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ARCHIVÉE - L'appel du devoir
Les infirmières militaires canadiennes

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Service actif (biographies)

Ruby Peterkin

Infirmière militaire Ruby Gordon Peterkin debout à l’entrée d’une tente.
Source
Infirmière militaire Ruby Gordon Peterkin debout à l’entrée d’une tente.

Grèce

Dans cette section :

Ruby Peterkin est née à Toronto en 1887 et a obtenu son diplôme d'infirmière de l'Hôpital général de Toronto en 1911. Le 7 avril 1915, elle se joint à l'Hôpital général canadien no 4, mis sur pied par l'Université de Toronto, et est mobilisée à Montréal. Ruby sert ensuite au sein de l'Hôpital général canadien no 5 en Grande-Bretagne, puis à l'Hôpital no 4 à Thessalonique, en Grèce.

Le fonds Ruby Peterkin que détient Bibliothèque et Archives Canada comprend une collection de lettres écrites par Ruby à sa sœur Irene et à d'autres membres de sa famille. Ces lettres décrivent les camps de Thessalonique pendant la guerre et les activités sociales de Ruby, et elles contiennent quelques descriptions de l'hôpital, des conditions de travail et des patients.

Les paragraphes suivants reposent sur des extraits de lettres de Ruby; ils donnent un aperçu de ce qu'elle a vécu pendant la guerre en reprenant ses propres mots. Les lettres sont en anglais, mais les extraits ont été traduits.

« Presque tous les après-midi, le quartier-maître part en ambulance avec trois ou quatre infirmières pour une visite touristique officielle. »
(Lettre de Ruby Peterkin à Irene, 23 janvier 1915 [probablement 1916], p. 3)

Ruby raconte souvent dans ses lettres ce qu'elle fait au travail et dans ses temps libres. D'ailleurs, les lettres et les journaux rédigés par des infirmières canadiennes font souvent mention des thés et des excursions touristiques auxquels elles participent. Ruby écrit à propos d'une de ces activités : « […] Nous profitons au maximum de nos temps libres. Toutes les quatre, qui partageons la même tente, nous avons eu une demi-journée de congé mardi dernier, et nous avons organisé un thé (dans notre tente), où nous avons invité environ trente infirmières. C'était la première fête de ce genre à avoir lieu ici, et ce fut une véritable réussite. Nous avons ainsi pu payer notre dette envers les autres filles qui nous avaient déjà invitées à de petites fêtes dans leur tente en soirée. » (Lettre de Ruby Peterkin à Irene, 23 janvier 1915 [probablement 1916], p. 2)

« Nous sommes ici depuis maintenant une semaine, mais j'ai l'impression d'être ici depuis un mois. »
(Lettre de Ruby Peterkin à Irene, 20 juin 1915)

Bien que son dossier militaire ne mentionne pas qu'elle a travaillé à l'Hôpital général canadien no 5, Ruby envoie une lettre à Irene de cet hôpital, situé en Grande-Bretagne. Elle y parle de ses premières expériences à l'étranger — entre autres de la censure de ses lettres, de son lieu de résidence et de sa routine quotidienne. Elle lui confie aussi que son équipe a rencontré un groupe d'infirmières militaires anglaises, et que la relation entre les deux était tendue. Elle écrit : « En fait, je crains que les infirmières anglaises ne nous aiment pas. Tu vois, nous avons deux étoiles et elles n'en ont aucune, et même si elles passent beaucoup de temps à affirmer qu'elles "occupent le même rang que les officiers", leurs propos ne sont pas aussi convaincants que nos deux étoiles. » (Lettre de Ruby Peterkin à Irene, 20 juin 1915)

Ruby se rend en Méditerranée à la fin d'octobre 1915 à bord d'un navire-hôpital, où elle écrit deux autres lettres à Irene (datées du 27 octobre et du 5 novembre 1915).

« Comme il y a une grande pénurie d'eau, nous sommes habitués à nous laver une fois par jour avec une tasse d'eau. »
(Lettre de Ruby Peterkin à des êtres chers, 3 décembre 1915, p. 7)

Le Canada n'envoie pas de troupe en Méditerranée, mais il y détache cinq unités médicales, qui travaillent dans des conditions hostiles et éprouvantes. Le colonel G.W.L. Nicholson décrit en ces termes les difficultés auxquelles font face les unités médicales canadiennes :

Fait représentatif du manque de préparation associé à plusieurs opérations de la campagne de Gallipoli, aucune installation sanitaire n'avait été prévue pour les unités canadiennes avant leur arrivée. Pour s'approvisionner en eau, chaque hôpital ne disposait que d'un seul chariot, qui devait parcourir chaque jour une distance considérable et ne pouvait ramener qu'une quantité très limitée d'eau. Au cours des deux premiers mois sur l'île, avant que les ingénieurs creusent des puits à proximité, la maigre ration d'eau disponible pour se laver était d'un litre par jour […] La nourriture était rare et de mauvaise qualité, et il était souvent impossible pour les patients de la consommer.
(Nicholson, 1977, p. 92)

Dans une lettre écrite à sa famille, Ruby décrit les mauvaises conditions de vie qui régnaient à l'hôpital de Thessalonique : « Il est très difficile de se procurer de la nourriture, et les prix sont exorbitants. J'ai bien peur que nos coûts rattachés au mess ne soient très élevés. Pour la lessive, les prix sont scandaleux — cinquante cents pour un uniforme et vingt cents pour chaque tablier. » (Lettre de Ruby Peterkin à des êtres chers, 3 décembre 1915, p. 2-3)

« J'ai été assignée à un poste de nuit, et je suis sortie pendant la nuit. La première nuit, le froid était supportable, à condition de porter un chandail et un imperméable. »
(Lettre de Ruby Peterkin à des êtres chers, 3 décembre 1915, p. 3)

Ruby parle souvent du froid et des moyens qu'elle prend pour s'adapter aux conditions météorologiques. Elle écrit à ce sujet dans une de ses lettres : « Vous seriez estomaqués de voir tous les vêtements que nous portons. J'ai un bon caleçon de flanelle épais et une paire de chaussettes en cachemire, en plus de tous mes sous-vêtements habituels. Ensuite, j'enfile un pyjama de flanelle et une autre paire de chaussettes, puis mon uniforme et des bottes de caoutchouc. Par-dessus, je porte une petite veste blanche, puis mon gros chandail, et enfin mon gros manteau épais. » (Lettre de Ruby Peterkin à des êtres chers, 3 décembre 1915, p. 4)

« Je travaille dans les salles de l'hôpital, il y en a six, et chacune compte trente patients […] »
(Lettre de Ruby Peterkin à des êtres chers, 3 décembre 1915, p. 8)

« Des convois arrivent chaque soir, alors nous ne manquons pas d'action. En fait, nous n'avons pas une seconde d'ennui […] » (Lettre de Ruby Peterkin à des êtres chers, 3 décembre 1915, p. 8) Malgré les nombreuses difficultés que comportent ses conditions de vie quotidienne, Rudy poursuit : « Nous vivons les plus beaux moments de notre vie, et pour rien au monde je n'aurais voulu manquer cela. » (Lettre de Ruby Peterkin à des êtres chers, 3 décembre 1915, p. 8)

Ruby écrit deux autres lettres à sa sœur Irene, datées respectivement du 2 février et du 14 avril 1916. Dans la première, en plus de raconter les activités récentes qui ont occupé ses temps libres, elle décrit un raid mené par un zeppelin : « Nous avons pu voir les éclairs des bombes qui éclataient, puis le feu a pris et son reflet éclairait le ciel. Les dégâts étaient considérables. » (Lettre de Ruby Peterkin à Irene, 2 février 1916, p. [2])

Dans sa dernière lettre adressée à ses proches, qu'elle ne date pas, Ruby parle de son voyage de retour vers la France, puis l'Angleterre.


Référence

G.W.L. Nicholson, Seventy Years of Service: A History of the Royal Canadian Army Medical Corps, Ottawa, Borealis Press, 1977.