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Biographies

Juliette Béliveau, comédienne et interprète (1889-1975)

Photo de Juliette Béliveau, dans les années 1930

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Juliette Béliveau, dans les années 1930

Née le 28 octobre 1889, Juliette Béliveau a à peine dix ans lorsqu'elle joue dans La Meunière au Monument-National dans le cadre des Soirées de famille d'Elzéar Roy. Deux ans plus tard, on la retrouve dans la distribution de La Case de l'oncle Tom au Théâtre National avec la troupe de Paul Cazeneuve (dont faisait partie, à cette époque, Fannie Tremblay-Brémont). Après des études de diction à l'Académie Marchand, Juliette Béliveau incarne Fanfan dans La Famille Benoîton (1902) de Sardou au théâtre Les Nouveautés avant de créer le rôle-titre de la pièce Véronica (1903) que l'auteur Louis Fréchette aurait écrit pour Sarah Bernhardt. Les deux femmes se rencontrent d'ailleurs en 1905 lors d'une représentation québécoise de la Diva.

Photo de Juliette Béliveau, en 1915

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Juliette Béliveau, en 1915

À la fermeture du Théâtre des Variétés, Juliette Béliveau joue avec la troupe du Conservatoire Lasalle et avec celle du Nationascope (1911). Après avoir réduit ses activités théâtrales pendant quelques années à la suite de son mariage (1916), Juliette Béliveau donne la réplique au comédien J. Hervey Germain dans Les Aventures d'Aglaé qui tient l'affiche du Ouimetoscope durant 52 semaines.

À compter de 1920, elle enregistre quelques chansons fantaisistes et plus d'une centaine de sketches humoristiques sur disques Starr avec Elzéar Hamel, Alexandre Desmarteaux, Eugène Daigneault, Ovila Légaré et surtout J. Hervey Germain. Parallèlement, Juliette Béliveau tient la vedette dans une centaine de comédies bouffes au Théâtre National, dont Envoye, envoye de Paul Gury, En roulant ma boule, Dans l'Ouest, ma chère et Boum, ça y est d'Almer Perreault, Montréal fin d'année de J.R. Tremblay, As-tu vu Gédéon? d'Armand LeClaire, Viens pas m'achaler, À ton tour, Ti-Coq et Fridolin. Ce dernier personnage inspire à Gratien Gélinas ses Fridolinades, qu'il présentera dix ans plus tard avec Juliette Béliveau et Juliette Huot comme vedettes principales.

L'essor de la radio au cours des années 1930 ouvre de nouvelles voies à la comédienne. Elle fait partie de la distribution de plusieurs radioromans, dont « Le Curé de village » (CKAC, 1935-1938), « Rue principale » (CKAC, 1937-1959) et « Un homme et son péché » (SRC, 1939-1957), en plus d'animer avec Henri Letondal « L'Heure provinciale » (CKAC). Sa popularité atteint un sommet avec « Le Programme Juliette Béliveau » (CKAC, 1947-1950). En plus de ses rôles dans divers radioromans, Juliette Béliveau incarne au théâtre le rôle de tante Clara dans Ti-Coq de Gratien Gélinas.

Photo de Juliette Béliveau en compagnie du personnage traditionnel Ladébauche

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Juliette Béliveau en compagnie du personnage traditionnel Ladébauche

Le cinéma québécois naissant fait appel au talent de Juliette Béliveau dans Un homme et son péché (1949) de Paul L'Anglais, Le Gros Bill (1949) et Le Rossignol et les Cloches (1950) de René Delacroix et Ti-Coq (1952) de Gratien Gélinas. Son rôle de tante Clara lui vaut d'ailleurs le Castor 1953 du meilleur rôle de soutien au cinéma québécois.

À la télévision, elle tient des rôles dans les téléromans « La Famille Plouffe » (SRC, 1953-1957), « La Feuille au vent » (SRC, 1953-1954), « Toi et moi » (SRC, 1954-1960), « Les Quat' fers en l'air » (SRC, 1954-1955), « Grandville, P.Q. » (SRC, 1956), « La Pension Velder » (SRC, 1957-1960), « Les Belles Histoires des pays d'en-haut » (SRC, 1956-1970), « Sous le signe du lion » (SRC, 1961), « Le Pain du jour » (SRC, 1962-1965), « Rue de l'Anse » (SRC, 1963-1965), « Septième Nord » (SRC, 1963-1967) et « Rue des Pignons » (SRC, 1966-1977). Elle fait également partie de la série « Mes jeunes années » (SRC, 1952-1954) aux côtés de Colette Bonheur et est invitée à toutes les émissions de variétés.

Après une absence de quelques années, Juliette Béliveau revient à la scène dans Sonnez les Matines (1956) de Félix Leclerc. Puis elle joue dans Hennie soit qui joual y pense (1961) au Stella, Les Choutes (1961) et Qui s'y frotte s'y pique (1962) au Théâtre du Rideau Vert et dans les revues musicales Gai gai la belle province (1966) et Terre des femmes (1968) de Muriel Millard.

Comédienne très populaire et appréciée, Juliette Béliveau devient même l'héroïne d'une bande dessinée (signée par Raymond Deslauriers, puis par Dick Lucas) que publie l'hebdomadaire artistique Radiomonde de 1950 à 1954. En 1956, l'Union des artistes fête en grandes pompes, à l'hôtel Queen Elizabeth de Montréal, les cinquante ans de carrière de la comédienne. En outre, 2500 personnes lui rendent hommage le 11 mars 1972 lors d'un gala télévisé au Théâtre St-Denis de Montréal. Juliette Béliveau décède à Montréal le 26 août 1975.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les enregistrements de Juliette Béliveau, veuillez consulter la base de données du Gramophone virtuel.

Robert Thérien, chercheur en musique, Montréal


Références

Martineau, Denyse. -- Juliette Béliveau. --Montréal : Éditions de l'Homme, 1970. -- 218 p. -- No AMICUS 3553685