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Henri Lacroix, joueur d'harmonica (1895-1962)

Photo d'Henri Lacroix jouant de l'harmonica

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Henri Lacroix

Henri Lacroix, joueur d'harmonica, est l'un des nombreux musiciens folkloriques à enregistrer des airs canadiens-français au cours des années 1930. Il enregistre de nombreux disques 78 tours de musique traditionnelle du Québec. On considère que son style influence toujours les musiciens qui perpétuent les traditions de la musique du Québec.

Né à Montréal au mois de février 1895, Henri Lacroix commence à jouer de l'harmonica à l'âge de neuf ans. Comme la plupart des musiciens folkloriques, il acquiert son répertoire musical par tradition orale.

En 1914, alors qu'il a 19 ans, Lacroix s'enrôle dans la Marine royale et joue au sein d'un orchestre de la Marine dans des concerts donnés au Crystal Garden, en Angleterre. (On ne sait pas de quel instrument joue Lacroix.) D'autres Canadiens mettent aussi à profit leurs compétences musicales alors qu'ils sont en service actif au cours de la Première Guerre mondiale; parmi ceux-ci, on retrouve le groupe bien connu des Dumbells et le lieutenant Gitz Rice, pianiste et compositeur.

Photo d'un des premiers orchestres de la Marine canadienne à bord du LADY EVELYN, à Sydney (Nouvelle-Écosse), en 1918

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Un des premiers orchestres de la Marine canadienne à bord du Lady Evelyn, à Sydney (N.-É.), en 1918. Henri Lacroix aurait joué dans un orchestre semblable à celui-ci

L'harmonica, ou musique à bouche, est un instrument qui figure beaucoup dans la musique folklorique du Québec. L'harmonica diatonique, qui se joue en une seule tonalité, fait son apparition au Canada dans les années 1800. Il devient vite l'instrument préféré des gens -- surtout pour la musique de danse folklorique -- parce que c'est un instrument léger, peu coûteux et relativement facile à jouer.

Lacroix termine son service militaire en 1921 et rentre à Montréal. Il continue de donner des concerts dans ses temps libres tout en occupant le jour un emploi sans rapport avec la musique. À la fin des années 1920, il fait partie du spectacle de musique folklorique de Conrad Gauthier, les Veillées du bon vieux temps, au Monument-National de Montréal, où il est accompagné de vedettes de la scène folklorique comme Mary Bolduc et Ovila Légaré. Il participe également à la tournée de la troupe de Mary Bolduc dans les années 1930.

Lacroix produit ses premiers enregistrements en 1927 pour la maison de disques Starr de Montréal (certains sont également vendus aux États-Unis par Columbia). En 1928, Lacroix va enregistrer, en avril, à Plattsburgh (New York), pour la maison de disques Brunswick, en août, à Montréal, pour His Master's Voice, et en novembre, à New York, pour Columbia.

Lacroix enregistre, en outre, des disques comme musicien soliste et comme directeur de plusieurs ensembles, dont Trio d'Henri, Les Gais Villageois, Henri LaCroix et les Sérénadeurs canadiens, Quatuor Lacroix et Henri et ses Habitants. Il se joint également à d'autres musiciens folkloriques pour enregistrer des duos. Ainsi, au mois d'avril 1928, il retourne aux studios Columbia, à New York, pour faire des enregistrements avec Ovila Légaré.

On croit qu'Henri Lacroix a produit 38 enregistrements en 1930 et qu'il en a fait 100 autres avant 1939, ce qui fait de lui l'un des artistes du disque les plus prolifiques du Québec pendant les années difficiles de la Crise économique. Outre les maisons de disques énumérées ci-dessus, la maison de disques RCA Victor a enregistré la musique de Lacroix sur étiquette Bluebird.

Bien qu'il soit lui-même une vedette incontestable de la musique folklorique, Lacroix accompagne des artistes bien connus comme Conrad Gauthier, Isidore Soucy et Ovila Légaré. Comme la plupart des vedettes folkloriques québécoises de l'époque, Lacroix se produit à la radio dans les années 1930. Ces prestations à la radio le font mieux connaître que ses disques, dont les ventes baissent beaucoup pendant ces années de crise. Il se produit, entre autres, sur les ondes de CHLP, à Montréal, avec le violoneux J.O. LaMadeleine.

Le vaste répertoire de Lacroix est représentatif de la musique folklorique traditionnelle du Québec. Il joue des danses traditionnelles, des marches, des valses, des reels et des quadrilles, dont des morceaux bien connus comme « The Devil's Reel ». De plus, Lacroix joue des morceaux propres à certaines régions, la plupart d'origine canadienne, et qui ont peut-être même été composés par lui ou par ses contemporains. Citons le «  Reel du Saguenay  » (sur la rivière Saguenay au Québec), « Quadrille St-Henri » et « Marche de Dorval ». Lacroix, comme ses contemporains, joue également des morceaux américains qui deviennent populaires au Canada (voir « Polka du père Antoine » ci-dessous).

Le catalogue des enregistrements Victor du mois d'août 1929 décrit Lacroix comme un « merveilleux virtuose de l'harmonica ». Parmi les morceaux dont on se souvient le plus, citons « Le Retour d'Henri » et « La Parade des ouvriers ». Dans « Le Retour d'Henri », Lacroix non seulement joue la mélodie sur son harmonica, mais l'enrichit d'accords rythmiques. Pour cet enregistrement, comme pour d'autres d'ailleurs, il n'est accompagné que d'une guitare; dans certains autres enregistrements, on a droit à du piano, du violon, des percussions, une cloche de vache, une guimbarde, des os ou même du papier de verre. Dans « Polka du père Antoine », qu'il enregistre en 1932, un xylophone vient ajouter une couleur plus contemporaine au morceau. Cette polka est tirée de la pièce musicale américaine de 1844 intitulée « Buffalo Gals ». Le fait que Lacroix l'utilise illustre bien comment les chansons traversent facilement la frontière canado-américaine et à quel point elles sont les bienvenues dans les répertoires des musiciens du Québec.

Des dizaines d'années après son succès pendant la Crise économique, Lacroix impressionne toujours par son talent de joueur d'harmonica. Plusieurs de ces meilleurs enregistrements sont repris en 1982 par Folkways Records sur le quatrième album d'une compilation intitulée « Masters of French Canadian Music ».

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les enregistrements d'Henri Lacroix, veuillez consulter la base de données du Gramophone virtuel.


Références

Encyclopédie de la musique au Canada. -- Sous la direction d'Helmut Kallmann et al. -- 2e éd. rev. et augm. -- [Saint-Laurent, Qué.] : Fides, 1993. -- No AMICUS 13213211

« Fonds de la Compo Company Ltd. ». -- Bibliothèque nationale du Canada [en ligne]. -- [Réf. du 9 juin 2003]. -- Accès : www.collectionscanada.gc.ca/4/7/m15-294-f.html

« Fonds Gabriel-Labbé ». -- Bibliothèque nationale du Canada [en ligne]. -- [Réf. du 9 juin 2003]. -- Accès : www.collectionscanada.gc.ca/4/7/m15-390-f.html

Labbé, Gabriel. -- Musiciens traditionnels du Québec (1920-1993). -- Montréal : VLB, 1995. -- 268 p. -- No AMICUS 14357836

_____. -- Les pionniers du disque folklorique québécois, 1920-1950. -- Montréal : L'Aurore, c1977. -- 216 p. -- No AMICUS 21582

Masters of French Canadian music 4 [enregistrement sonore]. -- Selected by Gabriel Labbé. -- New York : Folklore Records, p1982. -- No de l'éd. : RF 115 Folkways Records. -- No AMICUS 5035912

Thérien, Robert. -- « L'histoire de l'industrie du disque au Québec », octobre 2000, manuscrit inédit

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