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Groupe d’infirmières militaires non identifiées avec des fleurs à l’extérieur d’une tente, Hôpital général canadien no 2, Le Tréport, France. v.1916-1917

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Groupe d’infirmières militaires non identifiées avec des fleurs à l’extérieur d’une tente, Hôpital général canadien no 2, Le Tréport, France. v.1916-1917

ARCHIVÉE - L'appel du devoir
Les infirmières militaires canadiennes

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Des anges blancs au front

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Le texte qui suit est une version numérisée du texte de Geneviève Allard, « Soigner au front : l'expérience des infirmières militaires canadiennes pendant la Première Guerre mondiale », publié dans Sans frontières : quatre siècles de soins infirmiers canadiens, Christina Bates, Dianne Dodd et Nicole Rousseau (dir.), Ottawa, Les Presses de l'Université d'Ottawa, 2005 (chapitre 10, p. 153-167).
Source

Soigner au front : l'expérience des infirmières militaires canadiennes pendant la Première Guerre mondiale

Geneviève Allard

Introduction

Pendant les années qui précèdent la Première Guerre mondiale, la profession d'infirmière au Canada commence à se structurer : l'ouverture d'écoles de formation et la création d'associations contribuent, entre autres, à établir le statut professionnel du travail de soignante dans la société. Au cours de cette même période, consciente des avantages liés à la présence d'infirmières lors d'opérations militaires, l'Armée canadienne invite des groupes d'infirmières à accompagner les troupes lors de diverses expéditions militaires, invitation qui constitue le prélude à la mise en place d'un réel corps infirmier militaire, qui se fera en 1908. Malgré tout, en septembre 1914, même après une dizaine d'années d'existence, le Corps infirmier militaire canadien compte moins de 30 membres réservistes et seulement 5 membres permanents. De plus, ses membres sont fort mal préparés pour affronter les événements qui se dessinent. C'est quelques mois avant la guerre que Margaret MacDonald est nommée « matrone » en chef du Corps infirmier militaire relevant du Corps expéditionnaire canadien. Forte de son expérience lors de la guerre des Boers et dans les hôpitaux militaires canadiens par la suite, Margaret MacDonald doit mobiliser un convoi d'infirmières militaires qui serviront outre-mer. Un appel est lancé et, moins de trois semaines après la déclaration de guerre par le Canada, des infirmières diplômées, en provenance de toutes les régions du pays, offrent leurs services pour la durée de la guerre. Deux mille trois femmes s'enrôlent dans le Corps infirmier militaire et sont envoyées à l'étranger. Au cours de la guerre, ces quelque 2 000 infirmières soigneront un peu moins de 540 000 soldats en travaillant tout près des lignes de feu, y risquant même leur vie, et ce, en tant que membres à part entière du Corps expéditionnaire canadien. D'ailleurs, 53 d'entre elles perdront la vie en service commandé, ce qui captera l'imaginaire populaire, auréolant ainsi d'un prestige certain toutes ces femmes qui serviront au front.

Pourtant, au tournant du siècle, le front est perçu comme un domaine exclusivement masculin. Les femmes n'ont, en principe, ni les capacités, ni les qualités requises pour y exercer leur métier. Or, la réalité de la Grande Guerre a rendu nécessaire, voire indispensable, la présence de femmes soignantes à proximité des lignes de feu.

Acclamées comme des héroïnes de guerre lors de la démobilisation, ce groupe de soignantes a contribué à donner ses lettres de noblesse à la jeune profession d'infirmière et à son programme de formation, qui a connu son âge d'or dans les années qui ont suivi la Première Guerre mondiale. Serait-ce en partie grâce à la visibilité que les infirmières militaires ont acquise? Bien que nous sachions étonnamment peu de choses sur l'expérience militaire de ces femmes — peu d'historiens s'y sont intéressés et les infirmières elles-mêmes sont restées fort discrètes — , les journaux intimes, la correspondance et le témoignage de ces femmes, que l'on a commencé à recueillir, à analyser et à étudier, démontrent que, sur les plans professionnel et personnel, l'expérience de guerre fut marquante. La présence et la contribution des infirmières au sein du Corps expéditionnaire canadien ont amélioré l'organisation des soins médicaux sur le front et, par conséquent, ont eu un effet appréciable sur la santé physique et mentale des soldats confiés à leurs soins, tout comme le conflit a eu, parallèlement, un impact sur la vie des infirmières.

Il est donc fort intéressant d'examiner les origines et les composantes du Corps infirmier militaire canadien, ainsi que la pratique du métier d'infirmière au front, afin de comprendre comment le travail infirmier militaire à l'époque de la Première Guerre mondiale s'insère dans l'histoire du développement de la profession d'infirmière au Canada et d'en cerner, dans la mesure du possible, les retombées.

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