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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Cinéma

Loretta Sarah Todd

Photo de Loretta Todd

Réalisatrice, productrice, recherchiste et scénariste

Loretta Todd
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Loretta Todd, née à Edmonton, est une réalisatrice de renommée internationale et auteure d'articles spécialisés. Elle a travaillé comme productrice et recherchiste à de nombreux projets de film et de vidéo, où elle s'est efforcée de toucher les gens au point de vue émotionnel, spirituel, physique, intellectuel et mental. L'amour qu'elle porte à son peuple et à la terre l'a poussée à faire des films où elle met tout en œuvre pour transmettre son sentiment à autrui. Elle croit que le rôle du conteur, cinéaste et vidéaste autochtone est toujours à définir.

À la suite d'une enfance où les récits et l'art foisonnent, et d'une prise de conscience à l'effet que les cinéastes utilisent des outils de conteurs, Loretta Todd comprend les liens étroits entre les images, les émotions et l'art. Elle s'inscrit à l'école de cinéma de l'Université Simon Fraser, à la fin des années 1980, au moment où elle travaille à temps plein comme employée du gouvernement fédéral. À l'université, elle utilise son don pour l'écriture et expérimente la vidéo. Elle apprend les rudiments du métier de cinéaste et réalise des vidéos pour divers organismes autochtones. Ces vidéos comportent des séquences impressionnantes, des reconstitutions dramatiques et des entrevues qui, à l'époque, représentent une technique assez révolutionnaire. En tant que seule étudiante autochtone (Loretta Todd est d'origine métisse et crie), elle se sert de la caméra pour remettre en question les normes de la cinématographie ethnographique et montrer les inégalités sociales.

Les premières œuvres de Loretta Todd sont un mélange de fiction et de documentaire :

  • Halfway House (1986) traitait d'un centre pour les détenus autochtones qui sortent de prison.
  • Breaking Camp (1989) utilisait trois moniteurs pour montrer une scène du film Cheyenne Autumn (1964), de John Ford.
  • Robes of Power (1989) était le complément d'une exposition de couvertures à boutons de cérémonie dans la société de la côte du Nord-Ouest.
  • Blue Neon (1989) a débuté comme une expérience abstraite sur l'alcoolisme.
  • The Storyteller in the City (1989) était une installation qui traitait de récits racontés à de jeunes Autochtones vivant en milieu urbain.
  • Une installation établie au musée d'anthropologie de l'UBC Université de la Colombie-Britannique tentait de ramener à la vie le musée et ses objets autochtones sacrés et de chasser l'impression de mort qui s'en dégageait.
  • My Dad's DTs, film narratif inachevé, était une dramatique expérimentale en 16 mm. sur des adultes dont les parents sont alcooliques.

Dans les années 1990, Loretta Todd délaisse la production de vidéos et d'installations expérimentales pour produire des documentaires et des longs métrages, ainsi que pour écrire. Dans ses techniques d'installation, elle commence à étudier quelques questions politiques controversées.

Le scénario de Day Glo Wrestler (1990), produit par Omni Films pour la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) [réseau anglais de la Société Radio-Canada], a plus tard été joué comme un téléthéâtre dans le cadre de la série Inside Stories, de la même chaîne. Loretta Todd a également écrit pour Forefront Production le scénario du film The Healing Circle (1991).

Au nombre des vidéos produites par la réalisatrice au début des années 1990, mentionnons : Chronicles of Pride (1990), sur des modèles d'identification dans la collectivité autochtone; Eagle Run (1990), qui traite des athlètes autochtones; Taking Care of Our Own (1991), sur l'adoption d'enfants autochtones par des familles autochtones.

The Learning Path (1991), documentaire sur les pensionnats autochtones, allie séquences historiques et contemporaines et scènes reconstituées. Le film a été commandé dans le cadre de la série As Long as the Rivers Flow, produite par l'Office national du film du Canada (ONF) et Tamarack Productions. Il s'agit de la première production majeure de Loretta Todd à titre de réalisatrice, scénariste et narratrice; elle lui a valu un Silver Hugo au Chicago International Film Festival, le prix New Visionary au Two Rivers Film Festival et un prix Blue Ribbon au American Film and Video Festival.

Sa deuxième production pour l'ONF, Hands of History (1994), est un documentaire dans lequel, à titre de scénariste et de réalisatrice, elle tente de créer le protocole du cercle autochtone. Comme dans ses autres films, le documentaire commence par un chant d'honneur. Il rend hommage à quatre importantes artistes autochtones féminines et traite de la nature et du rôle de la création et de l'artiste dans les communautés autochtones. La plupart des communautés n'ont pas de mots pour désigner l'« art » et l'« artiste », mais il y en a un pour ceux qui racontent des récits, qui fabriquent des objets et qui aident autrui concernant ses rêves.

Par la suite, Loretta Todd continue de réaliser des vidéos à l'intention de groupes de défense autochtones; elle traite, dans No More Secrets, (1996), de problèmes tel l'abus de solvants, et dans Voice-Life, (1995), elle attire l'attention sur les personnes infectées par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et sur les sidéens.

La scénariste et réalisatrice Loretta Todd a été mise en nomination pour un prix Génie (catégorie du meilleur court métrage documentaire) pour Forgotten Warriors (1996), sa troisième production pour l'ONF. Elle y aborde la question des anciens combattants autochtones qui se sont enrôlés et se sont battus lors des deux guerres mondiales, mais dont la contribution n'a jamais été officiellement reconnue. Bon nombre d'anciens combattants autochtones n'ont jamais profité des mêmes avantages que les autres anciens combattants et certains d'entre eux ont même perdu leur statut.

Loretta Todd a écrit, a mis en scène et a produit Today Is a Good Day (1998), vidéo documentaire qui comprend des séquences d'archives et des entrevues. L'œuvre a été projetée à un certain nombre de festivals, notamment au Taos Talking Picture Festival, au Sundance Film Festival et au Vancouver Film Festival. Au Taos Festival, la réalisatrice a remporté le prix Taos Mountain pour l'ensemble de ses réalisations.

Son influence n'est pas limitée à ses films. En 1993, elle produit pour la CBC la série The Four Directions et aide à établir l'Aboriginal Film and Video Arts Alliance, un organisme qui encourage les cinéastes autochtones. Son travail de cinéaste et de mentor amène la région de Vancouver à devenir un centre pour la réalisation de films et de vidéos autochtones.

En 1996, elle est nommée boursière Rockefeller par le Center for Media, Culture and History, à la New York University. Lorsqu'elle se trouve à New York, Loretta Todd écrit des scénarios, donne des cours dans divers établissements d'enseignement, et étudie la manière dont les multimédias sont utilisés dans les expositions muséales où l'on représente la culture autochtone.

Elle était récemment à Paris afin d'élaborer davantage son long métrage WarSong, et elle s'est associée au producteur Jeff Bear en vue de réaliser un film inspiré du roman à succès Monkey Beach, de l'auteur primé Eden Robinson.

Les films de Loretta Todd ont été présentés dans le monde entier, y compris au Sundance Festival, au American Indian Festival, au Yamagata Documentary Festival et au Museum of Modern Art. En outre, la cinéaste a reçu de prestigieuses récompenses : une bourse de la Fondation Rockefeller, un prix Mountain au Taos Talking Picture Festival et une participation au laboratoire d'écriture de scénarios Sundance, en plus de prix et de mentions lors d'événements réputés comme le Hot Docs Festival et le Festival international du film de Toronto. Elle est également reconnue pour ses interventions perspicaces, orales et écrites, sur diverses questions touchant les médias et l'art autochtone.

Ressources

Deadman, Patricia et Shelley Niro. « Interviews with Loretta Todd. » The Canadian Journal of Native Studies. Vol. 18, no 2, p. 336-348.

Bjornson, Michelle. « Making Documentary Films: Panel Discussion with Nicole Giguère, Brenda Longfellow, Loretta Todd, and Aerlyn Weissman. » Dans Women Filmmakers: Refocusing. Publié sous la direction de Jacqueline Levitin, Judith Plessis et Valerie Raoul. Vancouver : UBC Press, 2002, p. 208-216.

Eisner, Ken. « Shadow and Light: First Nations Women Filmmakers. » Dans Women Filmmakers: Refocusing. Publié sous la direction de Jacqueline Levitin, Judith Plessis et Valerie Raoul. Vancouver : UBC Press, 2002, p. 394-397.

Hill, Richard William. « A Way of Imaging Film: In Conversation with Loretta Todd. » Fuse. Vol. 23, no 3 (février 2001), p. 14-20.

Kalafatic, Carol. « Keepers of the Power: Story as Covenant in the Films of Loretta Todd, Shelley Niro, and Christine Welsh. » Dans Gendering the Nation: Canadian Women's Cinema. Publié sous la direction de Kay Armatage et al. Toronto : University of Toronto Press, ©1999, p. 109-119.

Silverman, Jason. « Uncommon Visions: The Films of Loretta Todd. » Dans North of Everything: English-Canadian Cinema since 1980. Publié sous la direction de William Beard et Jerry White. Edmonton, Alberta : University of Alberta Press, ©2002, p. 376-389.

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