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ARCHIVÉE - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations

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Judith Marcuse

Photo de Judith Marcuse assise par terre dans un jardin

(1947- )
Productrice artistique, chorégraphe, danseuse et enseignante

Judith Marcuse
Source


« ...My wish is that we all make art part of our efforts to create a better, more compassionate world 1. » [traduction libre : ...Mon souhait, c'est que nous fassions tous de l'art une partie de nos efforts pour créer un monde meilleur et plus humain.]

L'excellence artistique conjuguée à la pertinence sociale constitue le trait dominant de la carrière de Judith Marcuse, l'une des chorégraphes les plus créatrices et novatrices du Canada. Judith Marcuse, fondatrice et productrice artistique de DanceArts Vancouver, s'initie très jeune à la danse et à la chorégraphie, ainsi qu'au militantisme. Elle commence son apprentissage de la danse sous la direction de sa tante, Elsie Salomon, pionnière de la danse contemporaine à Montréal. Judith se souvient de cette période : « Nous apprenions, pendant un bon tiers des leçons, à créer nous-mêmes des danses. » (Preston, p. 27) Son engagement social lui vient de ses parents, qui l'ont initiée au militantisme dès son enfance en l'amenant participer à des marches de protestation.

Judith Marcuse commence sa formation en ballet classique à Montréal, puis elle entre, à quinze ans, à la prestigieuse Royal Ballet School de Londres. Elle a l'occasion de se produire avec plusieurs compagnies de danse classique et contemporaine réputées partout dans le monde : Les Grands Ballets canadiens, le Royal Ballet de Londres, le Ballet de Genève, la Bat-Dor Dance Company d'Israël, la Oakland Ballet Company de Californie et le Ballet Rambert d'Angleterre. Décrivant ses premières expériences dans le domaine de la chorégraphie, Judith Marcuse déclare : « I had so much material to release, it came flying out of me » [traduction libre : J'avais tellement de choses à exprimer que tout est sorti en vrac] (Simand, p. E11). Dès ses premières œuvres, notamment Baby (1975), qu'on décrit comme une pièce féministe, et Four Working Songs (1976), qui traite de la relation des femmes avec le travail, Judith Marcuse s'affirme comme une chorégraphe audacieuse établissant des liens entre la danse et le monde réel. On la reconnaît rapidement comme l'une des étoiles montantes de la chorégraphie canadienne; elle gagne les deux principaux prix du Canada en chorégraphie : le Prix Chalmers en 1976 et le Prix Clifford-E.-Lee en 1979. C'est aussi au cours de cette période qu'elle commence à enseigner la danse.

En 1980, Judith Marcuse forme la Judith Marcuse Dance Projects Society à Vancouver et met sur pied, en 1984, la Judith Marcuse Repertory Dance Company. Cette compagnie met en scène les œuvres novatrices de nombreux chorégraphes canadiens et étrangers et fait de nombreuses tournées, donnant des représentations et des ateliers tant dans les grands centres que dans les petites collectivités. On décrit son travail au cours de cette période tantôt comme du ballet contemporain, tantôt comme de la danse moderne s'appuyant sur la technique du ballet. Judith Marcuse travaille aussi avec des compagnies d'opéra et de théâtre et crée plusieurs films primés sur la danse.

Au milieu des années 1990, la compagnie de Judith Marcuse devient DanceArts Vancouver — nom qui reflète l'importance que Judith Marcuse accorde à la collaboration dans le domaine des arts. Elle dit de DanceArts Vancouver : « We see ourselves as committed to playing a relevant role in the community and that we seek collaboration with other artists to create a vibrant presence for the arts, combining excellence in creation with relevance to society... We believe that relevant, excellent art practices can be transformative tools, creating positive social change 2. » [traduction libre : Nous nous percevons comme engagés à jouer un rôle pertinent dans la collectivité et nous cherchons à collaborer avec d'autres artistes à créer une présence dynamique des arts qui allie l'excellence en création à la pertinence pour la société... Nous croyons que d'excellentes pratiques artistiques pertinentes peuvent être des outils de transformation amenant des changements sociaux positifs.]

En 1995, DanceArts lançait le projet KISS, projet annuel multidisciplinaire réalisé à Vancouver pour rassembler des créateurs et des artistes de spectacle de disciplines normalement cloisonnées. Ce projet, qu'on a décrit comme un festival de vulgarisation et d'éducation artistique, a appuyé la création et la production d'œuvres de dramaturges et de chorégraphes; chaque œuvre devait durer cinq minutes et contenir un baiser. Judith Marcuse explique ainsi le thème du festival : « Nous avons tenté de rapprocher des gens qui ne se connaissaient pas. D'où la métaphore du baiser, de la prise de contact. » (Preston, p. 30)

Les plus remarquables réalisations de DanceArts Vancouver concernent le travail de collaboration avec la jeunesse : ICE: beyond cool et FIRE: where there's smoke. Dans la création de ces œuvres, Judith Marcuse travaille avec d'autres artistes professionnels à diriger des ateliers élaborés avec des adolescents. S'inspirant de l'émotion intense et des problèmes exprimés par les jeunes, elle crée avec ses collègues des œuvres qui donnent une voix puissante à l'angoisse inédite et inexprimée des adolescents. ICE : beyond cool explore la question du suicide chez l'adolescent et FIRE: where there's smoke raconte ce que les jeunes ressentent et pensent au sujet de la violence dans leur vie et dans notre société. ICE fait une tournée nationale en 2000 et la SRC produit une version cinématographique. On est à préparer une tournée nationale de FIRE pour l'automne 2003.

Les fortes réponses que ces productions suscitent de la part des auditoires confirment que Judith Marcuse réussit à créer le genre d'art auquel elle aspire : un art qui devient une force sociale et qui catalyse le changement social. En 2000, Judith Marcuse reçoit un doctorat honorifique de l'Université Simon Fraser de Vancouver en reconnaissance de son engagement envers le mariage de l'excellence artistique et de la pertinence sociale ainsi que pour sa contribution à la danse et au théâtre canadiens.

1. Marcuse, Judith. — Convocation address, Simon Fraser University, 7 June 2000, presented by Judith R. Marcuse, Doctor of Laws (honoris causa) [en ligne]. — [Réf. du 28 mars 2006] — Accès : www.judithmarcuseprojects.ca/judith2.htm

2. DanceArts Vancouver. — About DanceArts Vancouver : excellence in creation, relevance to society [en ligne]. — [Réf. du 28 mars 2006]. — Accès : www.dancearts.judithmarcuseprojects.ca/about.htm

Ressources

Chodan, Linda. — « Judith Marcuse's new dance company a family affair ». — Gazette (Montreal). — (November 10, 1984). — P. C1

Dafoe, Chris. — « Cry for help : the dancers who double as lifesavers ». — The globe and mail. — (April 26, 2000). — P. R4

DanceArts Vancouver [en ligne]. — [Réf. du 28 mars 2006]. — Accès : www.jmprojects.ca (Disponible en anglais seulement)

Marcuse, Judith. — « Stepping out from teenaged angst ». — The Vancouver sun. — (December 7, 1999). — P. A11

Pepper, Kaija. — « Life in art : Judith Marcuse brings the real world into her powerful choreography ». — Dance international. — (Spring 2003). — P. 6-11

Preston, Brian. — « Danser de joie ». — La revue de l'Impériale. — (Automne 1995). — P. 26-30. — Aussi publiée en anglais sous le titre : Imperial Oil review

Simand, Anita. — « 10 years after : Judith Marcuse celebrates anniversary of winning Chalmers Award in Montreal ». — Gazette (Montreal). — (October 16, 1985). — P. E11

Zimmer, Elizabeth. — « [Chalmers Winners] 1976 - Judith Marcuse ». — Dance in Canada = Danse au Canada. — (Winter = Hiver 1977). — P. 24-25

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