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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Sciences

Irene Ayako Uchida

Photo de Irene Ayako Uchida

(1917- )

Généticienne

Source


Cytogénéticienne spécialiste du syndrome de Down

La docteure Irene Uchida compte parmi les premiers scientifiques canadiens à travailler dans le domaine de la cytogénétique, c'est-à-dire l'étude des chromosomes, et ses travaux concernant les effets de la radiation sur les chromosomes humains lui ont valu des distinctions tant sur le plan national qu'à l'échelle internationale. Plus particulièrement, au cours des années 1960, elle a entrepris des travaux qui, après avoir permis de diagnostiquer et d'identifier les causes du syndrome de Down, ont attiré l'attention des milieux scientifiques et médicaux sur le lien possible entre la radiation et les anomalies congénitales. Ses réalisations sont d'autant plus remarquables qu'elle les a effectuées malgré de nombreuses difficultés dans sa vie personnelle.

Irene est née en 1917 à Vancouver, en Colombie-Britannique. Ses parents japonais la prénomme Ayako, ce qui signifie « splendide » en japonais. Sa famille comporte cinq enfants. Ayako est une adolescente très ouverte et très appréciée. Son professeur de piano, ayant du mal à prononcer son prénom japonais, lui donne le prénom d'Irene. Irene aime la musique et jouede l'orgue, du piano et du violon pour l'Église unie. À la sortie de l'école secondaire, elle s'inscrit à l'University of British Columbia où, pendant deux ans, elle étudie la littérature anglaise. Elle interrompt ses études pour aller rejoindre sa mère et ses sœurs alors en visite au Japon. Même si elles avaient planifié leur retour au Canada, seule Irene peut se trouver un bateau pour quitter le Japon avant que ce pays lance une attaque contre Hawaï en décembre 1941.

En Colombie-Britannique, l'avancée irrépressible des troupes japonaises fait craindre qu'une invasion de la côte du Pacifique soit imminente et que la population japonaise résidente minoritaire constitue une menace à la sécurité du Canada. En 1942, Irene Uchida et les membres de sa famille vivant encore au Canada, de même que 20 000 autres membres de la communauté japonaise canadienne, sont contraints de quitter leur maison. Le gouvernement du Canada les emmène dans un camp d'internement au lac Christina situé dans l'arrière-pays de la Colombie-Britannique. Comme elle avait fait des études universitaires, on demande à Irene de diriger une école pour les enfants des personnes internées à Lemon Creek, en Colombie-Britannique. Elle accepte volontiers d'y enseigner dans des conditions très difficiles. La vie d'Irene est de nouveau bouleversée lorsque son père choisit d'aller rejoindre sa femme et ses filles au Japon, dans le cadre d'un échange de Canadiens japonais contre des prisonniers de guerre des forces alliées, et que le gouvernement interdit à tous les Canadiens japonais de revenir à Vancouver.

En 1944, l'Église unie lui offre un logement et du soutien pour lui permettre de continuer ses études à l'University of Toronto. Deux ans plus tard, elle obtient son baccalauréat ès arts et se propose d'entamer sa maîtrise en travail social. Toutefois, avec l'appui d'un de ses professeurs, elle décide de poursuivre une carrière en génétique. En 1951, elle obtient son doctorat en génétique humaine et commence à travailler à l'Hospital for Sick Children, à Toronto. Elle y étudie, entre autres, les jumeaux et les enfants atteints du syndrome de Down, la cardiopathie congénitale et d'autres anomalies. En 1960, elle accède au poste de directrice du Service de la génétique médicale au Children's Hospital de Winnipeg, au Manitoba, et commence à enseigner à l'University of Manitoba.

À cette époque, le syndrome de Down est l'une des anomalies congénitales les plus graves. Comme des recherches montrent que cette anomalie provient d'une déficience génétique et que la radiation pourrait la provoquer, la docteure Uchida entreprend deux études au Manitoba en vue de déterminer s'il y a un lien entre des doses élevées de radiation maternelle et la naissance d'enfants atteints du syndrome de Down. Au terme d'études plus poussées, la docteure Uchida peut prouver que l'exposition abdominale de la mère aux rayons X augmente le risque d'anomalies congénitales au cours des grossesses ultérieures. Des études subséquentes ont permis de savoir que des matières chromosomiques endommagées chez le père peuvent également causer le syndrome de Down.

La docteure Uchida poursuit ses travaux en Angleterre et aux États-Unis et fonde, en 1970, le laboratoire de cytogénétique de la McMaster University, à Hamilton, en Ontario. Au Canada et ailleurs, des organismes scientifiques et gouvernementaux reconnaissent son expertise en génétique. Elle assume plusieurs responsabilités, dont celles d'être présidente de l'American Society of Human Genetics (1968), membre du Conseil des sciences du Canada (1970-1973), membre du Comité consultatif sur les services génétiques de l'Ontario (1979), consultante auprès de l'American Board of Medical Genetics (1980) et membre du Collège canadien des généticiens médicaux (1980-1984).

Au cours de sa carrière, la docteure Uchida publie plus de 95 articles scientifiques et reçoit plusieurs prix et distinctions au Canada, notamment :

  • Femme de l'année, Winnipeg, Manitoba, 1963
  • Femme du siècle 1867-1967, Manitoba, 1967
  • Conférencière de la Reine Elizabeth II, Winnipeg, Manitoba, 1971
  • 1000 Canadian Women of Note (1867-1967), 1983
  • Officier de l'Ordre du Canada, 1993
  • Prix fondateur, Collège canadien des généticiens médicaux, 1995
  • Docteur ès sciences honoris causa, University of Western Ontario, 1996

Aujourd'hui, la docteure Uchida vit à Hamilton et elle est professeure émérite au département de pédiatrie et de pathologie de la McMaster University. Elle s'intéresse toujours aux recherches sur les causes des anomalies congénitales et travaille auprès des familles d'enfants atteints du syndrome de Down.

Ressources

Field, Dennis. — Science, process and discovery. — [Don Mills, Ontario] : Addison-Wesley, 1985. — Chapitre 27, "Down's syndrome and radiation: the work of Dr. Irene Uchida". — P. 175-182

Shell, Barry. — Great Canadian scientists. —  Victoria : Polestar Book Publishers, 1997. — P. 116-121. — Disponible également en ligne : www.science.ca/css/gcs/scientists/Uchida/uchida.html

Uchida, I. A., et al. — « Maternal radiation and chromosomal aberrations ». - Lancet. — (November 16, 1968). — P. 1045-1049

Uchida, I. A., et al. — « Molecular studies of parental origin and mosaicism in 45,X conceptuses ». — Human genetics.  —  Vol. 89, no. 6 (August 1989). — P. 647-652

Uchida, I. A. ; Freeman, V. C. — « Trisomy 21 Down syndrome. Parental mosaicism ». — Human genetics. — Vol. 70, no. 3 (1985). — P. 246-248

Uchida, I. A. ; Ray, M. — « Mail-order chromosome analysis ». — Canadian Medical Association journal. — Vol. 94, no. 13 (March 26, 1966). — P. 649-650

Watada, Terry. — Seeing the invisible : the story of Dr. Irene Uchida. — Toronto : Umbrella Press, 1997. — 30 p.

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