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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Thèmes - Sciences

Dr Frances Gertrude McGill

Photo de Dr. Frances Gertrude McGill

(1877-1959)
Pathologiste judiciaire, criminologue

Source


Pathologiste judiciaire, criminologue et première chirurgienne honoraire de la Gendarmerie royale du Canada.

Parfois surnommée le « Sherlock Holmes de la Saskatchewan », le Dr Frances Gertrude McGill, est une pionnière à bien des égards. Diplômée en médecine à une époque où peu de femmes s'aventurent dans ce domaine, elle consacre l'essentiel de sa carrière à la pathologie judiciaire, une discipline alors en émergence au Canada. Elle travaille officiellement pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à partir de 1943 et on la considère comme la « première policière à cheval » de cette force de l'ordre. Reconnue pour son professionnalisme sans faille et pour sa disponibilité indéfectible, elle se bâtit une réputation solide dans un monde d'hommes. Son succès s'incarne sans doute dans la devise qu'elle a fait sienne : « Penser comme un homme, agir comme une dame et travailler comme un chien ».

Frances G. McGill est née en 1877 à Minnedosa, au Manitoba. Elle grandit sur une ferme et dans une famille d'origine irlandaise où la vocation médicale est omniprésente : un de ses deux frères est médecin et sa sœur est infirmière. Frances G. McGill ne fait pas exception : elle obtient son diplôme en médecine en 1915 de l'Université du Manitoba. Elle délaisse sa courte carrière d'enseignante qu'elle avait débutée après sa formation à l'école normale de Winnipeg pour payer ses études universitaires. Étudiante douée, elle réussit haut la main ses études et reçoit, notamment, la médaille d'or Hutchison pour l'excellence de ses résultats scolaires.

Après un an d'internat à l'Hôpital général de Winnipeg, elle entame un stage de troisième cycle aux laboratoires provinciaux du Manitoba, sous la tutelle du directeur de l'institution, le réputé Gordon Bell, Ph.D. En 1918, le Dr McGill est nommée bactériologiste provinciale par le ministère de la Santé de la Saskatchewan. Elle travaille de façon assidue, surtout lors de la grave épidémie de grippe espagnole. En 1920, elle accepte le poste de pathologiste provinciale et, deux ans plus tard, celui de directrice du laboratoire de la province où elle s'affaire principalement à résoudre les cas de morts suspectes. Elle collabore de près avec les différents corps policiers, dont la GRC et se fait une réputation de grande criminologue. Ses témoignages en justice sont réputés et par son travail minutieux elle contribue à condamner les coupables et à disculper les innocents. Ses enquêtes l'amènent à sillonner la province dans des conditions difficiles; les voyages sont nombreux, dans toutes sortes de climats et par tout moyen de transport : traîneau à chiens, motoneige, hydravion...

Lorsqu'en 1937, la GRC ouvre son propre laboratoire judiciaire à Regina, la charge de travail de la docteure McGill décroît considérablement. Elle continue néanmoins son travail avec la police municipale jusqu'à sa retraite du poste de pathologiste provinciale, en 1942. Pour Madame McGill, cette retraite ne signifie toutefois pas inaction. En plus de sa pratique privée, elle s'adonne en effet à de nombreux loisirs dont la chasse, la pêche, l'équitation et le bridge. Elle trouve même le temps de soutenir l'effort de guerre en tricotant des bas de laines destinés aux soldats et s'implique dans diverses associations dont le Business and Professional Women's Club et le Regina Women's Canadian Club.

En 1943, Dr McGill devient directrice du laboratoire judiciaire de la GRC, son prédécesseur ayant décédé subitement dans un accident d'avion. Elle recommence alors ses enquêtes à travers la province. Parallèlement à ce travail, elle donne aux futurs policiers et détectives du pays des cours de jurisprudence médicale, de pathologie et de toxicologie. Communicative et dotée d'un sens de l'humour proverbial, elle disait que l'humour empêchait que son travail morbide ne la déprime, elle sait bien leur transmettre sa précieuse expertise. Elle leur enseigne comment recueillir les preuves et les conserver, comment étudier une scène de crime, comment distinguer le sang humain du sang animal, etc.

Après avoir cessé officiellement son travail auprès de la GRC, Dr McGill demeure consultante auprès de la Gendarmerie comme chirurgien honoraire, titre qu'elle reçoit le 16 janvier 1946. Entre cette nomination et son décès, survenu le 21 janvier 1959, la docteure McGill demeure active. Elle poursuit notamment sa pratique privée spécialisée dans le traitement des allergies et des maladies de peau. On peut résumer sa carrière à ce qu'elle en dit un jour : « Ce fut beaucoup de travail ardu et beaucoup de plaisir... et quand le travail est plaisant, il n'est jamais vraiment ardu » (traduction libre). Le lac McGill situé au nord du lac Athabasca, en Saskatchewan, porte son nom.

Ressources

Fonds de la Gendarmerie royale du Canada, coupures de presse tirées du dossier personnel de Frances McGill, RG18-G, dossier G455-198, volume 3573.

Bannerman, Jean MacKay. Leading ladies Canada, Belleville, Mika Pub, 1977.

Churchman, Jim. « Initio », R.C.M.P. Quarterly, vol. 38, no 3 (juillet 1972), pp. 20-25.

Hacker, Carlotta. The Indomitable Lady Doctors, Halifax : Formac Publishing Company Limited, 2001.

Holmlund, Mona et GAIL Youngberg, éd. Inspiring Women: A Celebration of Her Story, Regina, Coteau Books, 2003.

Petersen, Myrna. « McGill, Frances (1882-1959) ». The Encyclopedia of Saskatchewan : http://esask.uregina.ca/entry/mcgill_frances_1882-1959.html
(consulté le 3 juin 2008, lien en anglais seulement).

Salterio, Joe L. « McGill, Frances G., M.D. ». R.C.M.P. Quarterly, vol. 12, no 1 (janvier 1946), pp. 25-32.

« Mme Frances Gertrude McGill, (1877-1959) ». University of Manitoba : www.umanitoba.ca/bibliotheques/units/health/ressources/womhist/fgmcgillf.html
(consulté le 3 juin 2008).

« Frances Gertrude McGill 1877-1959 ». Musée des sciences et de la technologie du Canada : www.sciencetech.technomuses.ca/francais/about/hallfame/u_i23_f.cfm
(consulté le 3 juin 2008).

« Notes historiques - les femmes à la GRC », site de la Gendarmerie royale du Canada : http://www.rcmp-grc.gc.ca/hist/hnud-nhut/women-femmes-fra.htm
(consulté le 26 mars 2009).

Burgun, Isabelle. « Frances McGill, au service de la justice »,

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