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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Andrée Lachapelle

Photo d'Andrée Lachapelle

(1931- )
Comédienne

Andrée Lachapelle
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Andrée Lachapelle est au théâtre, à la télévision et au cinéma québécois ce que le soleil et l'eau sont aux fleurs : un atout vital et important pour leur épanouissement, en l'occurrence celui de la culture québécoise.

Sa mère perd son mari alors qu'elle est enceinte de son cinquième enfant. Elle élèvera seule ses cinq enfants pendant quelques années, puis se remariera avec le cousin germain de son défunt mari. De cette union naîtront deux autres enfants, dont la petite dernière, Andrée, le 13 novembre 1931. Ses parents ont alors 45 ans.

Durant sa jeunesse, Andrée est entourée de ses frères et sœurs qui font du théâtre amateur dans leurs moments de loisir. Dès qu'elle sait parler, ceux-ci lui font réciter des textes. Plus tard, ils lui feront dire des poèmes lors des entractes. L'ambiance à la maison et son milieu familial font en sorte qu'elle se découvre très jeune un goût marqué pour le théâtre.

Dès l'âge de six ans elle entreprend des cours de diction. Tout au long de ses études, elle se passionnera pour le français et aura le souci constant de s'exprimer avec clarté. À l'école, on la choisit souvent pour jouer les rôles de Vierge Marie, d'ange, de sainte ou de petit Jésus. Élève docile et ricaneuse, elle se classe toujours parmi les premières de sa classe. À 14 ans, elle s'inscrit au Studio 15 animé par Gérard Vleminckx. Trop jeune pour tenir des rôles, elle y est acceptée comme élève.

Elle fréquentera l'Institut pédagogique où elle obtiendra son diplôme d'institutrice. Elle enseigne deux ans à la maternelle et six mois à la première année à l'École du doux parler français, après quoi elle se consacre uniquement au théâtre.

Andrée Lachapelle montera sur les planches avec la troupe Trait d'union aux côtés d'Henri Norbert, et plus tard avec les Compagnons de Saint-Laurent dirigés par Aario Marist.

Le Festival de Montréal de l'été 1952 donne lieu à une rencontre déterminante dans la vie d'Andrée Lachapelle. Elle fait la connaissance de Robert Gadouas, comédien professionnel reconnu pour sa sensibilité, son sens inné du théâtre, l'intensité de son jeu et ses dons de lecteur et de diseur. L'avènement de la télévision à l'automne 1952 conduit la comédienne à jouer dans une adaptation personnelle de Robert Gadouas d'une pièce noire de Jean Anouilh : L'Hermine. Robert Gadouas y interprète le rôle de l'amoureux, Frantz, tandis qu'Andrée Lachapelle joue celui de l'amoureuse, Monime. C'est le début de leur relation.

Sa relation de couple avec Robert Gadouas durera 10 ans; Andrée donnera naissance à quatre enfants : Patrice, Catherine, Anne (morte à la naissance) et Nathalie.

En 1963, le couple se sépare. Robert Gadouas se donnera la mort en 1969. Voici ce qu'Andrée Lachapelle a à dire à ce sujet :

[...] Le métier d'acteur peut s'avérer très cruel pour ceux qui, trop sensibles, en font leur unique raison de vivre. Robert Gadouas faisait partie de cette lignée. C'était un être plein de fantaisies et de rêves, au point que cela le rendait très vulnérable, car ses rêves et fantaisies étaient trop débordants pour entrer dans l'espace quand même limité du milieu théâtral. L'intolérance à l'égard de certains artistes, même les plus doués, trouve malheureusement sa place dans ce milieu et c'est dans un silence complice que leurs faiblesses sont souvent pointées du doigt. [...] Avant sa disparition fracassante, Robert n'avait presque plus d'engagements. Pour des raisons que j'ignore toujours, le milieu théâtral le boudait comme s'il ne se souvenait plus de lui. [...] Ce fut une épreuve douloureuse qui m'a ouvert les yeux. À compter de ce moment, j'ai décidé que, pour le reste de ma vie, je ne me laisserai jamais détruire par ce métier, que j'aime par-dessus tout; au contraire, j'ai voulu faire tout ce qui était en mon pouvoir pour qu'il demeure ma principale source d'enrichissement personnel et de joie de vivre.

Marcel Dubé, p. 92

Le 29 mai 1971, elle se marie avec le comédien Dominique Briand. Sa relation avec lui remontait à 1967 et durera 10 ans. C'est sur l'insistance du comédien qu'Andrée Lachapelle obtient le rôle de Blanche Dubois dans la pièce Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams. Cette pièce, montée à Paris, remportera un vif succès en France.

Boursière du Conseil des Arts, elle entreprend, seule, un long voyage qui la mène en Russie, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Autriche, à Paris et à New York. Elle assistera à des cours d'art dramatique afin de connaître les diverses méthodes d'enseignement qu'on utilise dans les écoles d'art dramatique. Cette expérience s'avérera très utile puisqu'en 1998 elle deviendra professeure de lecture à l'École nationale de théâtre, à Montréal.

À son retour au pays, Andrée Lachapelle est à la croisée des chemins. Ses enfants volent de leurs propres ailes : Nathalie aspire à la danse et deviendra comédienne tout comme sa mère, Catherine est musicienne et Patrice exerce le métier de capitaine de navire. Et rien ne va plus entre elle et Dominique Briand. Divergeant d'opinions sur leurs carrières respectives, ils se séparent, mais demeurent de bons amis.

En 1978, Andrée Lachapelle aura une brève relation avec Daniel Desjardins, technicien à la Place des Arts.

Depuis cinq ans environ, elle partage sa vie avec le cinéaste et comédien André Melançon. Ils agissent comme porte-parole du Carrefour familial Hochelaga, organisme communautaire au service des familles.

Tout au long de sa carrière, Andrée Lachapelle a fait sa marque au théâtre. Elle a joué dans nombre de pièces, dont :

L'Ours et la Demande en mariage de Tchekhov, Studio 15

Crime et Châtiment, mise en scène d'Aario Marist, avec la troupe des Compagnons de Saint-Laurent

Ces dames aux chapeaux verts, mise en scène d'Henri Norbert, avec la troupe Trait d'union

Adorable Julia de Somerset Maugham, mise en scène de Loïc Le Gouriadec (1960)

Des enfants de cœur de François Campaux, mise en scène de Loïc Le Gouriadec, Théâtre du Rideau vert (1964)

La Locandiera de Goldoni, mise en scène de Gilles Groulx, Nouvelle Compagnie théâtrale (1965)

Les Beaux Dimanches de Marcel Dubé, Comédie canadienne (1965)

Au retour des oies blanches de Marcel Dubé, mise en scène de Gilles Groulx, Comédie canadienne

Huis clos, mise en scène de Paul Blouin, Théâtre du Rideau vert (1967)

Le Cheval évanoui de Françoise Sagan, mise en scène de François Cartier, Théâtre du Rideau vert (1968)

La Dame de chez Maxim's de Georges Feydeau, mise en scène de Guy Hoffmann, Théâtre du Rideau vert (1970)

Feu la mère de Madame, mise en scène d'André Cailloux, Théâtre du Rideau vert (1971)

Le Canard à l'orange de William Douglas Home, mise en scène de Guy Hoffmann, Théâtre du Rideau vert (1971)

Les Troyennes, Nouvelle Compagnie théâtrale (1971)

Une maison de poupée d'Ibsen, Nouvelle Compagnie théâtrale (1973)

Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams, Paris (1975)

Candida de George Bernard Shaw, mise en scène d'Hubert Noël, Théâtre du Rideau vert (1978)

La Parisienne d'Henri Becque, mise en scène de Jean-Louis Roux, Théâtre du Nouveau Monde (1978)

La Saga des poules mouillées de Jovette Marchessault, mise en scène de Michelle Rossignol, Théâtre du Nouveau Monde (1981)

Anaïs dans la queue de la comète de Jovette Marchessault, mise en scène de Michèle Magny, Théâtre de Quat'Sous (1985)

Les Paravents de Jean Genet, mise en scène d'André Brassard, Théâtre du Nouveau Monde (1987)

La Cerisaie de Tchekhov, mise en scène de Guillermo de Andrea, Théâtre du Rideau vert et Théâtre du Trident (1988)

Les Dernières Fougères de Michel d'Astous, mise en scène d'André Brassard, Théâtre du Rideau vert (1989)

Lettres d'amour d'A.R. Gurney, mise en scène de Michèle Magny, Théâtre du Rideau vert (1991)

Après la chute d'Arthur Miller, mise en scène d'Yves Desgagnés, Compagnie Jean-Duceppe (1994)

Soudain l'été dernier de Tennessee Williams, mise en scène de René Richard Cyr, Compagnie Jean-Duceppe (1995)

Le Passage de l'Indiana de Normand Chaurette, mise en scène de Denis Marleau, Théâtre UBU/CNA (1996)

Titanica, la robe des grands combats, Edmund C. Asher, Londres, 1968 de Sébastien Harrisson, mise en scène de René Richard Cyr, Théâtre d'Aujourd'hui (2001)

Les Fleuves profonds de José Maria Arguedas, mise en scène de José Navas, Théâtre de Quat'Sous (2002)

Les girls arrivent en ville de Clémence Desrochers, mise en scène de Sophie Clément, Théâtre du Rideau vert (2002)

Le metteur en scène André Brassard a bien résumé la merveilleuse personnalité d'Andrée Lachapelle : « Andrée Lachapelle est un cadeau du Bon Dieu à l'humanité souffrante. Elle est aussi belle en dedans qu'en dehors. Elle fait partie de cette race de gens qui pourraient s'asseoir sur leurs lauriers. Mais elle est encore inquiète, passionnée. » (Véronique Robert, p. 250)


Distinctions et engagements

De 1980 à 1988 — Présidente de la Galerie Maximum, qui favorise la diffusion des arts carcéraux

1985 — Nomination au grade d'Officier de l'Ordre du Canada; distinction décernée par la très honorable Jeanne Sauvé pour honorer ses talents d'actrice exceptionnels ainsi que son dévouement au service du Canada et de l'humanité

Depuis 1985 — Engagement dans l'organisation des auditions du Théâtre de Quat'Sous

Depuis 1989 — Membre du comité du financement d'Amnistie internationale

1993 — Première présidente du Conseil québécois du théâtre et ambassadrice des couturiers québécois

1994 — Engagement au sein de l'organisation du premier Gala du Théâtre télédiffusé par la Société Radio-Canada (La Soirée des Masques)

1998 — Nommée Chevalier par le Secrétariat de l'Ordre national du Québec

2000 — Récipiendaire du prix du « Mérite du français dans la culture ». Ce prix est remis chaque année à une personnalité qui mène une carrière d'artiste interprète, de créateur ou d'auteur, et dont la qualité d'expression en français est reconnue du grand public. Ce prix est décerné par l'Union des artistes, l'UNEQ et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), en collaboration avec l'Office de la langue française.


Ressources

Alonzo, Anne-Marie. — « Mon tête-à-tête avec Andrée ». — La vie en rose. — No 30 (octobre 1985). — P. 44-46

Arbique, Louise. — Le Théâtre du Rideau vert : 50 ans à célébrer le théâtre, 1949-1999. — Montréal : Leméac, 1999. — 203 p.

Doucet, Sophie. — « Andrée Lachapelle : belle dedans comme dehors ». — Femme plus. — Vol. 13, no 3 (avril 2000). — P. 84-85

Dubé, Marcel. — Andrée Lachapelle : entre ciel et terre. — Montréal : Éditions Mnémosyne, 1995. — 117 p.

Dupont, Sylvie. — « Scènes de la vie maternelle en vue ». — Elle Québec. — No 79 (mars 1996). — P. 30-31

Gauthier, Jean-Louis. — « André Lachapelle : 'Jouer, c'est retrouver l'état d'enfance' ». — Châtelaine. — Vol. 23, no 11 (novembre 1982). — P. 74-80

Gouverneur général du Canada. — Officier de l'Ordre du Canada : Andrée Lachapelle, O.C. [en ligne]. — [Réf. du 10 septembre 2003]. — Accès : www.gg.ca/honours/nat-ord/oc/index_f.asp

Laurendeau, Francine. — « Un don et un abandon : entretien avec [la comédienne et actrice] Andrée Lachapelle ». — Jeu. — No 88 (septembre 1998). — P. 68-72

Laurin, Danielle. — « Qu'avons-nous appris des hommes? ». — Elle Québec. — No 80 (avril 1996). — P. 81-86

Lévesque, Solange. — « Un rêve d'enfance : entretien avec Andrée Lachapelle ». — Jeu. — No 89 (décembre 1998). — P. 141-156

Millot, Pascale. — « La vie, l'amour, la gloire selon Andrée Lachapelle, Louise Portal et Marie-Chantal Perron ». — Châtelaine. — Vol. 38, no 10 (octobre 1997). — P. 39-48

Robert, Véronique. — « [Andrée Lachapelle] : drôle d'ange ». — L'actualité. — Vol. 13, no 11 (novembre 1988). — P. 246-252

Roy, Monique. — « Chirurgie esthétique : deux points de vue s'affrontent ». — Châtelaine. — Vol. 38, no 5 (mai 997). — P. 66-73

Secrétariat de l'Ordre national du Québec. — Andrée Lachapelle (Chevalier 1998) [en ligne]. — [Réf. du 10 septembre 2003]. — Accès : www.cex.gouv.qc.ca/g/html/onq/98/98_22.htm

Wera, Françoise. — « Entretien avec Andrée Lachapelle ». — Ciné bulles. — Vol. 10, no 3 (avril-mai 1991). — P. 4-6

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