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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Sciences

Ross House

Photo de Marie-Henriette LeJeune-Ross

(1762-1860)

Sage-femme et guérisseuse

Source


Pionnière du XVIIe siècle, dispensatrice de soins, herboriste

On a peine à imaginer de nos jours ce qu'a pu être la vie d'une pionnière telle que Marie-Henriette LeJeune-Ross. En plus de devoir affronter les défis de la vie quotidienne à cette époque, elle a été un précurseur dans le monde scientifique féminin canadien en aidant ses concitoyennes comme sage-femme durant plus de soixante ans et en développant ses talents de guérisseuse tout au long de sa vie.

Il aura fallu des personnes comme elle pour tracer la voie et servir d'inspiration à toutes les femmes qui ont suivi et qu'attirait le monde scientifique, quel qu'il soit. Son existence n'a été qu'aventures, courage et dévouement.

Admirée tant par les Acadiens que par les Néo-Écossais, Marie-Henriette avait des talents médicaux assez impressionnants pour traverser le temps et faire d'elle une femme mémorable. Essayons de cerner ensemble la légende de Granny Ross, comme l'avaient surnommée ses compatriotes néo-écossais.

On a pu retracer plusieurs détails sur sa vie personnelle. Née et baptisée en 1762, elle a reçu le prénom de Marie-Tharsile; toutefois, elle sera connue quelques années plus tard uniquement sous celui de Marie-Henriette. On a retrouvé son certificat de baptême à l'église St-Louis de Rochefort, en France. Ses parents, Joseph LeJeune et Martine LeRoy, étaient des Acadiens déportés en France à la suite de la chute de Louisbourg en 1748. En 1771, ils ont décidé de revenir dans les colonies, mais leur séjour à l'île de St-Pierre et Miquelon sera de courte durée, puisqu'ils sont à nouveau déportés en France en 1778, où ils demeureront encore cinq ans. C'est là que Marie-Henriette commence sa vie d'adulte en contractant mariage pour la première fois. Joseph Comeau, de trente-sept ans son aîné, sera son premier mari; elle a dix-sept ans. Les familles Comeau et LeJeune retournent à St-Pierre et Miquelon en 1784. En 1785, Joseph Comeau meurt par noyade; Marie-Henriette est alors âgée de 22 ans. La famille LeJeune décide de migrer vers Little Bras d'Or, en Nouvelle-Écosse. Marie-Henriette suit sa famille et épouse deux ans plus tard Bernard LeJeune dit Briard, son cousin germain. Celui-ci se noie lui-aussi peu après leur mariage. Elle atteint ses 26 ans lorsqu'elle fait la connaissance du soldat écossais réformé James Ross. Le couple s'installe à Little Bras d'Or avant d'aller coloniser East Margaree River quelque temps plus tard avec les trois autres frères Ross. Marie-Henriette rendra l'âme en 1860.

Durant ces années d'apprentissage de sa vie d'adulte, cette femme prendra conscience de ses dons de guérisseuse et de sage-femme. La légende de Granny Ross a débuté à Little Bras d'Or, lorsque Marie-Henriette a soigné et sauvé de la mort plusieurs colons en leur prodiguant les soins appropriés lors d'une épidémie de varicelle; comme elle avait déjà contracté cette maladie, elle était immunisée contre elle.

On peut considérer Marie-Henriette comme une pionnière. Sa vie ne s'est pas limitée à mettre des enfants au monde dans son voisinage. On faisait appel à elle à des kilomètres à la ronde et, jusqu'à un âge avancé, elle a mis ses connaissances en phytothérapie au service de ses concitoyens. Comme elle a toujours vécu en harmonie avec la nature et passait beaucoup de temps en forêt, on peut facilement imaginer qu'elle était une herboriste accomplie. Les plantes médicinales lui avaient probablement révélé tous leurs secrets. Ses aventures en forêt et la vigueur avec laquelle elle défendait sa chaumière contre les ours et autres animaux sauvages ont d'ailleurs contribué à créer la légende à son propos.

Les premières découvertes scientifiques se font essentiellement par l'expérimentation. Voilà pourquoi le travail quotidien et discret des femmes de la trempe de Marie-Henriette LeJeune-Ross doit être reconnu. L'histoire de cette guérisseuse et herboriste justifie amplement sa place parmi les femmes scientifiques canadiennes.

Ressources

Jackson, Elva E. — « The true story of the legendary Granny Ross ». - Nova Scotia historical review. — Vol. 8, no. 1 (1988). — P. 42-61

Jackson, Elva E. — « The true story of the legendary Granny Ross » [en ligne]. — Ross family of Margaree website. — Lark Szick, c1998. - [Révisé le 12 octobre 2000]. — [Réf. du 30 avril 2001]. — Accès : http://members.nbci.com/Cap_Breton/GRLegend.html

Jackson, Elva E. — Cape Breton and the Jackson kith & kin. — Windsor, Nova Scotia : Lancelot Press. — 264 p.

« Lejeune, Marie-Henriette ». — Dictionnaire biographique du Canada. — [Québec] : Presses de l'Université Laval, c1966 - . — Vol. VIII, p. 552. — Publié aussi en anglais sous le titre : Dictionary of Canadian biography Macdougall, John L. — History of Inverness County Nova Scotia. — Belleville, Ontario : Mika Publishing. — c 1972. — 690 p.

Marie-Henriette LeJeune Ross [en ligne]. — Rocky view school division. — [Réf. du 30 avril 2001]. — Accès : www.rockyview.ab.ca/public/frameset.cfm

« Nouvelles de l'Institut généalogique des provinces maritimes : Granny Ross ». — Contact Acadie : Bulletin du Centre d'études acadiennes. — No 5 (décembre 1984). — P. 8-13

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