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Le Gramophone virtuel
Enregistrements Historiques Canadiens

Historique

Les magnétophones

Après l'avènement des microphones et des amplificateurs électroniques, la révolution technique suivante de l'enregistrement sonore se produit lors de l'introduction des enregistreurs à ruban magnétique. La technologie de l'enregistrement magnétique remonte à 1898, lorsque Valdemar Poulsen brevette le Telegraphon, un appareil qui enregistre les signaux audioélectriques provenant d'un transmetteur téléphonique sous forme de variations d'un champ magnétique sur une corde à piano. Au cours des 30 années suivantes, cette technologie évolue très lentement. Cependant, vers 1930, les progrès accomplis en électronique permettent de commercialiser avec succès, en Europe et en Amérique du Nord, les premiers enregistreurs à fil comme machines à dicter et enregistreurs téléphoniques. À l'extérieur de l'Allemagne, la forme dominante de l'enregistrement magnétique jusqu'en 1950 environ reste le support d'enregistrement en acier, qu'il s'agisse d'un fil ou d'un ruban. Le Blattnerphone, ou enregistreur Marconi-Stille, constitue sans doute le modèle le plus intéressant. Ce gros appareil, qui permettait de faire des enregistrements sur un ruban en acier d'une largeur de trois millimètres, a été mis au point en Allemagne et vendu à plusieurs stations de radio, dont le prédécesseur de la Société Radio-Canada, en 1935.

Photo d'un Blattnerphone, 1933 (MSTC; 1969.0727)

Source
Une bobine chargée d'un Blattnerphone pesait 15 kg, 1933 (MSTC; 1969.0727)

À peu près à la même époque que celle de l'introduction de l'appareil Blattnerphone, d'autres chercheurs allemands perfectionnent une méthode qui consiste à enrober de particules d'oxyde de fer un mince ruban en celluloïd. Non seulement le ruban ainsi obtenu devient-il beaucoup plus léger et compact qu'un fil ou un ruban en acier, mais il est aussi plus facile d'en magnétiser les particules de fer. Après la Seconde Guerre mondiale, les fabricants américains proposent des copies de ces magnétophones allemands. Bien que le premier appareil de ce genre, le modèle Brush BK-401, ait été conçu comme enregistreur personnel, les stations radio et les maisons de disques ne tardent pas à acquérir un grand nombre de modèles professionnels comme l'Ampex 300. Avec ces appareils, on peut non seulement effectuer des enregistrements de haute fidélité et avec peu de bruits de fond, mais on peut également les utiliser pour enregistrer de longues séances ininterrompues. De plus, il devient possible de corriger les erreurs ou d'assembler diverses émissions avec un simple recoupement des passages désirés. À partir des années 1950, les techniciens à l'enregistrement découvrent également que la surimpression sonore ou l'enregistrement sur plusieurs pistes leur permet d'obtenir un résultat idéal, sans avoir à enregistrer tout un ensemble en une seule séance parfaite, mais très éprouvante.

L'encombrement et la complexité des magnétophones à bobine libre rebutent le public, à l'exception des audiophiles. Avec l'utilisation de plus en plus répandue du transistor, on commence à remplacer les tubes à vide, lourds et coûteux en électricité, par des éléments transistorisés. À la même époque, les fabricants mettent au point divers types de cassettes et de cartouches pour simplifier l'utilisation du ruban. Le modèle de cartouche à huit pistes est particulièrement populaire à partir du milieu des années 1960 et jusqu'au milieu des années 1970. En 1963, la compagnie Philips lance la cassette compacte. Au départ, ces cassettes sont destinées aux dictaphones dans les bureaux, mais en 1970 l'utilisation des magnétophones se répand aussi bien dans le public que chez les professionnels. Dans les années 1970, on améliore à tel point la qualité des enregistrements sur cassettes que celles-ci conviennent pour l'écoute de la musique. Les fabricants lancent sur le marché des enregistreurs-lecteurs de cassettes destinés à faire partie d'une chaîne stéréophonique, mais on ne perd pas de vue le magnétophone portatif pour autant. En 1980, Sony lance le modèle Walkman, un appareil stéréophonique personnel muni d'écouteurs, tenant dans la paume de la main et utilisable partout. Les autres fabricants ne tardent pas à fabriquer eux aussi des appareils stéréophoniques portatifs, ou appareils radiocassettes qui, comme le nom l'indique, combinent un magnétophone à cassettes avec un amplificateur plus puissant et des haut-parleurs.

Si l'histoire du phonogramme et du tourne-disque m'était contée