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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Sciences

Carrie Matilda Derick

Photo de Carrie Derick

(1862-1941)

Botaniste

Source


Première professeure d'université du Canada

Connue principalement pour avoir été la première professeure d'université au Canada, en 1912, Carrie Derick est une femme dont on ne peut résumer la vie par son seul parcours universitaire. En plus d'avoir été une professeure de grande valeur, elle était une éternelle étudiante, une militante sociale, une bénévole ainsi qu'une écrivaine qui a traité d'une grande variété de sujets.

Bien que Carrie Derick ait vécu au tout début de la période où les femmes canadiennes pouvaient décrocher un diplôme universitaire ou mener une carrière, elle a fait l'un et l'autre avec beaucoup de détermination. Elle semble avoir eu une idée très nette de ce qu'elle voulait réaliser et, en dépit de nombreux revers, elle n'a jamais dévié de son chemin. Les écrits dans lesquels elle jette un regard rétrospectif sur les obstacles qu'elle et d'autres femmes de son époque ont dû surmonter portent la marque d'un humour plutôt caustique.

Pionnière dans les domaines de l'enseignement et de la science, Carrie Derick amorce sa vie professionnelle très jeune. Née en 1862 à Clarenceville, au Québec, elle commence à enseigner à l'école locale dès l'âge de 15 ans. En 1881, elle termine ses études à l'École normale de Montréal, où elle gagne la médaille d'or du prince de Galles, puis elle retourne à la Clarenceville Academy pour occuper, à 19 ans, le poste de directrice de l'établissement. Vers 1883, elle enseigne à Montréal et, en 1887, elle entre en deuxième année à McGill University, trois ans seulement après que cette institution décide d'accepte les femmes dans ses programmes. Elle obtient son diplôme en sciences naturelles en 1890 avec la plus grande distinction et remporte la médaille d'or Logan. Elle obtient également la plus forte moyenne de sa promotion, soit 94 %.

Son diplôme obtenu, elle travaille à McGill comme chargée de travaux pratiques à temps partiel, devenant ainsi la première femme à faire partie du personnel enseignant de cet établissement. En 1896, elle obtient sa maîtrise et, pendant de nombreuses années, elle passe ses vacances à effectuer des recherches au Marine Biological Laboratory au Massachusetts ou à étudier à Harvard, à la Royal Academy of Science en Angleterre et à l'Université de Bonn. En Allemagne, elle réalise suffisamment de travaux pour mériter un doctorat, mais à cette époque l'Université de Bonn n'octroyait pas de doctorat aux femmes.

Après sa maîtrise, bien que le chef de son département à McGill recommande qu'elle soit promue maître de conférences, elle se voit offrir seulement un poste de chargée de travaux pratiques à temps plein. Elle décline l'offre, précisant qu'elle ne pouvait se permettre de renoncer à ses autres emplois dans l'enseignement. On finit par autoriser sa promotion et elle travaille comme maître de conférences jusqu'en 1904, année où elle est nommée professeure adjointe après avoir dénoncé l'attitude du Conseil qui avait à plusieurs reprises retardé sa promotion.

Au décès du directeur du département de botanique en 1910, Mme Derick assure son intérim. Toutefois, en 1912, lorsque la direction de l'Université décide de combler le poste par voie de concours, Mme Derick se voit obligée de poser sa candidature pour un poste qu'elle occupait depuis deux ans. Malgré les appuis dont elle bénéficie en raison à son appartenance à l'institution, on accorde le poste à quelqu'un d'autre.

Craignant peut-être de perdre Mme Derick, le Conseil la nomme professeure de botanique morphologique. Il s'agit en quelque sorte d'un titre tout à fait symbolique, car il n'offre pas de siège à la faculté et, de surcroît, aucune augmentation de traitement. Elle-même considère cette nomination comme une distinction douteuse, étant donné que la morphologie n'est pas sa spécialité. Par la suite, elle demande et l'on accepte de changer son titre pour celui de professeure de morphologie et de génétique comparatives, qui reflète mieux ses intérêts. Elle crée alors un cours intitulé « Évolution et génétique », le premier du genre à McGill. L'évolution était un sujet extrêmement controversé durant ses études de premier cycle, tandis que la génétique était encore un domaine tout à fait nouveau. Dans sa classe, Mme Derick devait donc toujours faire œuvre de pionnier.

Parallèlement à ses travaux dans l'enseignement et la recherche, Carrie Derick publie de nombreux articles sur la botanique, notamment « The problem of the 'burn-out' district of Southern Saskatchewan », « The early development of the Florideae » et « The trees of McGill University ». Plusieurs de ses articles s'adressent à la communauté scientifique et ils lui valent le respect de collègues du monde entier et l'honneur de figurer dans l'édition de 1910 de l'American men of science. D'autres articles visent le grand public et cherchent à faire comprendre la nature. Mme Derick écrit également des esquisses biographiques et des essais politiques.

Tout en menant une vie universitaire bien remplie et parfois difficile, Mme Derick se révèle une militante très engagée dans les revendications sociales. Elle s'intéresse particulièrement au droit de vote et à l'enseignement pour les femmes, mais bien d'autres causes mobilisent aussi ses énergies durant toute sa vie à en croire cette liste, très partielle, des organisations au sein desquelles elle a milité : Local Council of Women (Montréal), Protestant Committee of the Council of Education, American Association for the Advancement of Science, Montreal Suffrage Association, National Council of Education, Federation of University Women of Canada et Montreal Folklore Society.

Pour des raisons de santé, Carrie Derick quitte McGill en 1929 et on la consacre alors comme la première professeure émérite du Canada. Elle s' éteint en 1941. L'auteur d'un éloge publié peu après son décès écrit à son sujet : « Carrie Derick avait acquis un grand nombre de connaissances pour elle-même et [...] elle était convaincue que ses connaissances étaient un bien qui devait être mis au service de l'humanité » (Byers, 1942).

Ressources

Byers, Mrs. A. F. — « The late Miss Carrie Derick ». — McGill news. — Montréal : Graduates' Society of McGill University, (Summer 1942). — P. 13-14

« Carrie M. Derick, educator, is dead ». — Montreal gazette. -- (November 11, 1941). — P. 14

Derick, Carrie M. — A few notes on Canadian plant-lore [en ligne]. — Early Canadiana online. — [Réf. du 21 juin 2001]. — Publié à l'origine à Montréal : [s.n.], 1897. - Accès : www.canadiana.org/ECO/mtq?id=f0f3bc4ca7&doc=32176

__________. — « In the 80's ». — Old McGill 1927. - [Montréal : s.n., 1897- ]. — P. 200, 350, 356

__________. — Notes on the development of the holdfasts of certain Florideae [en ligne]. — Early Canadiana online. - [Réf. du 21 juin 2001]. — Publié à l'origine à Montréal : [s.n.], 1900. — Accès : www.canadiana.org/ECO/mtq?id=f0f3bc4ca7&doc=32177

__________. — « Professions open to women ». — Women of Canada : their life and work. — [Montréal? : s.n., 1900?]. — P. 57-62

Gillett, Margaret. — « Carrie Derick (1862-1941) and the chair of botany at McGill ». — Despite the odds : essays on Canadian women and science. — Marianne Gosztonyi Ainley, dir. - Montréal : Véhicule Press, 1990. — P. 74-87

__________. — We walked very warily : a history of women at McGill. - Montréal : Eden Press Women's Publications,1981. — 476 p.

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Droits d'auteur/Sources