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Chercheuse scientifique spécialisée dans la rouille des grains et première Canadienne à décrocher un doctorat en agronomie
Née au Québec en 1887, Margaret Newton, à sa sortie du Collegiate Institute à Vankleek Hill, en Ontario, enseigne dans cette province pendant plusieurs années en vue de réunir les fonds nécessaires pour entreprendre des études universitaires. Mais, après un an en lettres à la McMaster University, à Hamilton, elle opte pour l'agriculture au Macdonald College de McGill University.
Margaret Newton excelle dans ses études au Macdonald College et remporte à la fin de sa deuxième année la médaille de bronze du Gouverneur général. La même année, elle s'intéresse à la rouille, maladie qui s'attaque aux plantes, et décide de se spécialiser en phytopathologie. À cette fin, elle s'inscrit à la Société de Québec pour la protection des plantes, devenant ainsi la première femme membre de cette société. En complément à ses études, elle joue un rôle actif au sein du club de discussion et préside le club littéraire de sa classe.
En 1918, Margaret Newton obtient son baccalauréat ès sciences agricoles. Elle devient ainsi la première femme à terminer le programme d'études au Macdonald College et se hisse au rang des premières femmes au Canada à être diplômées en agriculture. L'année suivante, toujours au Macdonald College, elle obtient sa maîtrise ès sciences. Au cours de ses études, elle entreprend des travaux de recherche sur la rouille des grains, notamment sur le blé. Ces travaux la conduisent à l'University of Saskatchewan où elle est nommée chercheuse, et à l'University of Minnesota où elle poursuit ses études de doctorat. En 1922, elle devient la première Canadienne à obtenir un doctorat en agronomie.
Dans l'intervalle, il s'est créé à Winnipeg un laboratoire sur la rouille, multipliant ainsi les possibilités de recherches dans ce domaine. Mme Newton accepte avec plaisir l'invitation du ministre fédéral de l'Agriculture de le diriger. Elle publie plus de 40 articles sur le champignon de la rouille et participe à la rédaction du journal Phytopathology. Les avantages économiques de ses travaux sont considérables. À sa retraite, les pertes annuelles causées par la rouille sont passées de 30 millions de boisseaux à des niveaux presque négligeables.
Les travaux de Mme Newton connaissent une véritable consécration lorsqu'elle est nommée membre de la Société royale du Canada en 1942, devenant ainsi la deuxième femme à se voir investie d'un tel honneur. En 1948, elle reçoit la médaille Flavelle de la Société et se distingue pour avoir été la première femme et la première diplômée en agronomie à recevoir cette distinction. En 1956, l'University of Minnesota lui décerne son prix pour réalisations exceptionnelles et en 1964 l'University of Victoria rebaptise l'une de ses résidences Margaret Newton Hall.
Même si Mme Newton trouvait plaisir à mener ses travaux et appréciait la reconnaissance de ses pairs, il est possible que les spores de rouille auxquelles elle s'exposait dans le cadre de ses recherches aient aggravé son insuffisance respiratoire et entraîné sa retraite prématurée en 1945. En dépit de tout, Margaret Newton a dit qu'elle n'hésiterait pas à recommencer.
Margaret Newton s'est éteinte en 1971 à Victoria.
Ressources
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