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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Gladys Strum

Photo de Gladys Strum

B.A., B. Ed.

Première femme présidente d'un parti politique canadien
Première femme présidente de la Fédération du Commonwealth coopératif (CCF), en Saskatchewan
Première femme de élue la CCF à la Chambre des communes
Première femme élue à titre de représentante de l'Assemblée législative provinciale
Seule femme membre du 20e Parlement

Source

Née à Gladstone, au Manitoba, le 4 février 1906
Décédée à Penticton (Colombie-Britannique) le 15 aoùt 2005


Appartenance politique : Fédération du Commonwealth coopératif (CCF)

Carrière parlementaire :

  • Se présente au palier provincial (Assemblée législative de la Saskatchewan) en 1938, contre le premier ministre W.J. Patterson, dans la circonscription de Cannington, où elle est défaite.
  • Se présente une seconde fois au palier provincial en 1944 contre M. Patterson; défaite par un écart de six voix.
  • Peu de temps après l'élection de 1944, Mme Strum devient la première femme présidente du parti de la CCF (Saskatchewan) et la première femme présidente d'un parti politique au Canada.
  • Élue députée de la CCF pour Qu'Appelle, en Saskatchewan, à l'élection fédérale de 1945. Occupe ce poste jusqu'en 1949.
  • Défaite à l'élection fédérale de 1949 (Qu'Appelle, en Saskatchewan).
  • Défaite à l'élection de 1953 (Vancouver-Burrard, en Colombie-Britannique).
  • Élue pour représenter la Ville de Saskatoon dans une circonscription binominale en 1960. Exerce cette fonction jusqu'en 1964.

Affiliations : Conseil national de la CCF; Canadian Authors Association; N.P.D.; Église Unie; Business and Professional Women's Club; Women's Institute; Zonta International.


« Je soumets à la Chambre que personne ne s'est jamais opposé au travail des femmes, mais seulement au fait de les rémunérer pour leur travail. »
- Déclaration de Gladys Strum, députée, CCF, Qu'Appelle, à l'occasion d'un débat de la Chambre des communes en octobre 1945

Gladys Strum n'a jamais eu l'intention de mener une carrière politique. C'est un concours de circonstances difficiles, notamment la cruelle Crise de 1929, les années de sécheresse, la morosité des « années 1930 » et le combat de six ans de son mari contre la tuberculose qui incite Mme Strum à s'engager en politique. Mère et femme d'agriculteur, elle comprend les problèmes auxquels font face les femmes et les résidants des régions rurales en Saskatchewan, et concentre l'essentiel de ses efforts à faire adopter des lois visant à améliorer leur condition sociale. Mme Strum se bat sans répit pour des projets de logements publics, des programmes sociaux de soins de santé, des allocations familiales, la parité salariale pour les femmes, des régimes de retraite bonifiés et un meilleur accès à l'éducation dans les zones rurales.

Fille de Luther Powell Lamb et de Sara Jane Loggins, Gladys Strum descend d'ancêtres venus de l'Écosse et de l'Empire-Uni. Elle grandit dans un climat religieux et consacre l'essentiel de son temps libre à des activités affiliées à l'Église. Enfant, elle travaille à la ferme familiale avec ses quatre sœurs et ses deux frères, et très tôt, se distingue par ses résultats scolaires. Deux fois promue à une classe de niveau supérieur dans son école de campagne, elle est embauchée à 16 ans comme enseignante pour les huit niveaux d'études d'une école de rang constituée d'une seule pièce. Elle s'inscrit plus tard à l'École normale pour améliorer ses compétences pédagogiques. À titre d'étudiante adulte, elle obtiendra deux diplômes universitaires : un baccalauréat en éducation et un baccalauréat ès arts à l'Université de la Saskatchewan.

Tandis qu'elle enseigne à Windhorst, en Saskatchewan, Gladys rencontre son futur mari, Warner Strum, alors président du conseil scolaire. Le couple se marie le 16 novembre 1929 à Vanguard, en Saskatchewan. Ils ont une fille, Carol Elaine, et vivent durant presque soixante ans une union heureuse. Néanmoins, durant les premières années de leur mariage, Warner souffre de tuberculose et passe la majeure partie de son temps dans un sanatorium. À la fin des années 1930, les Strum décident de déménager en Nouvelle-Zélande pour profiter de son climat chaud et de son système de santé progressiste. Gladys se rend seule en Nouvelle-Zélande où elle passe trois mois à observer les actions du gouvernement socialiste. Même si Gladys décide finalement de revenir au Canada, elle affirme que son séjour en Nouvelle-Zélande lui a insufflé une « énergie nouvelle et un enthousiasme indestructible qui la guident dans son combat pour accéder à une nouvelle Saskatchewan ».

La croisade de vingt-six ans de Mme Strum en politique saskatchewanaise ne se fera pas sans résistance. Avant de devenir députée, Mme Strum est défaite aux élections de 1938 et 1944 dans Cannington, la circonscription provinciale où les Strum vivent et exploitent une ferme. Si le premier ministre William Patterson remporte la victoire les deux fois, Gladys Strum ne perd le second scrutin que par un écart de six voix. Malheureusement, il n'y a pas de second dépouillement. Malgré ces deux revers successifs, Gladys ne met pas un terme à sa carrière politique. Peu après ces événements, elle devient la première femme présidente du parti de la CCF et la première femme présidente d'un parti politique au Canada. Misant sur des discours enflammés et sur ses talents d'organisatrice, elle fait campagne, se préparant et préparant aussi son parti pour l'élection fédérale suivante.

En 1945, élue députée de Qu'Appelle, en Saskatchewan, elle défait le ministre de la Défense, le général A.G.L McNaughton. Le 20e Parlement comprend 244 hommes et une femme : Gladys Strum. Gladys devient la voix des femmes à travers le pays, ce qui lui vaudra plus tard de recevoir le surnom de « mère » dans les médias. M.J. Coldwell, chef de la CCF, soutient publiquement ses efforts au Parlement. Dans l'édition du 21 juin 1949 du Leader-Post, il déclare : « Mme Strum prend son travail au sérieux et présente les problèmes canadiens selon un point de vue humain partagé par les mères de toutes les régions. Son influence sur les membres du Parlement est bénéfique et utile. » Seule députée à suivre des cours, Mme Strum prend l'autobus tôt le matin pour se rendre à des cours de science politique, d'économie et de droit au Collège Carleton (aujourd'hui l'Université Carleton) et elle retourne à son bureau avant d'assumer ses fonctions aux réunions des comités. Tout au long de sa carrière, Gladys Strum fait preuve d'une remarquable éthique professionnelle; elle manifeste aussi une motivation toute particulière à jouer un rôle déterminant en tant que seule femme parlementaire.

Après quatre ans au Parlement, Mme Strum perd l'élection de 1949; elle reprend alors sa carrière d'enseignante dans la Saskatchewan rurale. En 1952, les Strum, encore une fois à la recherche d'un climat tempéré pour préserver la santé de Warner, s'installent en Colombie-Britannique; Gladys retourne aux études à Victoria où elle obtient un brevet d'enseignement de la Colombie-Britannique. En 1953, elle accepte de se porter candidate à l'élection fédérale dans la circonscription électorale de Vancouver-Burrard. Malgré ses nombreuses années d'expérience en politique saskatchewanaise, Gladys, à ses débuts à Vancouver, se fait battre sans difficulté par une opposition dominante.

Les Strum retournent dans leur ferme de Windhorst, en Saskatchewan, et Gladys revient à l'enseignement et travaille à Regina comme directrice adjointe. Elle étudie à Saskatoon, acquiert de nouvelles compétences et accepte une offre comme directrice dans une école de six classes à Uranium City, en Saskatchewan. À la fin de l'année scolaire, à 55 ans, elle entreprend un double programme d'études en éducation et en arts à l'Université de la Saskatchewan. Elle enseigne ensuite pendant un an à Fort McMurray, en Alberta, pour payer sa seconde année d'université. En 1960, toujours étudiante, elle est élue et nommée membre de l'Assemblée législative pour représenter Saskatoon. Elle partage les responsabilités de cette circonscription binominale avec Art Stone.

Gladys Strum revient sur la scène politique peu de temps avant que la Saskatchewan n'instaure son système universel de soins de santé, une première en Amérique du Nord. À titre de représentante de Saskatoon à l'Assemblée législative, Mme Strum considère le vote pour le projet de loi à l'origine du régime public d'assurance-maladie, adopté par la législature de Regina en 1962, comme un grand privilège et le sommet de sa carrière politique. Cependant, la majorité des médecins la désapprouvent et réagissent en faisant la grève. Durant la controverse, Gladys écrit des lettres ouvertes aux journaux de la Saskatchewan où elle décrit les difficultés qu'elle a elle-même traversées quand son mari a souffert de tuberculose. Dans un effort pour s'identifier au public, elle écrit : « J'ai appris à la dure ce que veut dire d'avoir un bébé, une hypothèque et un mari malade, et de n'avoir pas d'argent pour payer l'épicerie ou les honoraires du médecin. Une telle situation ne se produira plus maintenant, mais parce que cela m'est arrivé, j'ai fait de la politique. » Mme Strum est fermement convaincue qu'un système universel de soins de santé répond parfaitement aux besoins de la Saskatchewan. Après avoir voté en faveur de ce programme, elle déclare à son mari : « Si je mourrais ce soir, je n'aurais pas vécu pour rien. Aujourd'hui, nous avons déposé le projet de loi qui protègera tous les gens qui ont besoin de soins. » Gladys Strum met fin à sa carrière politique lorsque les libéraux prennent le pouvoir en 1964.

Les Strum regagnent leur ferme et, une fois encore, Gladys retourne à l'enseignement. Son diplôme en éducation et ses années d'expérience professionnelle lui permettent d'obtenir un meilleur salaire et, quand vient le temps de la retraite, elle peut bénéficier d'un bon revenu. Les Strum voyagent beaucoup et s'installent à proximité du domicile de leur fille à Penticton, en Colombie-Britannique. Warner Strum est mort à l'age de 84 ans. Gladys, ne voulant pas se retrouver seule, déménage dans une maison de retraite avoisinante. Elle peut désormais se détendre et passer du temps avec sa famille étendue, notamment ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants.

À l'occasion du 98e anniversaire de Mme Strum, au cours des débats de la Chambre des communes du 4 février 2004, on a rappelé ses efforts acharnés pour la défense de l'égalité des femmes. Son nom a été évoqué dans l'espoir d'inspirer le gouvernement de 2004 à intervenir dans le dossier de la condition féminine.

Ressources

Cross, Austin F. « Parliamentary Personalities », Canadian Business, vol. 19, no 1, (janvier 1946), p. 8, 10 et suiv.

Pechey, Dorothy. « Mrs. Gladys Strum: Lone Woman M.P. in Dominion Parliament », Saturday Night, vol. 60, no 44 (7 juillet 1945), p. 22-23.

« Saskatoon's First Woman MLA Returns to Love of Her Life », Star-Phoenix (11 juin 1960), p. 8.

Strum, Gladys. Sorry, I'm Early, [Penticton (C.-B.)], G. Strum, 1991.

Taylor, Georgina M. « Gladys Strum: Farm Woman, Teacher and Politician », Canadian Woman Studies, vol. 7, no 4 (hiver 1986), p. 89-93.

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