Bibliothèque et Archives Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Liens institutionnels

ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

Contenu archivé

Cette page Web archivée demeure en ligne à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle ne sera pas modifiée ni mise à jour. Les pages Web qui sont archivées sur Internet ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette page sous d'autres formats à la page Contactez-nous.

Thèmes

The Edmonton Grads

Photo de The Edmonton Grads

(1915-1940)

Basket-ball

Source


Le Edmonton Commercial Graduates Basketball Club, connu simplement sous le nom de Grads, était une équipe féminine de basket-ball fondée et entraînée par John Percy Page, de 1915 à 1940. Ce qui débuta comme une simple équipe collégiale devint une dynastie sportive qui a établi des records égalés par aucune autre équipe, dans aucun autre sport. De véritables championnes, ces femmes peuvent attribuer leur succès non seulement à leur habileté naturelle, mais aussi à leur sens profond du leadership, à leur dévouement, à leur esprit sportif et à leur détermination.

Au cours de leur participation au monde du basket-ball féminin qui dura un quart de siècle, les Grads ont établi un record phénoménal de 502 victoires et de seulement 20 défaites. Après avoir dominé dans leur propre ville, puis à l'échelle provinciale au cours de leurs huit premières années d'existence, elles remportèrent leur premier titre canadien en 1923 contre une équipe de London, en Ontario. La même année, elles participèrent à leur première compétition internationale contre les championnes américaines en titre, les Cleveland Favorite-Knits. Chose intéressante, les mots « Championnes mondiales » étaient inscrits sur la bordure des shorts portés par l'équipe américaine. Quant aux Grads, elles firent leur entrée sur le terrain vêtues de leurs « lourds bas de laine habituels, de leurs genouillères toutes bosselées, de leurs culottes bouffantes descendant jusqu'aux genoux (fabriquées avec trois verges de serge anglaise) », gagnèrent en deux parties contre les Favorite-Knits avec un pointage combiné de 53 contre 33 et remportèrent le trophée Underwood (Edmonton, Portrait of a City, p. 161). En dix-sept ans, soit de 1923 à 1940, les amateurs de basket-ball de l'Amérique du Nord n'ont jamais vu les Grads renoncer à ce trophée. À leur 25e anniversaire, les Grads remportèrent une fois de plus le trophée qu'on leur décerna en permanence. Outre leur succès en Amérique du Nord, les Grads ont représenté le Canada aux Jeux Olympiques pendant quatre années consécutives, soit de 1924 à 1936. Elles remportèrent les 27 parties qu'elles devaient disputer dans le cadre des Jeux Olympiques, mais parce que le basket-ball féminin n'était pas encore un sport officiellement inscrit au programme, elles ne reçurent aucune médaille.

Si l'on tente de comprendre pourquoi les Grads furent une équipe si dominante dans le basket?ball, on se rend compte que Percy Page a joué un rôle très important. C'est lui qui eu la responsabilité de former cette équipe composée d'étudiantes et de diplômées qui fréquentaient la McDougall Commercial High School, dont il était le directeur. Tout au long des années d'existence de cette équipe, les équipières furent recrutées au sein de cette école. M. Page et son aide, Bill Tate, formèrent également un réseau d'équipes-écoles à la McDougall School qui permettait aux filles de développer leurs habiletés. Elles gravissaient les échelons au sein de trois équipes, la troisième étant les Gradettes (formée d'étudiantes et de diplômées). Le dernier échelon consistait à se joindre aux Grads lorsqu'une occasion se présentait. M. Page entraînait et supervisait toutes ces équipes de sorte que chaque joueuse qui portait le costume noir et or des Grads avait été évaluée par lui dès ses premières parties.

Bien sûr, M. Page a, pour lui-même et pour son équipe, établi des normes élevées tout en faisant preuve d'un dévouement constant. Pendant 25 ans, les Grads pratiquèrent à raison de deux fois par semaine, sauf durant l'été. Pendant tout ce temps, M. Page n'a manqué que trois pratiques alors qu'il faisait une campagne en vue d'obtenir un siège au sein de la législature albertaine. (Plus tard, M. Page siègera à titre de membre conservateur au sein de l'Assemblée législative de l'Alberta de 1952 à 1959, puis remplira les fonctions de lieutenant-gouverneur de la province de 1959 à 1966). « Vous devez jouer au basket-ball, vous ne devez penser qu'au basket-ball, vous devez rêver de basket-ball », disait-il à ses joueuses (Canadian Magazine, 8 mars 1975). Le taux de renouvellement des membres, si l'on se fie à la liste de présence de l'équipe, était incroyablement bas et reflétait son engagement envers celle-ci. Dans toute l'histoire de ce club, il n'y a eu que 38 joueuses.

Bien que remporter la victoire soit un besoin évident pour un champion sportif, les Grads, à la poursuite de l'excellence, ont également gagné le respect en raison de leur franc-jeu et de leur esprit sportif. Dans une notice nécrologique parue récemment dans le Globe and Mail, après le décès d'une ancienne équipière des Grads, Mae Webb, sa fille June avait écrit : « Quand je pratiquais un sport, je me rappelle une chose que ma mère disait. Elle racontait que M. Page avait l'habitude de dire : "Vous êtes d'abord des femmes et, ensuite, des joueuses de basket-ball, et si vous ne pouvez remporter une partie en jouant franc-jeu, alors vous ne méritez pas la victoire." » (Globe and Mail, 14 avril 2000, p. R8. Les Grads ont suivi ce conseil et ont par conséquent fait taire les critiques qui affirmaient que l'activité physique intense était nuisible aux femmes.

L'importance de cette équipe ne passa pas inaperçue pour l'inventeur du basket-ball, M. James Naismith. Dans une lettre adressée aux Grads en 1936, il fut éloquent à ce sujet : " Vous êtes non seulement une source d'inspiration pour les joueurs de basket-ball partout dans le monde, mais aussi un modèle pour les équipes féminines. Votre attitude et les succès que vous avez remportés sont pour moi une source de satisfaction puisqu'ils représentent les possibilités exceptionnelles qu'offre le jeu aux femmes. "

Ressources

Cochrane, Jean ; Hoffman, Abby ; Kincaid, Pat. - Women in Canadian sports. - Toronto : Fitzhenry & Whiteside, c1977. - 96 p.

Dewar, John. - «The Edmonton Grads : the team and its social significance from 1915-1940». - Her story in sport : a historical anthology of women in sports. - West Point (N.Y.) : Leisure Press, 1982. - P. 541-547

Wamsley, Kevin B. - «Power and privilege in historiography : constructing Percy Page». - Sport history review. - Vol. 28, no 2 (1997). - P. 146-155

Wise, S.F. ; Fisher, Douglas. - Canada's sporting heroes. - Don Mills (Ont.) : General Publishing Co., 1974. - 338 p.

Précédent | Suivant

Droits d'auteur/Sources