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Kathleen Parlow - Enseignement et musique de chambre

Une coûteuse tournée d'un mois et un cachet inadéquat tiennent une place prédominante dans toutes les décisions que les Parlow prennent à partir de ce moment-là. À 40 ans, Kathleen réévalue ses options, attirée de plus en plus par l'enseignement. Comme Emma Albani et Éva Gauthier avant elle, la virtuose pense que c'est le moyen le plus sûr de tirer un revenu de la musique. Elle occupe son premier poste professoral au département de musique du Mills College d'Oakland, en Californie, en 1929. Kathleen Parlow éprouve beaucoup de satisfaction à enseigner à ses élèves de la même façon qu'on lui avait enseigné. En même temps, elle passe des concerts pour soliste au travail d'ensemble et à la musique de chambre. Elle crée un quatuor à cordes dans lequel elle joue comme premier violon, sa première initiative dans ce domaine du répertoire à cordes. En 1933, le Mills College lui octroie un magistère honoraire et, avant l'été 1935, elle a formé au Massachusetts le South Mountain Parlow Quartet. Ainsi, au milieu des années 1930, elle est déjà bien établie dans sa seconde carrière.

Kathleen Parlow quitte le Mills College en 1936 pour entrer à la prestigieuse école de musique Juilliard. Pourtant, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Kathleen et Minnie décident qu'elles ne pouvaient rester dans cette Amérique isolationniste, alors que leur patrie est en guerre. Elles prennent donc la décision qui, finalement, ramène cet immense talent dans son pays natal.

Cette décision de revenir définitivement au Canada est grandement facilitée lorsque le Royal Conservatory of Music de Toronto engage Kathleen Parlow pour une série d'exposés-récitals. Elle a atteint le même niveau qu'Auer, enseignant non seulement à des élèves, mais aussi à des violonistes professionnels. Le violoniste Harry Adaskin note que ses exposés connaissent un immense succès : « Every violinist of note in Toronto was there.… I saw most of the best fiddlers in town coming in and out of her studio. » [traduction libre : Tous les violonistes connus à Toronto étaient là […]. J'ai vu la plupart des meilleurs violonistes en ville défiler dans son studio.] (Canadian Music, p. 3) Cependant, l'argent constitue encore un sujet de préoccupation, et Kathleen Parlow semble souffrir d'un manque d'assurance peu commun. Elle écrit à sir Ernest MacMillan pour le convaincre qu'elle devrait enseigner au conservatoire. « It seems to me I could be of use to the Conservatory and, incidentally, Canada. But I am so cowardly at taking a risk that I really do want a guarantee. Needless to remark, if my actual living is secure[,] I can do so much better work. I don't thrive on anxiety. » [traduction libre : Il me semble que je pourrais apporter quelque chose au conservatoire et, par la même occasion, au Canada. Seulement, j'ai tellement peur de prendre le moindre risque que j'aimerais avoir une garantie. Il va sans dire que[,] dans la mesure où ma vie actuelle est assurée[,] je pourrai faire un bien meilleur travail. Je ne réussis pas dans l'anxiété.] (French, 1967)

La nomination de Kathleen Parlow au Royal Conservatory en 1941 lui apporte temporairement la sécurité financière. Bientôt, la violoniste se produit avec l'Orchestre symphonique de Toronto, sous la conduite de sir Ernest MacMillan. Dès lors, occupée comme jamais, elle enseigne aux élèves dans sa nouvelle maison de Toronto, où les Parlow ont emménagé en mars 1941.

Programme du premier concert du Canadian Trio, donné le 28 novembre 1941 à l'auditorium Eaton de Toronto

Source
Programme du premier concert du Canadian Trio, donné le 28 novembre 1941 à l'auditorium Eaton de de Toronto

C'est peut-être pour ses initiatives novatrices dans le domaine de la musique de chambre que Kathleen Parlow est surtout connue au Canada. Peu de temps après son emménagement à Toronto, elle forme le Canadian Trio avec la violoncelliste Zara Nelsova et sir Ernest MacMillan au piano, tous deux venant de l'Orchestre symphonique de Toronto. Étant donné la maestria du Trio, il n'est guère surprenant que la critique soit enthousiaste. L'Evening Telegram de Toronto affirme que le Canadian Trio a le génie de dire quelque chose que le Canada a très envie d'entendre et qu'il avait fait une entrée époustouflante. Le Globe and Mail, pour sa part, rapporte qu'un nouveau groupe de musique de chambre de très haute distinction avait fait ses débuts à l'auditorium Eaton.

Parlow, Nelsova et MacMillan se produisent ensemble jusqu'au début de 1944, mettant l'accent sur les concerts en Ontario (à l'University of Toronto en octobre 1942, à la Queen's University à Kingston en novembre 1943 et en janvier 1944, etc.) et sur les diffusions radiophoniques. Des documents d'archives montrent que le cachet typique du Trio est de 300 $ pour un concert à Toronto, ce qui, divisé par trois et réduit du coût des photos et de l'imprimerie, laisse environ 88 $ par musicien et par concert. Parfois, ils peuvent demander jusqu'à 750 $ de cachet; cela dépend de l'endroit ainsi que des frais de voyage et autres dépenses.