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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Sciences

Ursula Franklin

Photo de Ursula Franklin

(1921- )

Physicienne

Source


Métallurgiste et pionnière de l'archéométrie, humaniste et pacifiste

Réputée pour ses réalisations dans le domaine de la métallurgie, Ursula Franklin s'est employée inlassablement à apporter une voix humaniste et féministe au monde de la science.

Née en 1921 à Munich, en Allemagne, Ursula Franklin amorce sa carrière pendant la Deuxième Guerre mondiale. Encore jeune étudiante en sciences, elle est emprisonnée dans un campement nazi parce que sa mère est juive. Jusqu'à la fin de la guerre, elle est affectée à la réparation d'immeubles bombardés.

Ursula Franklin reçoit son doctorat en physique expérimentale à la Technical University de Berlin en 1948 et, l'année suivante, immigre au Canada déterminée à militer pour la paix jusqu'à la fin de ses jours. Au cours des quinze années suivantes, elle travaille comme chercheuse scientifique principale à la Fondation de recherches de l'Ontario. Spécialisée dans l'étude des métaux et des alliages, elle jette les bases de l'archéométrie, qui applique à l'archéologie les techniques modernes utilisées dans l'analyse des matériaux. Au début des années 1960, elle met à contribution ses connaissances pour aider à étudier, dans les dents des enfants, les niveaux strontium 90, substance radioactive contenue dans les retombées des essais nucléaires. Cette étude a joué un rôle de premier plan dans les démarches entreprises par le gouvernement américain en vue d'arrêter les essais nucléaires dans l'atmosphère.

En 1967, Mme Franklin entre au département de métallurgie et de science des matériaux de l'University of Toronto et, en 1984, elle devient la première femme à obtenir le titre de professeur hors rang, la plus grande distinction octroyée par l'Université. Tout en poursuivant ses travaux sur la datation des artefacts en cuivre, en bronze, en métal et en céramique laissés par les cultures préhistoriques au Canada et dans d'autres pays, elle participe activement - et continuera longtemps de le faire - à de nombreuses activités humanitaires et féministes; elle encourage notamment les jeunes femmes œuvrant dans le domaine de la science, elle travaille pour la paix et la justice et elle diffuse ses réflexions sur les incidences sociales de la science et de la technologie.

De l'avis d'Ursula Franklin, la science a durement souffert du fait qu'on a découragé les femmes de participer à l'exploration de la connaissance. Elle estime que les femmes de science utilisent les outils de la science pour répondre à des questions que ne peuvent poser leurs homologues masculins. Elle fait remarquer que les femmes apportent à la science un esprit de coopération, ainsi qu'une préoccupation pour les liens existant entre les connaissances acquises et leur incidence potentielle sur les communautés, plutôt que leur effet sur la vie économique. Parlant de l'histoire de la participation des femmes aux activités scientifiques, Mme Franklin soutient que les femmes ont ouvert des champs nouveaux dans la recherche interdisciplinaire et apporté dans ce domaine quelques-unes des contributions les plus précieuses. Dans sa perception, cette innovation s'explique en grande partie par le fait que les femmes de science travaillent en marge des courants dominants de la science, ce qui leur permet d'en voir les dérives avec plus d'objectivité.

Ursula Franklin a appris, de sa propre expérience des métaux et des alliages, que, tout comme les propriétés d'un alliage sont déterminées par sa structure, l'étude des structures est essentielle à la compréhension des questions humaines. Elle juge que les tentatives de trouver des solutions politiques et sociales toutes faites aux problèmes sans s'attaquer aux causes profondes sont vouées à l'échec. Aussi propose-t-elle plutôt qu'on examine les problèmes de manière holistique, c'est-à-dire les causes et les effets à la fois. Les étudiants de Mme Franklin lui demandent souvent pourquoi ses travaux ne portent pas sur l'élimination des déchets nucléaires. Sa réponse est toujours la même : elle n'entreprendra de tels travaux que lorsqu'on aura décidé d'interrompre la production d'énergie nucléaire ou d'objets servant à la production d'armes nucléaires. Elle ne trouve aucun intérêt dans des travaux qui auraient pour seul effet de créer de la place pour entreposer davantage de déchets nucléaires.

En 1989, Ursula Franklin donne les Conférences Massey, qui sont d'abord diffusées à l'émission radiophonique Ideas de la CBC, avant d'être réunies dans un livre. Dans cette série de conférences intitulée « The Real World of Technology », Mme Franklin essaie de comprendre la manière dont la science et la technologie façonnent notre société et sont, à leur tour, façonnées par les exigences de cette dernière. Elle soutient que la technologie mise au point depuis la révolution industrielle a engendré une culture axée sur « le respect des normes ». Pour combattre le transfert progressif du pouvoir à un nombre de plus en plus restreint d'individus, elle recommande aux gens de se faire confiance et de ne pas se laisser censurer l'imagination. Elle encourage les gens à devenir des « citoyens scientifiques », c'est-à-dire à se cultiver afin de comprendre les problèmes sous-jacents à la science et à la technique et, au besoin, à protester jusqu'à ce que soient modifiées les structures de la technologie.

Les travaux de Mme Franklin ont été fort bien accueillis à l'échelle mondiale et lui ont valu un grand nombre de distinctions, notamment des doctorats honoris causa de plus de dix universités canadiennes et le titre de Compagnon de l'Ordre du Canada. En 1995, le Conseil scolaire de Toronto donnait à une nouvelle école publique le nom d'« Ursula Franklin Academy », ce qui est peut-être la plus grande des distinctions qui lui ont été décernées. Mme Franklin entretient un très vif intérêt pour les travaux de cette école, qui tente d'intégrer ses programmes de mathématiques, de science et d'arts libéraux en recourant aux nouvelles technologies.

Ressources

Asking different questions [bande vidéo] : women and science. — Merit Jensen Carr (Artemis), Signe Johansson (NFB), Margaret Pettigrew (NFB), prod. - Montréal : National Film Board of Canada, 1996. — 1 cassette, 51 min, VHS 1/2 po. — Coul.

Clarke, Jan. — « 'I would emphasize the joy of science' : an interview with Ursula Franklin ». - Women's education = Éducation des femmes. — Vol. 9, no. 1 (Summer 1991). — P. 5-8

Franklin, Ursula M. — Every tool shapes the task : communities and the information highway. - Vancouver : Lazara Press, 1996. — 13 p.

__________. — « Peace: A necessity for an equal society ». — Canadian woman studies = Les cahiers de la femme. — Vol. 9, no. 1 (Spring 1988). — P. 20-22

__________. — The real world of technology. — Toronto : Anansi, 1999. — 209 p.

__________. — Will women change technology or will technology change women? — Ottawa : Canadian Research Institute for the Advancement of Women, c1985. — 23 p.

__________. — « Women and militarism ». - Canadian woman studies = Les cahiers de la femme. -- Vol. 9, no. 1 (Spring 1988). — P. 5-6

Franklin, Ursula M., et al. — Knowledge reconsidered : a feminist overview = Le savoir en question : vue d'ensemble féministe. - Ottawa : Canadian Research Institute for the Advancement of Women, 1984. — 110 p.

Prosser, David. — « Fighting the good fight ». - Harrowsmith. — Vol. 18, no. 3 (June 1993). — P. 28-30

Sprang, Jeff. — « Ursula Franklin Academy ». — Education today. — Vol. 12, no. 1 (Winter 2000). — P. 10-11

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