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ARCHIVÉE - L'appel du devoir
Les infirmières militaires canadiennes

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Des anges blancs au front

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Le travail des infirmières militaires

Les conditions de vie

Rien dans les conflits qui ont précédé la Première Guerre mondiale n'a laissé présager l'ampleur qu'elle allait prendre. De nouvelles armes, de nouvelles tactiques de combat, le nombre de pays et d'hommes engagés : tout cela allait radicalement changer la façon de faire la guerre. En conséquence, le rythme d'entrée et de sortie des patients dans les divers hôpitaux et centres de soins, la nature et la gravité des blessures subies, les soins nécessaires, bref, tous ces éléments feront que certains aspects de la pratique du travail infirmier divergeront sensiblement de ce que les infirmières ont connu en tant qu'étudiantes ou infirmières civiles. Ce n'est pas l'administration même des soins qui s'est transformée, mais plutôt les conditions qui entourent la pratique de leur métier dans le contexte du front.

L'état de guerre, dont les infirmières prennent réellement conscience en route pour l'Europe sur le bateau escorté de vaisseaux armés, est encore plus frappant à l'arrivée en Angleterre. Alors qu'une forme de rationnement et la conscription ont été instaurées au Canada, en comparaison, ces mesures, parmi d'autres comme le couvre-feu, sont naturellement exacerbées au Royaume-Uni et sur les autres fronts de la guerre.

Les premières mesures de guerre auxquelles les infirmières ont à faire face concernent la nourriture et le logement. Dans chaque lieu où sévissent les combats, que ce soit en Angleterre, en Europe continentale ou en Méditerranée, des difficultés particulières se posent. Les provisions sont réduites : le sucre, le beurre, le café, le chocolat et la viande sont des denrées rares. Sur la Méditerranée, la pénurie d'eau potable représente un problème encore plus dangereux pour la santé. Qui plus est, l'empoisonnement des réserves d'eau potable, une tactique de guerre que les ennemis emploient fréquemment, rend le travail et la vie quotidienne encore plus pénibles à gérer; les ressources limitées d'eau potable étant réservées à la consommation, l'hygiène personnelle des infirmières, de leurs patients et de leur milieu de travail est rapidement considérée comme secondaire.

En ce qui concerne le logement, certaines infirmières sont plus choyées que d'autres. En Angleterre et en France, les infirmières en service dans les villes ou les villages ont souvent la chance d'habiter des édifices, parfois même des villas ou des châteaux. Plus près des lignes de combat, les infirmières doivent se contenter de tentes de toile ou d'abris de bois. Elles sont ainsi à la merci des intempéries et du froid, à l'instar de leurs patients. Que l'endroit où elles vivent soit pourvu de murs ou non n'empêche pas les infirmières d'avoir à composer avec un fait bien réel : la présence de vermine. Les poux, les insectes de toutes sortes, mais par-dessus tout les rats, représentent un problème dans tous les types d'unités de soins; ces rongeurs nocturnes, semble-t-il, n'ont peur de rien et se jettent littéralement sur toute trace de nourriture et s'attaquent même aux patients. Enfin, les déplacements fréquents entre les centres de soins, un inconvénient aggravé par le manque de communication et qui résulte en pertes de temps, d'équipements et d'objets personnels, de même que les attaques et les bombardements font partie de la vie quotidienne au front. Ces derniers mettent les infirmières en danger et, bien qu'ils soient acceptés comme étant incontournables en situation de guerre, il n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'une réalité terrifiante.

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