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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Sciences

Jeanne Mance

Photo de Jeanne Mance

(1606-1673)

Infirmière

Source


Première infirmière laïque en Amérique du Nord

L'histoire de Montréal ne peut être contée sans mentionner le nom de Jeanne Mance. Elle mérite pleinement, au même titre que Paul de Chomedey de Maisonneuve, la désignation de fondatrice de Montréal. Arrivée en Nouvelle-France quelques mois avant Maisonneuve, elle fait le premier trajet Québec-Montréal en sa compagnie et lutte avec acharnement, tout au long de sa vie, pour que prospère cet établissement français en Amérique.

Mais, chez Jeanne Mance, c'est la fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal, l'administratrice de ce premier hôpital montréalais et, surtout, l'infirmière qui nous intéresse ici. Jeanne Mance est en effet la première infirmière laïque à pratiquer en Amérique du Nord.

Elle est née dans une famille aisée, appartenant à la bourgeoisie de robe, à Langres, en France, en 1606. Tôt dans sa vie, elle se destine aux soins infirmiers. La guerre de Trente ans (1618-1648) lui donne la première occasion de pratiquer le dévouement qu'elle saura prodiguer aux malades tout au long de sa vie.

La venue de Jeanne Mance en Nouvelle-France, tout comme le choix de Maisonneuve et l'arrivée subséquente de Marguerite Bourgeoys, en 1653, qui s'occupera d'éducation cinq ans plus tard, doit être comprise dans le contexte de la ferveur religieuse et missionnaire de la France du XVIIe siècle. Montréal n'est pas, à cette époque, une colonie de peuplement; elle constitue plutôt une colonie missionnaire visant à convertir les populations autochtones au catholicisme.

C'est probablement son cousin, Nicolas Dolebeau, chapelain à Paris et précepteur du duc de Richelieu, qui l'entretient pour la première fois au sujet de la Nouvelle-France. Jeanne Mance est alors âgée de 34 ans. Elle découvre sa vocation dans ces propos sur les missionnaires en Amérique. Laïque, mais toute dévouée à servir Dieu, elle consulte son directeur spirituel, qui lui conseille d'aller à Paris voir le père Charles Lalemant, responsable des jésuites au Canada. Durant son séjour à Paris, Jeanne Mance rencontre également Mme Angélique de Bullion, veuve du surintendant des Finances de France sous Louis XIII et fille du secrétaire du Roi, qui lui propose d'établir, à l'endroit qui deviendra Montréal, un hôpital semblable à l'Hôtel-Dieu de Québec. Elle accepte.

Le 9 mai 1641, Jeanne Mance embarque sur l'un des deux navires en partance pour la Nouvelle-France, de même que Maisonneuve. Elle est à l'origine de la fondation de Montréal en septembre 1642. Non seulement Jeanne Mance s'occupe de l'établissement de l'hôpital, mais, avec un zèle remarquable, elle s'attarde à asseoir les bases de la colonie. N'a-t-elle pas sauvé la mission montréalaise de la ruine par ses multiples traversées de l'Atlantique?

La construction de l'Hôtel-Dieu de Montréal s'effectue en 1645. Le contrat de fondation est signé à Paris le 12 janvier 1644. Sis entre les rues St-Paul et St-Sulpice, l'édifice de bois bien modeste mesure 60 pieds de longueur et 24 pieds de largeur; il comprend six lits pour hommes et deux lits pour femmes. Il est cerné d'une palissade de pieux et d'un fossé. Montréal aura cet hôpital jusqu'en 1654, alors que l'on construira un édifice plus vaste. Reposant sur la générosité de Mme de Bullion, l'Hôtel-Dieu de Montréal est établi « dans cette île au nom et en l'honneur de Saint-Joseph, pour y nourrir, traiter et médicamenter les pauvres malades du pays, et les faire instruire des choses nécessaires à leur salut  [...] » (Daveluy, 1962, p. 108). Jeanne Mance est venue en Nouvelle-France pour être infirmière. Dès 1644-1645, les escarmouches avec les populations iroquoises lui amènent ses premiers patients. Aidée d'une servante, elle prépare les médicaments et les onguents, et nettoie les pansements. Souvenons-nous que la pratique de la médecine, au milieu du XVIIe siècle, était fort différente de ce que l'on connaît aujourd'hui.

Un deuxième contrat, passé le 17 mars 1648, stipule que Jeanne Mance demeurera administratrice de l'hôpital jusqu'à sa mort, et qu'elle y sera nourrie et entretenue. Advenant son décès, on établira une communauté d'hospitalières qui serviront les pauvres gratuitement (Daveluy, 1962, p. 110). Plusieurs années avant son décès, soit en 1659, trois hospitalières de La Flèche débarquent en Nouvelle-France pour venir aider au soin des malades de l'Hôtel-Dieu de Montréal.

Jeanne Mance meurt en 1673 avec, à ses côtés, Marguerite Bourgeoys. Son souvenir est inscrit dans notre mémoire collective de plusieurs façons : une statue de Louis-Philippe Hébert en face de l'Hôtel-Dieu de Montréal; le parc Jeanne-Mance au pied du Mont-Royal, à Montréal; la circonscription électorale de Jeanne-Mance dans la grande région de Montréal; l'Édifice Jeanne-Mance, du Ministère de la Santé du Canada à Ottawa.

Ressources

Daigle, Sylvie ; Fotso, Gilberte. — « Jeanne » [en ligne]. — Les femmes fondatrices de Montréal. — Révisé le 20 avril 2000 [Réf. du 25 juin 2001]. — Accès : www.er.uqam.ca/merlin/ak691533/testament.htm

D'Allaire, Micheline. — « Jeanne Mance à Montréal en 1642 : une femme d'action qui force les événements ». — Forces. — No 23 (1973). — P. 38-46

Daveluy, Marie-Claire. — Jeanne Mance, 1606-1673. — Montréal : Fides, 1962. — 419 p.

« Jeanne Mance ». — Dictionnaire biographique du Canada. — Québec : Presses de l'Université Laval, 1966- . — Vol. I, p. 494-498. — Publié aussi en anglais sous le titre : Dictionary of Canadian biography

Morin, Marie. — Histoire simple et véritable : les annales de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1659-1725. — Éd. critique par Ghislaine Legendre. — Montréal : Presses de l'Université de Montréal, 1979. — 348 p.

Oury, Guy-Marie. — Jeanne Mance et le rêve de M. de la Dauversière. — Chambray [France] : C.L.D., 1983. — 264 p.

Littérature de jeunesse

Côté, Jean. — Jeanne Mance, l'héroïque infirmière. — Outremont : Quebecor, 1995. — 93 p.

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