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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Cinéma

Lindalee Tracey

Photo de Lindalee Tracey

Cinéaste et scénariste
Née à Ottawa (Ontario) le 14 mai 1957
Décédée à Toronto (Ontario) le 19 octobre 2006

Lindalee Tracey
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Lindalee Tracey est née en 1957, à Ottawa. Sa mère est d'origine canadienne française et britannique et son père est irlandais canadien. Celui-ci quitte sa famille peu après la naissance de la petite fille et Lindalee et son frère sont élevés par leur mère. Une enfance éprouvée par une fièvre rhumatismale oblige Lindalee à garder le lit pendant un bon bout de temps et semble avoir aiguisé son sens de l'observation, une caractéristique importante pour une future cinéaste.

Après avoir quitté l'école, Lindalee Tracey commence à travailler, en 1973, comme strip-teaseuse d'âge mineur, tout d'abord dans sa ville natale et plus tard dans diverses boîtes de nuit montréalaises. Sous le nom de scène de Fonda Peters, elle fait des spectacles où elle plaisante souvent avec l'auditoire et présente un numéro amusant. Elle considère le milieu des années 1970, époque où elle fait la tournée des clubs dans l'Est de l'Amérique du Nord, comme « la dernière belle période pour être strip-teaseuse ». Elle organise le spectacle « Tits for Tots » dans les clubs de striptease de Montréal en tant que collectrice de fonds pour l'hôpital pédiatrique local. La publicité obtenue par l'événement lui permet de travailler comme commentatrice et journaliste dans les médias. À la même époque, elle écrit des œuvres littéraires, notamment de la poésie.

Vers la fin de sa carrière de strip-teaseuse, elle fait partie des travailleuses filmées et interviewées pour le documentaire de l'Office national du film (ONF) réalisé par Bonnie Sherr Klein, C'est surtout pas de l'amour : un film sur la pornographie. Ses commentaires clairs et sa forte personnalité sont assez évidents dans ce film. Même si Lindalee Tracey est déçue par le portrait que la cinéaste fait d'elle et d'autres travailleuses du sexe, elle aide à promouvoir la production, car elle pense que cela lui donnera l'occasion de faire part de ses objections.

Elle diversifie très rapidement ses activités et travaille tout d'abord à des émissions radiophoniques à Montréal, puis à diverses productions radiophoniques et télévisées à l'échelle du pays et également à des publications, notamment à l'écriture de scénarios pour l'ONF. Quel que soit le médium dans lequel elle travaille, elle aime faire des recherches préalables sur son sujet. Ses articles ont paru dans diverses publications telles que Canadian Living et Toronto Life. Elle a également travaillé au Toronto Life à titre de rédactrice en chef et son article sur les immigrants illégaux lui a valu, en 1991, le prix du meilleur reportage d'enquête canadien de l'Association canadienne des journalistes.

Les œuvres de Lindalee Tracey, qu'elles soient écrites ou filmées, ont un thème en commun. Elles représentent la vie des marginaux, de gens que les circonstances de la vie ont souvent privés de leurs droits : les pauvres, les travailleurs migrants et les employés de nuit. Lindalee Tracey explore ce qu'elle qualifie de « géographie sociale ». La compassion qu'elle montre dans le traitement de ses sujets lui permet d'avoir accès à des personnes qui très souvent doivent se méfier d'autrui. Son premier ouvrage, On the Edge : A Journey into the Heart of Canada (1993), a été mis en nomination pour le prix Gordon Montador décerné à une œuvre documentaire. Lindalee Tracey a voyagé pendant sept mois partout au Canada pour interviewer des pauvres; elle leur a donné la parole et a montré aux lecteurs que la pauvreté n'est pas un crime.

En 1989, Lindalee Tracey épouse un collègue cinéaste, Peter Raymont, et ils créent, en compagnie de Maria Pimental, White Pine Pictures, une entreprise indépendante de production de films et d'émissions de télévision. Spécialiste des documentaires et des dramatiques documentaires, l'entreprise est axée sur des sujets telle l'immigration, comme dans le cas de la série Mémoires d'un pays et du film Invisible Nation, ainsi que sur les mouvements politiques et le journalisme, comme c'est le cas dans The World Stopped Watching (2003).

Lindalee Tracey ne craint pas d'explorer des questions personnelles dans ses films. Elle ne crée pas de documentaires froids et impartiaux. Les questions que son jeune fils lui pose au sujet de son grand-père [le père de Lindalee] l'amènent à réaliser le virulent Abby, I Hardly Knew Ya (1995), un film où elle tente de mieux connaître la vie de celui qui a abandonné sa jeune famille et qui est devenu vagabond. Même si Lindalee Tracey fait preuve de compréhension à l'égard des sans-abri, sa fureur contre son père apparaît évidente au spectateur. La production est mise en nomination pour un prix Gémeaux, pour un prix Génie, dans la catégorie meilleur court métrage documentaire, et remporte la plaque de bronze du Columbus International Film and Video Festival.

En 1997, Lindalee Tracey réalise et écrit le film Invisible Nation, qui se penche sur le travail des agents canadiens de l'immigration et sur les gens qu'ils surveillent. L'œuvre est mise en nomination pour un prix Génie dans la catégorie meilleure réalisation. En outre, Lindalee Tracey est coproductrice et chef scénariste de la série en 52 épisodes, Mémoires d'un pays, filmée de 1997 à 1999, dans laquelle l'immigration est étudiée d'un point de vue historique. Elle est également l'auteure de l'ouvrage éponyme, basé sur la série et publié en 1999. Elle a aussi participé à titre de scénariste ou de narratrice à bon nombre de films individuels dans le cadre de la série Mémoires d'un pays. Elle a même été figurante en costume d'époque dans la série An English Sense of Justice (1999).

En 2003, Mme Tracey fonde Magnolia Movies, une entreprise de production affiliée à White Pine Pictures et axée sur des sujets un peu plus légers que ceux abordés par White Pine. Chose certaine, les films de Lindalee Tracey, qu'ils abordent des thèmes sérieux ou fantaisistes, font l'objet de recherches approfondies et laissent place aux sentiments.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les productions cinématographiques de Mme Tracey, veuillez consulter les deux sites Web suivants :
www.whitepinepictures.com/seeds/bio-lindalee.html (en anglais)
www.magnoliamovies.com/main.htm (en anglais)

Ressources

Canadian Who's Who. Vol. XXXVIII (2003). Publié sous la direction d'Elizabeth Lumley. Toronto : University of Toronto Press, 2003, p. 1357.

Dunn, Lisa et Stephanie Caley. « Story of Illegal Immigrants Will Haunt Author for Years. » The Eye Opener / L'enquêteur. (1992), p. 6.

Feindel, Jane. « Naked Came the Feminist. » Globe and Mail. (15 novembre 1997), p. D18 et D12.

Jackson, Marni. « The Sound of Many Knees Jerking. » Maclean's. Vol. 94, no 39 (1981), p. 62-63.

Klein, Bonnie Sherr. « No Love Story. » Globe and Mail. (22 novembre 1997), p. D18.

Martin, Sandra. « Lindalee Tracey, Filmmaker and Writer 1957-2006. » Globe and Mail. (20 octobre 2006), p. R3.

Tracey, Lindalee. Growing Up Naked: My Years in Bump-and-Grind. Vancouver : Douglas & McIntyre, 1997.

Tracey, Lindalee. On the Edge: A Journey into the Heart of Canada. Vancouver : Douglas & McIntyre, 1993.

Tracey, Lindalee. A Scattering of Seeds: The Creation of Canada. Toronto : McArthur, 1999.

Tracey, Lindalee. « The Uncounted Canadians. » Toronto Life. Vol. 25, no 18 (1991), p. 35-39, 138-149.

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