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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Sciences

Elizabeth Muriel Gregory MacGill

Photo de Elizabeth Muriel Gregory MacGill

(1905-1980)

Ingénieure

Source


Première diplômée en électrotechnique au Canada et première conceptrice d'aéronefs au monde

Très respectée au Canada et dans le monde, Elizabeth Muriel Gregory MacGill, mieux connue sous le nom d'Elsie, était par ses réalisations une femme d'envergure; elle était ingénieure, consultante, conseillère, auteure, commissaire et défenseur des droits de la femme.

Elsie est née à Vancouver en 1905. Sa mère, Helen Gregory MacGill, suffragette, journaliste et première femme à exercer la profession de juge en Colombie-Britannique, s'est employée à faire modifier les lois en vue d'améliorer la vie des femmes et des enfants au Canada et constituait un parfait modèle pour sa fille. Le père d'Elsie, James Henry MacGill, était un avocat célèbre.

Le mot « première » se retrouve tout au long de la carrière d'Elsie Gregory MacGill. En 1927, elle est la première femme au Canada à recevoir un diplôme en électrotechnique de l'University of Toronto. Après ses études, elle travaille chez le fabricant d'automobiles Austin Automobile Company à Pontiac, dans le Michigan. Lorsque ce dernier se met à fabriquer des aéronefs, Elsie s'intéresse beaucoup au domaine de l'aéronautique. Motivée, elle s'inscrit à l'University of Michigan où, en 1929, elle obtient sa maîtrise en génie aéronautique, devenant ainsi la première femme à décrocher une telle distinction. La même année, Elsie contracte une myélite infantile aiguë, une forme de polio. On lui dit qu'elle ne pourrait plus jamais marcher, mais elle n'allait pas laisser cela la dissuader pour autant. Pendant sa convalescence, elle subvient à ses besoins en écrivant des articles sur l'aviation et, plus tard, elle entreprend des études au Massachusetts Institute of Technology. Grâce à sa détermination, elle arrive à remarcher à l'aide de deux cannes en métal.

En 1934, Elsie travaille à la firme Fairchild Aircraft Limited à Longueuil, au Québec, comme aéronauticienne adjointe, en se spécialisant dans l'analyse des contraintes. Elle participe également à la conception du premier avion entièrement métallique construit au Canada.

En 1938, la Canadian Car and Foundry Company (Can-Car) la nomme aéronauticienne en chef. À ce titre, elle conçoit et teste le Maple Leaf II Trainer, avion servant à former les pilotes. Au chapitre des « premières », Elsie devient la première conceptrice d'aéronefs au monde. Bien qu'elle ne puisse réaliser son rêve de piloter un avion en raison de sa déficience physique, elle insiste toujours pour être à bord lors des vols d'essai. Selon elle, c'est la meilleure façon d'évaluer le rendement d'un aéronef.

Elsie est peut-être mieux connue pour son travail sur les Hawker Hurricane, avions de combat qui ont servi durant la Seconde Guerre mondiale et qui ont joué un rôle déterminant lors de la bataille d'Angleterre. Elle avait la responsabilité de tous les travaux d'ingénierie et a adapté les Hurricane pour qu'ils puissent voler dans des conditions hivernales. Entre 1939 et 1943, les employés de Can-Car ont construit 1451 de ces avions sous sa direction. Le film Rosies of the North, réalisé par l'Office national du film du Canada, a fait honneur aux femmes qui ont participé à la production des Hawker Hurricane à la Canadian Car and Foundry Company. À la même époque, Elsie a eu également la charge de tous les travaux d'ingénierie des avions de combat Curtiss-Wright Helldiver construits pour le compte de la marine américaine.

En 1938, elle est la première femme issue du monde de l'entreprise à devenir membre de l'Institut canadien des ingénieurs.

Elle épouse E. J. (William) Soulsby, un veuf ayant deux enfants, en 1943, puis déménage à Toronto où elle ouvre sa propre société d'experts-conseils en génie aéronautique.

En 1946, Mme MacGill devient la première femme à occuper le poste de conseiller technique auprès de l'Organisation de l'aviation civile internationale des Nations Unies et est nommée présidente du Comité d'analyse des contraintes.

Mme MacGill fait paraître, en 1955, la biographie de sa mère intitulée My mother the judge: a biography of Judge Helen Gregory MacGill. L'influence durable de sa mère ainsi que celle de sa grand-mère, Emma Gregory, l'ont conduite à s'engager sa vie durant soit en faveur des questions féminines ou auprès d'organisations féminines. De 1962 à 1964, elle est présidente de la Fédération canadienne des clubs de femmes de carrières libérales et commerciales. En 1967, elle est du nombre des sept commissaires de la toute nouvelle Commission royale d'enquête sur la situation de la femme. En cette qualité, elle soumet un « énoncé distinct » détaillant ses points de divergence avec la majorité de la Commission. Par exemple, elle veut que les dispositions sur l'avortement soient supprimées du Code criminel.

Durant sa longue et brillante carrière, Mme MacGill s'est vu décerner à juste titre de nombreux prix et distinctions : la médaille Gzowski de l'Institut canadien des ingénieurs (1941); le prix d'apport méritoire à l'ingénierie de l'American Society of Women Engineers (première non-Américaine à être proclamée « Ingénieure de l'année ») (1953); la médaille du Centenaire du Gouvernement du Canada (1967); l'Ordre du Canada (1971); le prix Julian Smith de l'Institut canadien des ingénieurs (1973); la médaille Amelia Earhart de l'Association internationale des femmes pilotes (1975); et la médaille d'or de l'Association of Professional Engineers of Ontario (1979). Dans les années 1980, elle est intronisée au Panthéon de l'aviation du Canada et au cours des années 1990, au Panthéon de la science et de l'ingénierie canadiennes. Elle a même inspiré une bande dessinée intitulée « Queen of the Hurricanes: Elsie MacGill ».

Elizabeth Muriel Gregory MacGill a ouvert la voie à une génération de jeunes femmes, les incitant par l'exemple à croire qu'il est possible d'atteindre n'importe quel objectif dans la vie pourvu qu'on s'y emploie avec détermination. Cette maxime, elle la fait sienne jusqu'à sa mort, survenue en 1980.

Ressources

Bohnert, Beth. — « MacGill, Elsie Gregory : inventrice, scientifique ». — Oser au féminin des Canadiennes pas ordinaires. —  Centre franco-ontarien des ressources pédagogigues, c 1997. — P. 59. — Publié aussi en anglais sous le titre : Canadian women: risktakers and changemakers.

Doyle, Dick. — Elsie Gregory MacGill : hawkeyed aeronautical engineer 1905-1980 [en ligne]. — Mississauga : Heirloom, 1998. — [Réf. du 21 juin 2001]. — Accès : http://epe.lac-bac.gc.ca/100/205/301/ic/cdc/heirloom_series/volume6/volume6.htm

Elizabeth 'Elsie' MacGill 1905-1980 [en ligne]. — [Ottawa] : Musée des sciences et de la technologie du Canada, c2001. — [Réf. du 21 juin 2001]. — Disponible également en anglais. — Accès : www.science-tech.nmstc.ca/francais/about/ hallfame/u_i14_f.cfm

Elizabeth 'Elsie' Gregory MacGill - ingénieure aéronautique et féministe [en ligne]. —  [Réf. du 21 juin 2001]. — Disponible également en anglais. — Accès : http://epe.lac-bac.gc.ca/100/205/301/ic/cdc/kespitukik/index.htmldocs/femmes/fa148380.htm
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« Elizabeth M. G. MacGill ». — High flyers: Canadian women in aviation [en ligne]. — [Ottawa] : National Aviation Museum, c1996. — [Réf. du 21 juin 2001]. — Accès : http://epe.lac-bac.gc.ca/100/200/301/ic/can_digital_collections/high_flyers/homepage.htm

Inventive women biographies [en ligne]. — Toronto : Inventive Women Inc., c2000. —[Réf. du 21 juin 2001]. — Accès : www.inventivewomen.com/

MacGill, Elizabeth M. G. — « Position of women in Canada in the engineering profession ». — Saturday night. — Vol. 62, no. 7 (October 19, 1946). — P. 28-29

MacGill, Elsie Gregory. — My mother the judge : a biography of Judge Helen Gregory MacGill. — Toronto : Ryerson, c1955. — 248 p.

Merritt, Susan E. — « Elsie Gregory MacGill (1905-1980): aeronautical engineer ». — Her story III : women from Canada's past. — St. Catharines, Ont. — Vanwell, c1999. — P.  180-193

Rosies of the North [vidéo]. — Kelly Saxberg, dir. — Joe MacDonald, Graydon McCrea, prod.]. — Montréal : National Film Board, 1999. — 1 cassette, 48 min. - Sous-titrage pour malentendants

Saskatoon Women's Calendar Collective. — « Elsie Gregory MacGill ». — Herstory 1989 : the Canadian women's calendar. — Moose Jaw, Sask. : Coteau Books, c1988. — P. 56

Steed, Judy. — « Ahead of her time ». — Today magazine. — (September 13, 1980). — P. 4c

On peut consulter les papiers et les documents personnels d'Elsie Gregory MacGill aux Archives nationales du Canada. — MG 31, K7 (aide à la recherche noº1462). Ils ont été reçus en 1974 et en 1983 et couvrent la période allant de 1911 à 1983.

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