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Le Gramophone virtuel
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Historique

La Machine parlante

Photo de la réplique du phonographe à feuille d'étain d'Edison (MSTC; 1981.0681)

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Réplique du phonographe à feuille d'étain d'Edison (MSTC; 1981.0681)

En 1877, Thomas Edison invente le phonographe, le premier appareil d'enregistrement et de reproduction sonore au monde. Pour effectuer un enregistrement, l'utilisateur doit parler dans un embout, provoquant ainsi la variation de la pression de l'air ou des ondes sonores, ce qui fait osciller un petit diaphragme. Un stylet relié au diaphragme reproduit les vibrations sonores sur une feuille d'étain enroulée sur un cylindre en rotation. Pour écouter l'enregistrement, l'utilisateur place le stylet sur le sillon qui vient d'être tracé et fait tourner de nouveau le cylindre. À mesure que le stylet passe sur les creux et les bosses du sillon, le diaphragme vibre comme il l'a fait lors de l'enregistrement, ce qui crée des ondes sonores reproduisant à peu près le son original. Ce processus de conversion des ondes sonores en un schéma physique plus ou moins permanent pouvant servir à reproduire les sons d'origine demeure le principe de base de tous les appareils d'enregistrement sonore.

Au début, les commerçants vendent ou louent les phonographes comme machines à dicter, mais sans grand succès. Vers 1890, ils découvrent une nouvelle source de profit en installant des appareils payants dans les bars, les galeries marchandes et les pharmacies. Leur popularité a pour effet d'accroître la demande de pièces musicales et de comédies préenregistrées. Toutefois, ce n'est qu'en 1901 qu'on découvre une méthode économique pour copier en grande série des enregistrements sur cylindres. Afin de répondre à la demande, les fabricants de phonographes offrent des modèles moins coûteux à la portée de nombreuses familles de la classe moyenne. Contrairement aux premiers appareils à moteur électrique, ces modèles sont actionnés par des moteurs à ressort que l'on remonte manuellement.

Photo du premier phonographe à moteur à ressort d'Edison, 1896 à 1901 (Peter Lindell/MSTC; 1976.0147)

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Le premier phonographe à moteur à ressort d'Edison, 1896 à 1901 (Peter Lindell/MSTC; 1976.0147)

Le modèle Opera A d'Edison marque l'apogée des phonographes à cylindre. Équipé avec les nouveaux cylindres en celluloïd durci Blue Amberol, cet appareil offre la meilleure qualité sonore de cette époque précédant la Première Guerre mondiale. Néanmoins, après le tournant du siècle, les consommateurs dédaignent de plus en plus les phonographes à cylindre, leur préférant les tourne-disques. Edison abandonne la production des phonographes à cylindre en 1929, mais les dictaphones enregistrant sur des cylindres en cire réutilisables restent courants jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Photo du phonographe Opera A Edison, 1911 à 1913 (MSTC; 1976.0129)

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Le phonographe Opera A Edison, 1911 à 1913, le modèle le plus fidèle à l'époque (MSTC; 1976.0129)

La disparition définitive du phonographe à cylindre inventé par Edison est causée par la mise en marché d'un appareil rudimentaire breveté en 1887 par Émile Berliner. Celui-ci enregistre les sons sur un disque en cire plutôt que sur un cylindre. Au lieu de tracer un sillon vertical dont la profondeur varie, le stylet se déplace latéralement, zigzaguant avec les variations de l'onde sonore. Cette innovation se révèle d'une grande importance, car elle permet à Berliner d'effectuer à peu de frais plusieurs copies à partir d'un disque maître en cire, au moyen de la galvanoplastie d'un moule métallique. Les sillons sont ensuite reproduits sur un matériau plus mou. Berliner emploie d'abord du caoutchouc, mais finit par adopter la gomme-laque, une matière plastique naturelle qui s'amollit en chauffant, mais se durcit en refroidissant. Le plus ancien appareil Berliner était actionné manuellement et faisait jouer un petit disque (de la taille d'un cédérom) pendant un maximum de deux minutes. Cet appareil était à peine plus qu'un jouet.

Photo du premier gramophone de Berliner actionné manuellement, vers 1890 (MSTC; 1977.0123)

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Le premier gramophone de Berliner est actionné manuellement, vers 1890 (MSTC; 1977.0123)

Ce n'est qu'en 1896 que le « gramophone » commence à concurrencer le phonographe à cylindre, après que Berliner a adopté la gomme-laque et installé des moteurs à ressort dans ses appareils. Au tout début du XXe siècle, les tourne-disques deviennent progressivement plus populaires que les phonographes à cylindre. Cela s'explique en partie par la facilité de fabrication et d'entreposage des disques, le niveau sonore plus élevé (mais plus approximatif) des disques et par la célébrité des chanteurs populaires et des grands noms de l'opéra recrutés par les fabricants de disques. En 1906, lors d'une autre campagne de mise en marché, la compagnie Victor Talking Machine, qui a repris aux États-Unis les brevets de Berliner, lance le modèle Victrola. Le cornet de cet appareil est dissimulé à l'intérieur d'un meuble, repensé pour décorer les salons de la bonne société.

Photo du modèle populaire Victrola IX commercialisé de 1911 à 1926 (MSTC; 1970.0192)

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Le modèle populaire Victrola IX est commercialisé de 1911 à 1926 (MSTC; 1970.0192)

Au Canada, la production de disques et de tourne-disques commence en 1899, lorsque Berliner ouvre une filiale à Montréal. Le premier des nombreux concurrents canadiens de Berliner ouvre ses portes en 1907, et comme les brevets de base de l'enregistrement sonore commencent à expirer en 1910, un nombre grandissant de fabricants font leur entrée sur ce marché. La plupart d'entre eux profitent de l'expertise acquise dans le travail du bois; ils importent des États-Unis les éléments en métal et les installent dans des meubles fabriqués sur place. Ébranlée par l'apparition de la radiodiffusion au début des années 1920, l'industrie du tourne-disque acoustique sombre complètement au début de la Grande Crise de 1929. Par la suite, les seuls tourne-disques acoustiques fabriqués au Canada sont des modèles portatifs.

Si l'histoire du phonogramme et du tourne-disque m'était contée