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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Militantisme

Marie Thérèse (Forget) Casgrain

Photo de Marie Thérèse (Forget) Casgrain

C.C., O.B.E., LL.D.

Première femme chef de parti politique au Québec

Née à Montréal le 10 juillet 1896.
Décédée à Montréal le 3 novembre 1981.

Source


Appartenance politique : Parti libéral; Fédération du commonwealth coopératif (CCF); Nouveau parti démocratique (NPD).

Carrière parlementaire : Nommée au Sénat le 8 octobre 1970 par le gouvernement libéral. Elle siège comme indépendante jusqu'au 10 juillet 1971, moment où, à l'âge de soixante-quinze ans, elle doit prendre sa retraite.

Honneurs et distinctions : Ordre de l'Empire britannique (O.B.E.), Officier de l'Ordre du Canada (O.C.), 1967. Compagnon de l'Ordre du Canada (C.C.), 1974.


Les parents de Thérèse Casgrain sont lady Blanche MacDonald et sir Rodolphe Forget, célèbre avocat, financier, homme politique conservateur et philanthrope. Le 19 janvier 1916, Thérèse Casgrain marie l'avocat Pierre Casgrain, qui devient plus tard, en tant que député fédéral libéral, président de la Chambre des communes et secrétaire d'État sous le gouvernement du premier ministre Mackenzie King. De leur union naissent deux filles et deux garçons.

Mme Casgrain participe à des activités politiques, sociales et syndicales tout au long sa vie. Après la Première Guerre mondiale, elle siège au Conseil fédéral du salaire minimum. Dans les années 20, elle fait campagne en faveur de nombreuses réformes nécessaires, dont la plus célèbre est celle de l'obtention du droit de vote pour les femmes au Québec. De 1928 à 1942, elle est présidente de la Ligue pour les droits de la femme. Son esprit d'initiative la mène à fonder la Ligue des jeunes francophones, les Charités fédérées francophones et la Société des concerts symphoniques de Montréal. Elle fait également partie du Conseil de la santé au Canada et du Conseil canadien du développement social. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle aide à mettre sur pied la Commission des prix et du commerce en temps de guerre et contribue également à la fondation de la Division de la consommation de cette Commission. Elle est nommée Officier de l'Ordre de l'Empire britannique pour ses services en temps de guerre.

Au cours de l'élection partielle fédérale de 1942, Mme Casgrain se présente comme candidate libérale indépendante dans le comté de Charlevoix-Saguenay, le même siège occupé jadis par son père, et, plus tard, par son mari jusqu'à la nomination de ce dernier à titre de juge à la Cour supérieure du Québec. De 1942 à 1962, elle est défaite à neuf reprises aux élections fédérales et provinciales.

En 1946, Mme Casgrain joint les rangs du parti CCF parce qu'«elle constate depuis longtemps que le Canada a grandement besoin d'un parti politique axé sur l'intérêt commun plutôt que sur la promotion des intérêts individuels.» En 1948, elle est choisie au nombre des vice-présidents nationaux du CCF. En 1951, lorsqu'elle est élue chef de ce parti au Québec, elle devient la première femme à assumer la direction d'un parti politique au Quebec. Elle exerce les fonctions de chef provincial trois fois jusqu'en 1957. En 1955, le nom du parti provincial est devenu Parti social démocratique du Québec, une appellation qui reflète davantage ses objectifs et qui contourne la difficulté d'avoir à traduire le sigle CCF. Elle devient plus tard présidente du NPD au Québec, un parti politique bénéficiant surtout des appuis provenant du monde du travail et qui a été formé à partir du CCF.

En 1961, Mme Casgrain fonde la division québécoise de La Voix des femmes, un mouvement dédié à la paix dans le monde. À titre de présidente nationale de la division, elle est déléguée par celui-ci à de nombreuses conférences internationales. En 1967, l'année choisie par les Nations Unies pour célébrer les droits de la personne, elle fonde la Fédération des femmes du Québec afin de coordonner avec efficacité les efforts des divers organismes de la province constitués de femmes. De même, elle occupe la présidence de la Ligue des droits de l'homme, du Comité du secours médical du Québec au Viêt-Nam et de la section francophone de l'Association d'éducation des adultes du Canada. Elle est également vice-présidente du Comité consultatif de l'administration de la justice au Québec. En 1969, elle devient présidente de l'Association des consommateurs du Canada pour le Québec. Les pressions exercées par cet organisme ont finalement donné lieu à la création du poste de Ministre canadien de la Consommation.

En 1967, le Conseil national des femmes juives du Canada octroie à Thérèse Casgrain la médaille de «Femme du siècle» du Québec et la Société de criminologie du Canada lui remet la médaille de la «personne qui s'est le plus distinguée dans la défense des droits de la personne et des idéaux de justice dans notre société». La même année, elle est nommée Officier de l'Ordre du Canada et, en 1974, Compagnon de l'Ordre du Canada. En 1979, en reconnaissance de son leadership inlassable en faveur de l'obtention du droit de vote pour les femmes au Québec, elle obtient le Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne ». De 1968 à 1981, elle reçoit des doctorats honorifiques en droit (LL.D.) de douze universités canadiennes : l'Université de Montréal en 1968, McGill, Trent et Queens en 1974, Waterloo, Bishop's, Notre Dame (C.-B.), Mount Saint Vincent, York et Ottawa en 1979, Concordia en 1980 et Windsor en 1981.

Le 8 octobre 1970, le premier ministre Trudeau appelle Mme Casgrain à siéger au Sénat à titre d'indépendante. Elle n'exerce ses fonctions que pendant neuf mois, étant alors parvenu à l'âge de la retraite obligatoire pour un sénateur, soit 75 ans. Dès lors, elle se met au travail afin d'abolir la retraite obligatoire, peu importe le type d'occupation.

Jusqu'à sa mort à l'âge de 85 ans, elle continue à faire activement campagne pour des œuvres de charité canadiennes et pour les droits des consommateurs. En dépit du fait qu'elle était issue d'un milieu aisé, la Sénatrice Casgrain n'a jamais cessé de se battre contre l'indifférence de la société ultra conservatrice, non seulement dans le but de donner aux femmes le droit de vote, mais aussi pour faire adopter des réformes profitant à la fois aux hommes et aux femmes. Elle a été sans conteste une grande humaniste.

La Bourse Thérèse F.-Casgrain pour la recherche sur les femmes et le changement social au Canada est offerte dans le cadre d'un concours national administré par le Conseil de recherches en sciences humaines, au nom de la Fondation Thérèse F.-Casgrain. La Fondation a été mise sur pied en 1982 pour perpétuer le souvenir de la Sénatrice Casgrain et poursuivre son travail dans les domaines de la justice sociale et de l'avancement de la cause des femmes.

Ressources

Benson, Jo-Anne Mary. — « Her matters of fact: little-known outstanding women of history : Thérèse F. Casgrain (1896-1981). » — Woman : Canadian women's quarterly newsmagazine. — (Hiver 1999). — P. 29.

Bertrand, Réal. — Thérèse Casgrain. — Montréal : Lidec, c1981. — ISBN 2-7608-7001-4. — 63 p. — (Célébrités canadiennes).

Casgrain, Thérèse F. — « The Canadian constitutional challenge : a search for direction and accommodation. » — Canadian Confederation Forum (1977-1978, Hamilton). — Proceedings of the fifth session of the Canadian Confederation Forum, McMaster University, novembre 1977 à avril 1978. — Hamilton : McMaster University, 1978. — P. 77 à 84.

Casgrain, Thérèse F. — A woman in a man's world. — Ouvrage traduit par Joyce Marshall. — Toronto : McClelland and Stewart, c1972. — ISBN 0-7710-1915-7. — 192 p. — Également publié en français sous le titre : Une femme chez les hommes.

Davidson, True. — « The gentle heroine : Thérèse Casgrain. » — The golden strings. — Toronto : Griffin House, 1973. — ISBN 0-88760-067-0. — P. 35 à 47.

Lazarus, Morden. — « Marie Thérèse (Forget) Casgrain 1896-1981. » — Six women who dared. — Toronto : CPA Publishers, c1983. — P. 25 à 28, 38.

Let's face the facts, no. 22 : address to the men and women of Canada by Madame Pierre Casgrain. — Ottawa : Directeur de l'information publique du Canada, 1940. — 4 p. — Allocution transmise par le réseau national de la Canadian Broadcasting Corporation, le soir du dimanche 15 décembre 1940, à l'invitation du Directeur de l'information publique du Canada.

Munnings, Gladys. — « Thérèse Casgrain. » — Canadian women of distinction: Emily Ferguson Murphy, Agnes Campbell, Thérèse Casgrain, Molly (Mary) Brant, FrancesAnne [sic] Hopkins. — Newmarket, Ont. : Quaker Press, 1993. — ISBN 0-921502-33-8. — P. 17 à 24. — (Le point de vue d'un philatéliste sur le Canada).

The National Forum as broadcast December 11, 1938 over the national network of the CBC : position of women in Canada. speakers Irene Parlby, Madame Pierre Casgrain [et] B.K. Sandwell. — Toronto : Canadian Broadcasting Corporation, 1938. — [12 l.] — Reproduit d'une transcription. Diffusion du 11 décembre 1938 sur le réseau national de la CBC.

Thérèse Casgrain : une femme tenace et engagée. — Textes colligés par Anita Caron et Lorraine Archambault. — Sainte-Foy : Presses de l'Université du Québec, 1993. — ISBN 2-7605-0701-7. — 393 p. — (Les leaders politiques du Québec contemporain). — Textes présentés lors d'un colloque tenu à l'Université du Québec à Montréal, les 20, 21 et 22 mars 1992.

Trofimenkoff, Susan Mann. — « Thérèse Casgrain and the CCF in Quebec. » — Canadian historical review. — Vol. 66, no 2 (juin 1985). — P. 125 à 153. — Réimprimé dans Beyond the vote: Canadian women and politics. — Linda Kealey et Joan Sangster, prép.par. — Toronto : University of Toronto Press, 1989. — ISBN 0-8020-2677-X (relié) 0-8020-6650-X (pbk.) — P. 139 à 168.

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