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Emma Albani fait ses débuts à l'opéra à Messine, en Sicile, en 1870; elle chante le rôle d'Amina dans La Sonnambula
Le 2 avril 1872, Emma Albani débute à Covent Garden dans le rôle d'Amina dans La Sonnambula et son interprétation impressionne profondément le public et la critique. Ses admirateurs l'inondent de fleurs et de bijoux et un des critiques écrit : « Le grand événement du mois a été le succès de Mlle Albani, qui a fait ses débuts dans le rôle d'Amina dans La Sonnambula. Douée d'une véritable voix de soprano, d'une exécution facile et non exagérée et d'un remarquable pouvoir de sostenuto dans le haut de son registre, cette jeune chanteuse s'est gagné d'emblée la bonne opinion de son auditoire… il ne fait aucun doute que ses futures prestations justifieront pleinement le verdict rendu si unanimement et correctement à la suite de sa première apparition 8. » [traduction libre]
Bien qu'elle ne soit âgée que de 24 ans à ses débuts à Covent Garden, Emma s'était déjà produite dans huit opéras différents dans cinq villes européennes.
Emma Albani commence à s'intéresser à l'oratorio (œuvres musicales d'envergure sur un thème sacré) par l'entremise de deux musiciens dont elle fait la connaissance durant sa première saison à Covent Garden. Le compositeur et chef d'orchestre sir Julius Benedict et l'organiste de Covent Garden, Joseph Pitman, encouragent Emma à ajouter des oratorios à son répertoire, car nombreuses sont les occasions de chanter des oratorios et des pièces de musique profane en raison de la multitude de festivals de musique qui se tiennent chaque année dans toutes les provinces anglaises. Emma Albani se voit offrir un rôle mineur au Festival de Norwich en octobre 1872, qu'elle accepte avec empressement. Elle chante « Angels, ever bright and fair », extrait de Theodora de Haendel, et entreprend ainsi une carrière d'oratorio qu'elle poursuivra longtemps après la fin de sa carrière d'opéra.

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La scène de la folie de Lucia di Lammermoor de Donizetti, probablement écrite par Emma Albani
Après avoir chanté au Festival de Norwich, elle se rend à Paris remplir un engagement à la salle Ventadour, puis revient à Londres pour sa deuxième saison à Covent Garden. Au cours de cette saison, elle chante les rôles d'Ophelia dans Hamlet et de la comtesse dans Le Mariage de Figaro pour la première fois. Son engagement suivant la mène très loin de Londres. En effet, en novembre 1873, elle part pour la Russie et se produit d'abord à Moscou dans les opéras La Sonnambula, Rigoletto, Hamlet et Lucia di Lammermoor, puis à Saint-Pétersbourg, où le tsar assiste à la représentation et tient à féliciter personnellement les chanteurs. Emma Albani est renversée par l'enthousiasme de l'auditoire russe qui, à plus d'une reprise, l'applaudit pour pas moins de vingt rappels dans une soirée.

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Emma Albani dans le costume qu'elle pourrait avoir porté pour jouer le rôle de Lucia dans Lucia di Lammermoor
Durant sa troisième saison à Covent Garden (1874-1875), Emma Albani chante à peu près le même répertoire qu'à ses deux premières saisons : La Sonnambula, Lucia di Lammermoor, Linda di Chamounix et Marta de Flotow. Dans sa biographie intitulée Emma Albani: Victorian Diva, Cheryl MacDonald laisse entendre que les rôles d'Emma Albani à Covent Garden étaient confinés à ces opéras à cause de la « vive concurrence » existant entre chanteurs : « les sopranos et, dans une moindre mesure, les ténors avaient une attitude extrêmement possessive à l'égard de leurs rôles. Certains opéras « appartenaient » à certains chanteurs et aucun autre chanteur de la compagnie ne pouvait avoir ces rôles sans risquer d'être mis à l'index et de s'attirer la pleine mesure de l'ire de leurs collègues 9. » [traduction libre]

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Emma Albani portant la croix de perles que lui a donnée la reine Victoria
Heureusement, Emma Albani obtient de nombreux autres engagements, tant publics que privés, à l'extérieur de Covent Garden qui lui donnent l'occasion d'explorer un autre répertoire. Juste après la fin de sa troisième saison à Covent Garden, une telle occasion se présente, qui enchante Emma -- la reine Victoria commande à la jeune cantatrice de présenter un concert au château de Windsor. En juillet de 1874, Emma Albani rencontre la reine pour la première fois et chante « Caro Nome » de Rigoletto, « Robin Adair », « Ave Maria » de Gounod et « Home, Sweet Home » 10.
La reine Victoria était un mécène averti et bien informé dans le domaine de la musique. Felix Mendelssohn avait été son professeur et, au cours de ses études, elle avait éprouvé un intérêt pour une grande variété de styles musicaux. Dans ses concerts subséquents pour la Reine, on invite Emma Albani à chanter des chansons françaises et écossaises ainsi que des œuvres de Brahms, de Grieg, de Haendel et de Mendelssohn 11.