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ARCHIVÉE - En quarantaine :
la vie et la mort à la Grosse-Île, 1832-1937

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Bannière : Collage de photos en noir et blanc d'une jeune femme portant une blouse blanche, de deux hommes moustachus en tenue, de deux femmes, d'une croix celtique en pierre et de quatre personnes en tenues identiques assises sur la rampe d'un porche

La station de quarantaine de la Grosse-Île

Le personnel et les services offert

Lettre manuscrite en écriture cursive

Source

Montizambert demande la permission d'assister à un congrès de l'American Public Health Association à Toronto, en tant que délégué du gouvernement du Dominion, 3 septembre 1886

Portrait photographique en noir et blanc d'un homme bien vêtu regardant à sa gauche

Source

Dr Montizambert, mars 1869. Photographe, William James Topley

Photographie en noir et blanc d'un homme en uniforme de marine debout sur le porche d'un immeuble

Source

Le surintendant Martineau sur la galerie de la maison de l'assistant-médecin vers 1927

Photographie en noir et blanc de deux hommes en uniforme marin debout à l'extérieur

Source

Le bactériologiste Heagherty et le docteur Walter Aylen, assistant-médecin

Photographie en noir et blanc de deux hommes et un cheval labourant un jardin

Source

Les employés de la station de quarantaine cultivent les champs au centre de l'île pour nourrir leur famille

Lettre manuscrite en écriture cursive

Source

Pétition à lord Dufferin, gouverneur général du Canada, de la veuve de Charles Langois, exigeant sa pension, septembre 1874

Au cours de ses années d'activité, la station de quarantaine de la Grosse-Île accueille des centaines d'employés. Ceux-ci veillent sur les immigrants ainsi qu'au bon fonctionnement de l'établissement pendant la saison de navigation, soit d'avril à novembre.

Les premiers occupants sont les militaires du 32e Régiment britannique en poste à Québec. Sous les ordres du capitaine H. Reid, ils aménagent les lieux et construisent les bâtiments. La garnison est présente jusqu'en 1857, alors que le gouvernement britannique cède la propriété et l'exploitation de la station de la quarantaine au gouvernement du Canada-Uni.

Entre 1832 et 1857, l'administration de la Grosse-Île est confiée aux autorités militaires, tandis que l'aspect médical relève des instances civiles. Après 1857, le surintendant médical devient le grand patron de l'île. Il est alors responsable de tous les aspects administratifs ainsi que des services de la station de quarantaine. À ce titre, il assure la coordination des activités du personnel médical, des équipages des bateaux de la station et du personnel de soutien. En 1894, il est nommé surintendant général des stations de quarantaine du Canada.

Trois grands surintendants

Parmi les surintendants, trois se distinguent par la longévité de leur mandat : les docteurs George Mellis Douglas, Frederick Montizambert et Georges-Élie Martineau, qui passent chacun une trentaine d'années sur l'île.

Le docteur George Mellis Douglas, en poste de 1837 jusqu'à sa mort, en 1864, doit composer avec les nombreuses maladies contagieuses présentes sur les navires, notamment le choléra, en 1849 et en 1854, et le typhus, en 1847. Malgré le peu de moyens dont il dispose, Douglas parvient à fournir régulièrement leurs rations aux très nombreux immigrants pauvres et affaiblis qui débarquent sur l'île, et à les assister après des traversées difficiles.

Le docteur Frederick Montizambert, pour sa part, est nommé surintendant en 1869, après trois ans en poste comme médecin inspecteur. Son excellente compréhension du rôle de la quarantaine l'amène à amorcer la modernisation de la station pour la rendre plus efficace. Montizambert s'avère un précurseur dans le domaine de la bactériologie, de l'épidémiologie et de la désinfection scientifique. En 1899, il devient le premier directeur de la santé publique au Canada. D'ailleurs, en 1998, la Commission des lieux et des monuments historiques du Canada reconnaît l'importance historique nationale de ce pionnier des pratiques sanitaires dans les stations de quarantaine au Canada.

Le dernier surintendant de la station, le docteur Georges-Élie Martineau succède au docteur Montizambert de 1899 à 1929. Ses années de service sont marquées par la grande période d'affluence qui s'étend de 1905 à 1913 ainsi que par l'achèvement des travaux de modernisation de l'île.

Équipe médicale

Le personnel médical comprend entre autres le médecin inspecteur. Son rôle consiste à accoster les navires et à les inspecter pour y détecter des symptômes des maladies contagieuses. L'inspection terminée, il est en mesure de libérer les bateaux ou de les mettre en quarantaine. C'est également lui qui vaccine les passagers contre la variole.

D'autres médecins sont engagés pour traiter les malades dans les hôpitaux. Leur nombre varie selon les saisons, en fonction de l'achalandage. En 1847, une trentaine de médecins séjournent à la station pour soigner les immigrants atteints du typhus et de dysenterie.

Enfin, un premier bactériologiste est engagé en 1911 pour travailler dans le nouveau laboratoire du secteur Est de l'île. C'est lui qui analyse les sécrétions et les tissus des malades, et des personnes qui peuvent être porteuses, afin de confirmer les diagnostics.

Le personnel infirmier est constitué de laïcs. Sans formation reconnue avant 1920, ces hommes et femmes acquièrent leur expérience dans les salles de traitement, auprès des médecins. Ils accomplissent une diversité de tâches, telles que la distribution des repas, la désinfection des salles, le nettoyage et le changement des vêtements et de la literie des patients ainsi que la surveillance des symptômes justifiant l'intervention du médecin. Les hommes doivent de plus couper le bois, transporter l'eau et creuser des fosses dans le cimetière.

Travailler à la Grosse-Île n'est pas sans danger. En effet, directement en contact avec les contagieux, le personnel infirmier court un risque élevé de contracter des maladies. D'ailleurs, plusieurs employés en décèdent.

Personnel de soutien

À la Grosse-Île, une équipe essentielle veille au bon fonctionnement de l'hôpital et de la station proprement dite. L'économe responsable des approvisionnements et des comptes supervise également la désinfection des lieux, des gens et de leurs effets ainsi que l'enterrement des morts. Quant aux repas, une cuisinière les prépare dans l'hôpital même.

La pénible tâche de laver la literie souillée par les déjections des malades incombe à la blanchisseuse. Dans les premières années, son travail consiste à placer les couvertures, les paillasses et les linges dans de grandes cages en bois pendant 24 heures pour qu'ils soient rincés par la marée. Ce n'est qu'ensuite qu'elle les met à bouillir et qu'elle les lave avec du savon. À partir des années 1890, des étuves de désinfection facilitent grandement son travail.

Dans le contexte multiculturel de la station de quarantaine, l'interprète a un rôle primordial. Qu'il soit Norvégien ou Allemand, c'est lui qui assure la communication entre les immigrants et le médecin à l'hôpital, et lors de l'inspection à bord des navires.

À la station, les marins disposent dans les premières années de chaloupes à rames pour conduire l'inspecteur médical de même que pour transporter les immigrants et l'approvisionnement. À partir de 1886, l'arrivée des petits bateaux à vapeur pour l'inspection et la désinfection des navires nécessite l'engagement d'équipages plus nombreux. Le premier de ces vapeurs est le Hygiea. Il sera remplacé tour à tour par le Challenger, le Druid, le Polana et l'Alice.

Policiers, gardiens et autre personnel

Les gardiens et les policiers assistent les immigrants lors du débarquement sur l'île. Ils surveillent la barrière qui isole les hôpitaux et celle qui sépare le secteur des immigrants de celui des employés. Les policiers sont en outre appelés à intervenir lors d'éventuels conflits touchant passagers et employés.

Parmi les autres employés présents à la Grosse-Île, mentionnons les boulangers, télégraphistes, préposés à la désinfection, électriciens, institutrices, maîtres de poste, charretiers et journaliers - tous nécessaires au bon fonctionnement de la station.

Au cœur de cette petite société, les prêtres catholiques et les ministres protestants jouent un rôle de premier plan. Une grande partie de leur temps est consacré à la vie paroissiale. En plus d'entendre la confession, d'administrer les derniers sacrements et de célébrer les fêtes religieuses, ils visitent les malades dans les hôpitaux et les familles en observation à qui ils distribuent des images pieuses.

Durant les grandes années d'affluence, au début du 20e siècle, environ 200 personnes habitent sur la Grosse-Île. La plupart sont accompagnées de leur famille. Elles contribuent à la vie du village, autour de l'église, de l'école et de la boulangerie. C'est ainsi que Saint-Luc-de-Grosse-Île est devenu un lieu où il fait bon vivre, au point que certains s'y établissent pendant plusieurs générations.

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