ses histoires, ce film met en vedette Cary Grant et Myrna Loy et est produit par Paramount Pictures.

On attribue néanmoins à Nell Shipman entre 20 et 30 films, dont malheureusement seulement quelques-uns sont aujourd'hui accessibles.

Nell Shipman s'est également fait connaître pour son amour des animaux. Elle possédait d'ailleurs un zoo personnel où vivaient près d'une centaine d'animaux, dont plusieurs animaux sauvages. Faisant encore une fois office de pionnière, Nell Shipman militera pour la défense et le bon traitement des animaux sur les scènes de tournage.

Nell Shipman a été plus qu'une simple cinéaste; ses techniques sans précédent d'exploitation de la caméra sont tout à fait originales pour l'époque, notamment lors des tournages extérieurs. Certaines scènes avec des animaux sauvages tournées dans un climat extrême en pleine nature ont nécessité des prouesses techniques de filmage et de positionnement de la caméra et ont constitué de vrais défis pour ses directeurs de la photographie.

Comme son public de l'époque, on retiendra de Nell Shipman surtout son cinéma novateur, ses scènes inusitées et ses idées d'avant-garde. Elle aura véritablement été une femme en avance sur son temps. Réalisatrice, scénariste, productrice et actrice, elle a aussi été mariée à plusieurs reprises et a donné naissance à trois enfants. Le 23 janvier 1970, peu de temps après avoir terminé son autobiographie intitulée My Silent Screen and My Talking Heart, Nell Shipman s'éteint à Cabazon, une petite ville située près de Palm Springs dans le désert californien.

Ressources

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Armatage, Kay. The Girl from God's Country: Nell Shipman and the Silent Cinema. Toronto : University of Toronto Press, 2003.

Armatage, Kay. « Known Nell Shipman Filmography. » Dans The Girl from God's Country: Nell Shipman and the Silent Cinema. Toronto : University of Toronto Press, 2003, p. 355-357.

Armatage, Kay. « Nell Shipman: A Case of Heroic Femininity. » Dans Gendering the Nation: Canadian Women's Cinema. Toronto : University of Toronto Press, ©1999.

Bachman, Gregg. American Silent Film: Discovering Marginalized Voices. Carbondale, Illinois : Southern Illinois University Press, ©2002.

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Lamartine, Thérèse. Elles, cinéastes ad lib, 1895-1981. Montréal : Éditions du Remue-ménage, [1985?].

Morris, Peter. « The Taming of the Few: Nell Shipman in the Context of Her Times. » Dans The Silent Screen and My Talking Heart: An Autobiography. 3e éd. Boise, Idaho : Boise State University Press, 2001, p. 219-228.

Nell Shipman Web Site. University of Toronto. www.utoronto.ca/shipman/ (consulté le 18 juin 2004). (Disponible en anglais seulement)

Shipman, Nell. The Silent Screen and My Talking Heart: An Autobiography. 3e éd. Boise, Idaho : Boise State University Press, 2001.

Trusky, Tom. « Nell Shipman. » Hemingway Western Studies Center, Idaho : Boise State University. http://english.boisestate.edu/ttrusky/nell.html (consulté le 18 juin 2004).

Turner, D.J. « Qui était Nell Shipman et pourquoi parle-t-on d'elle? » L'Archiviste. No 110, 1995, p. 31-34.

Virta, Alan. « Nell Shipman: A Biographical Sketch. » Albertsons Library, Idaho : Boise State University. http://library.boisestate.edu/Special/FindingAids/fa81bio.htm (consulté le 18 juin 2004).

Walker, Joseph B. et Juanita Walker. The Light on Her Face. Hollywood : ASC Press, ©1984.

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