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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Beatrice Lillie

Photo de Beatrice Lillie en train de se regarder dans un miroir

(1894-1989)
Monologuiste comique

Beatrice Lillie, en 1948
Source


« La femme la plus drôle au monde », « La catastrophe canadienne », « Queen Bea » et, évidemment, « Lady Peel » sont les titres officiels et officieux qu'on a attribués à la comédienne Beatrice Lillie.

Le 29 mai 1894, dans le quartier Parkdale du centre-ville de Toronto, naissait Beatrice Gladys Lillie, fille de John et de Lucy Lillie. Lucy Lillie, aspirant personnellement à faire carrière dans l'industrie du spectacle, veille à ce que ses filles reçoivent une formation musicale dès leur jeune âge. Beatrice suit des cours de chant et d'art dramatique, alors que sa sœur aînée, Muriel, passe de nombreuses heures au piano.

Au cours de leurs études secondaires, les deux sœurs se produisent dans des théâtres locaux et font des tournées en Ontario. Prenant l'affiche sous le nom de Lillie Trio - High Class Entertainers, le spectacle comprend des arias classiques jouées par Lucy, des chansons comiques interprétées par Beatrice en costume et l'accompagnement au piano par Muriel, qui se produisait aussi en solo.

Comme la carrière de pianiste de Muriel devient très prometteuse grâce à de nombreuses leçons au Toronto Conservatory of Music, Lucy Lillie décide d'amener Muriel en Europe afin de lui permettre de poursuivre ses études. Beatrice reste au Canada pour y terminer ses études au St. Agnes College de Belleville, en Ontario.

En 1914, Beatrice suit Lucy et Muriel à Londres. André Charlot, producteur de revues, reconnaît immédiatement ses talents de comédienne lors d'une audition. Beatrice Lillie fait ses débuts la même année sur la scène londonienne de l'Alhambra Theatre dans une production intitulée Not Likely.

Elle travaille régulièrement par la suite, apparaissant dans plusieurs spectacles, y compris 5064 Gerrard et Now's the Time en 1915, Samples en 1916, Some et Cheep en 1917, Oh Joy! en 1918 et Bran Pie en 1919.

La taille mince et les cheveux coupés courts conformément au goût du jour, elle incarne plusieurs rôles masculins, nombre d'hommes se retrouvant au front.

Durant sa carrière sur la scène de Londres, elle façonne son propre style comique et l'un de ses gestes caractéristiques : faire tourner un long collier de perles. Beatrice a besoin de se produire devant un auditoire parce qu'elle reçoit ainsi une rétroaction immédiate qui lui permet d'improviser selon l'humeur de l'auditoire, ce qui ne fait pas toujours le bonheur des autres acteurs ou des producteurs. Après l'une des improvisations de Beatrice, André Charlot a même affiché une note en coulisses se lisant comme suit : Beatrice Lillie, amende de cinq shillings pour avoir tenté d'être drôle.

En 1920, Beatrice épouse Robert Peel et donne naissance peu après à son fils unique Bobbie. Sa carrière ne ralentit pas. Elle se produit dans Up in Mabel's Room en 1921 et dans Nine O'Clock Revue qui tient l'affiche durant toute l'année 1922.

Beatrice joue son premier rôle au cinéma en 1926 dans le film muet Exit Smiling. Elle n'apprécie guère l'expérience du cinéma en raison de l'absence d'auditoire. Dans son autobiographie, elle raconte qu'elle a refusé pendant longtemps de regarder Exit Smiling, car elle trouvait trop pénible de se regarder faire et de ne pouvoir rien changer.

Elle passe maintenant la plus grande partie de son temps à New York à jouer dans des comédies musicales. Elle partage la vedette avec son très bon ami Noel Coward dans sa pièce This Year of Grace en 1928 et se produit devant de vastes auditoires enthousiastes qui contribuent à sa célébrité. Elle travaille de nouveau avec Noel Coward en 1932 alors qu'elle lance sa chanson « Mad Dogs and Englishmen » dans The Third Little Show.

Son mari, sir Robert Peel, de qui elle n'avait jamais divorcé, meurt subitement en 1934, lui laissant de grosses dettes. Elle continue à travailler en jouant dans la revue At Home and Abroad, sous la direction de Vincente Minnelli, en 1935, où elle a la vedette, puis dans The Show is On avec Bert Lahr. En 1936, elle joue dans le film Dr. Rhythm aux côtés de Bing Crosby.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle divertit les troupes à divers endroits, notamment en Angleterre, en Allemagne et en Afrique. Cette période s'avère difficile pour Beatrice parce que son fils Bobbie, qui servait à bord du H.M.S. Tenedos, est porté disparu au combat en 1942. Elle semble trouver son réconfort dans son travail et son horaire est plus chargé que jamais.

Après la guerre, elle se produit dans une revue intitulée Inside the USA où elle rencontre un acteur et chanteur nommé John Philip Huck. Beaucoup plus jeune qu'elle, il devient néanmoins son compagnon et son gérant.

En octobre 1952, elle crée son propre spectacle, An Evening with Beatrice Lillie, dans lequel elle incorpore ses plus grands succès; le spectacle est présenté pour la première fois à Broadway. Acclamé par la critique, le spectacle fait trois tournées au Canada. La prestation de Beatrice Lillie lui vaut un Special Tony Award en 1953.

En 1957, elle interprète le rôle d'une « revivaliste » dans Around the World in Eighty Days et, en 1958, elle est mise en nomination pour un Tony Award pour son rôle dans Ziegfeld Follies, qui joue en 1957, mais qui ne tient l'affiche à Broadway que très peu de temps. Elle succède également à Rosalind Russell dans le rôle-titre dans Auntie Mame en 1958.

En 1964, à l'âge de 70 ans, Beatrice Lillie incarne Madame Arcati dans High Spirits à New York. Cette adaptation musicale de la comédie de Noel Coward, Blithe Spirit (1941), est dirigée par Coward lui-même à New York. La comédienne est de nouveau mise en nomination pour un Tony Award pour cette prestation.

Malgré une mémoire défaillante et des signes d'Alzheimer, Beatrice fait une dernière apparition à l'écran dans le rôle de Mme Meers dans Thoroughly Modern Millie en 1967. Elle réussit également à terminer son autobiographie Every Other Inch a Lady en 1972 avant d'être victime d'accidents cérébrovasculaires en 1974 et en 1975.

Après une carrière sur la scène de six décennies, Beatrice meurt de causes naturelles le 29 janvier 1989 à sa demeure de Henley-on-Thames, en Angleterre. À peine 31 heures plus tard, son fidèle compagnon John Philip Huck décède d'une crise cardiaque.

Le 14 mars 1989, dans le quartier Parkdale de son enfance, le bureau de santé publique du 1115, rue Queen Ouest, à Toronto est nommé l'édifice Beatrice-Lillie lors d'une cérémonie présidée par le prince Philip, duc d'Édimbourg.

Ressources

Baxter, A.B. — « Girl who had no talent ». — Maclean's. — (February 1, 1955). — P. 4, 42-43

Dugan, J. — « Ungilded Lillie ». — Maclean's. — (July 15, 1948). — P. 20, 33-36

Laffey, Bruce. — Beatrice Lillie : the funniest woman in the world. — New York, N.Y. : Wynwood Press, c1989. — 296 p.

Lillie, Beatrice. — An evening with Beatrice Lillie [enregistrement sonore]. — London, [1955?] — 1 sound disc : analog, 33 1/3 r/min.

____. — Queen Bea [enregistrement sonore] : a musical autobiography. — New York : DRG Archive, p 1979. — 2 sound discs : analog., 33 1/3 r/min.

Lillie, Beatrice ; Brough, James. — Every other inch a lady. — Aided and abetted by John Philip. — London : W.H. Allen, c1972. — 318 p.

Martin, Linda ; Seagrave, Kerry. — « Beatrice Lillie ». — Women in comedy. — Secaucus, N.J. : Citadel Press, c1986. — P. 121-128

Moore, James Ross. — « Lillie, Beatrice ». — American National Biography Online [en ligne]. — [Réf. du 28 août 2003]. — Accès : www.anb.org/articles/18/18-03546.html (Disponible en anglais seulement)

On approval [enregistrement vidéo]. — Réalisation de Clive Brook. — New York, NY : Kino on Video, c1996

Thoroughly modern Millie [enregistrement vidéo]. — Universal City, Calif. : MCA Universal Home Video, c1990. — Beatrice Lillie as Mrs. Meers

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Droits d'auteur/Sources