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ARCHIVÉE - En quarantaine :
la vie et la mort à la Grosse-Île, 1832-1937

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Bannière : Collage de photos en noir et blanc d'une jeune femme portant une blouse blanche, de deux hommes moustachus en tenue, de deux femmes, d'une croix celtique en pierre et de quatre personnes en tenues identiques assises sur la rampe d'un porche

La station de quarantaine de la Grosse-Île

Aménagement des édifices et installations

Les premiers aménagements

Carte en couleur, dessinée à la main, affichant des immeubles et un quai sur Grosse-Île

Source

Carte du secteur ouest de la Grosse-Île avec les premiers bâtiments construits en 1832. Le quai projeté ici sera réalisé à un autre endroit

Carte de Grosse-Île dessinée à la main montrant des immeubles et l'altitude topographique

Source

Carte de Grosse-Île vers 1850 sur laquelle on peut voir les 12 lazarets construits en 1847 dans le secteur est pour loger les convalescents du typhus (page 1 de 2)

Photographie en noir et blanc d'un homme debout à côté de plusieurs charriots à l'extérieur d'un petit immeuble doté d'une grande cheminée en brique

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L'édifice de désinfection après sa construction en 1893

Photographie en noir et blanc d'un grand immeuble en pierre

Source

Construit en 1914, l'hôtel de troisième classe a une capacité de 280 lits répartis dans 52 chambres

Dès le printemps suivant l'adoption de la Loi sur la quarantaine de 1832, les autorités coloniales dépêchent à la Grosse-Île les militaires du 32e Régiment de l'armée britannique. À cette époque, les seuls édifices présents - des bâtiments de ferme et une maison - sont situés dans la partie est de l'île.

Les premiers bâtiments de quarantaine sont aménagés à la hâte au centre et dans le secteur ouest de l'île, séparés par une barrière. De caractère temporaire, ils sont en bois, sur pilotis. Le secteur ouest est choisi pour y débarquer les immigrants car il se trouve naturellement isolé par un rétrécissement qui forme pratiquement une presqu'île. On y érige un hôpital d'une capacité de 48 lits pour les cas de choléra. Deux logements clôturés pour les biens portants en observation se trouvent à proximité. Chacun d'eux accueille les quelques centaines de passagers d'un même navire.

Des casernes en bois sont bâties pour les militaires, dans le secteur Centre. Une batterie de trois canons est installée sur le bord du fleuve pour inciter les capitaines à se conformer à la Loi sur la quarantaine.

Les années qui suivent l'établissement de la station sont consacrées à l'amélioration des infrastructures. Dans la division ouest, on ajoute des logements, des hôpitaux, des chapelles et des magasins de denrées. À l'aube de la tragique saison de navigation de 1847, la capacité d'accueil est de 200  malades et convalescents, et de 800 personnes en santé. Faute de quai, le débarquement des passagers se fait toujours sur la grève.

Réaménagements causés par l'épidémie de 1847

Rien ne prépare les autorités de la Grosse-Île à la tragédie qui survient à l'été 1847. L'annonce d'une épidémie de typhus en Europe force le docteur George Mellis Douglas, surintendant médical de 1836 à 1864, à réaménager à la hâte la station en vue de l'arrivée de milliers d'immigrants venus d'Irlande. Ces derniers fuient la pauvreté, l'oppression et la famine.

Un quai est construit dans le secteur ouest pour faciliter le débarquement des passagers. On ordonne la construction d'hôpitaux additionnels, dont plusieurs sont préfabriqués à Québec, transportés sur des barges et assemblés sur place par les militaires. De plus, des tentes et des marquises sont dressées autour de l'hôpital du choléra. Les malades finissent par occuper tous les édifices de l'île.

L'ampleur de la tragédie force les autorités à ouvrir le secteur est pour loger les convalescents. Douze grands bâtiments de 200 pieds de long sont érigés à leur intention. En tout, 20 nouveaux édifices viennent changer le visage de la station. Désormais, plus de 5 000 immigrants peuvent être logés et hospitalisés à la Grosse-île. Un dernier édifice d'importance est construit par les militaires avant leur départ, en 1857. Il s'agit d'un lavoir qui facilite grandement le lavage des effets des immigrants et la cuisson des aliments, tâches qui se font désormais à l'abri des intempéries.

La modernisation des installations

Avec l'entrée en fonction du surintendant Frederick Montizambert, en 1869, la Grosse-Île acquiert son caractère permanent et amorce le début de sa modernisation. Dans les années 1870, le secteur du village, au centre de l'île, se développe rapidement. Un bloc de huit maisons s'ajoute pour les chaloupiers et les autres employés. Une église catholique est érigée en face. Une nouvelle maison abrite le surintendant et sa famille. L'ancienne maison du commandant militaire britannique est transformée en presbytère catholique. Une boulangerie, un hôtel pour les passagers de première classe et une chapelle protestante voient le jour.

La modernisation de la station en vue d'optimiser la lutte contre les maladies contagieuses marque une étape importante en 1881 avec la construction de l'Hôpital de la Marine dans le secteur est de l'île. L'hôpital, le premier édifice en brique de la station, regroupe sur deux étages tous les services reliés au traitement d'une centaine de malades : salles de traitement spécifique, dispensaire, cuisine, salle de chirurgie, salle d'attente, pharmacie, chambre pour l'infirmière et salle de séjour. Les immigrants sont soignés dans de grandes salles tandis que des chambres privées sont réservées aux passagers de première classe. Les dépendances de l'hôpital comprennent entre autres deux bâtiments pour la désinfection de la literie, des vêtements et des bagages. Les logements du personnel sont érigés en bordure du fleuve. Le nouvel hôpital améliore les conditions de travail des médecins et des infirmières et permet de prodiguer de meilleurs traitements aux patients.

L'entrée dans le 20e siècle

La construction d'un édifice de désinfection près du quai ouest et la mise en place d'équipements modernes font de la Grosse-Île une station de quarantaine sécuritaire des plus avancées à partir des années 1890. Pour la conception de ces équipements, le surintendant Montizambert s'inspire des systèmes de désinfection des stations de quarantaine qu'il a visitées à la Nouvelle-Orléans, à New York, à Galveston et à Charleston.

Montizambert et l'architecte des Travaux publics conçoivent le modèle des étuves de désinfection à la vapeur surchauffée qui sera utilisé dans toutes les stations canadiennes. Le bâtiment comprend au rez-de-chaussée trois de ces étuves dans lesquelles sont désinfectés tous les effets des passagers. À l'étage, des bains-douches alimentés à l'eau et au bichlorure de mercure assurent la désinfection des passagers.

Au début du 20e siècle, alors que le nombre d'immigrants ne cesse d'augmenter, des travaux majeurs sont entrepris sous la responsabilité du surintendant Georges-Élie Martineau, en poste de 1899 à 1929, afin de fournir aux passagers effectuant un séjour à la station la même qualité d'hébergement que celle à bord des navires. Des hôtels de première, deuxième et troisième classe sont érigés dans le secteur de l'ouest. On installe l'aqueduc et l'eau courante dans plusieurs édifices de l'île et on procède à l'électrification de la station. Un poste de garde à l'entrée du village, une école, une station Marconi, ou télégraphie sans fil, des maisons de médecins en brique, un laboratoire bactériologique ainsi qu'une résidence pour les infirmières complètent la modernisation de la station.

Venez découvrir, dans la Galerie - Aménagement des édifices et installations, d'autres pièces de la collection de Bibliothèque et Archives Canada.