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Sondage sur les pratiques de préservation numérique au Canada

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Conclusions

The National Archives, au Royaume-Uni., définit la préservation numérique comme l’ensemble des mesures requises pour préserver l'information numérique sous une forme accessible et authentique, aussi longtemps que nécessaire, et ce pour des besoins opérationnels, dans des environnements techniques changeants.7 Les défis technologiques liés à la préservation de l'information numérique sont de taille. La désuétude des technologies et la fragilité des supports de données exigent de gérer activement l'information numérique tout au long de son cycle de vie. La préservation numérique suppose davantage que des solutions purement techniques; elle exige également l'élaboration de politiques appropriées, la mise en œuvre de pratiques exemplaires, l'accès à des ressources humaines et financières et un engagement actif, à long terme, du gouvernement et des organisations.

Bien qu'il faille se garder de généraliser les résultats du sondage au-delà de l'échantillon des dépositaires, ce sondage fournit une indication des différentes pratiques de préservation numérique en usage au Canada, ainsi que des défis auxquels les dépositaires canadiens sont confrontés.

Le sondage a montré que 72 % des répondants sont impliqués dans certains aspects du travail de préservation numérique. L’entreposage à l’extérieur du site est la pratique la plus communément citée, suivie des activités visant à prévenir la dégradation ou la désuétude des supports de données, incluant la régénération, la reproduction et la reproduction de trains de bits. Ces pratiques de reproduction des documents numériques et leur entreposage en de multiples endroits contribuent à augmenter la longévité des documents numériques.

Les pratiques de préservation numérique qui tiennent compte de l’intelligibilité de l’objet numérique (désuétude du support ou du logiciel) comme la migration ou l'émulation sont moins répandues, même parmi les dépositaires qui disposent d’un mandat officiel de préservation. De même, seuls quelques dépositaires utilisent ces types de schémas de métadonnées détaillés requis pour la préservation à long terme, tel PREMIS.

La majorité des dépositaires ayant répondu au sondage appliquent des méthodes de mesure d'intégrité élémentaires (contrôle des virus, vérification du format, vérification des données de contrôle, validation du format), mais d'autres méthodes pour établir l'authenticité et la fiabilité des dépôts numériques, comme l'utilisation d’identificateurs permanents et de pistes de vérification pour les objets numériques, ne sont pas bien implantées.

Au-delà des défis techniques les plus évidents, les dépositaires font également face à de nombreux autres défis, en particulier en ce qui a trait au financement, à la dotation et à l'expertise. Il n’est pas étonnant de constater que c'est le financement qui a été le plus souvent cité par les répondants comme étant le principal défi à relever pour le programme de préservation numérique de l'institution, dans un avenir rapproché. La préservation numérique est une entreprise coûteuse, qui pour l’obtention de ressources se trouve en concurrence avec d'autres activités organisationnelles telles l'acquisition et la numérisation du contenu, etc.

Inhérente à la question du financement, la dotation en personnel représente la principale dépense liée à la préservation numérique.8  La dotation et l'expertise ont aussi été fréquemment identifiées comme des défis majeurs à relever au sein des programmes de préservation numérique des institutions dans un proche avenir. La préservation numérique exige des experts spécialisés de même que, en proportions variables, plusieurs membres du personnel des secteurs de l’administration, de la gestion, du soutien des TI, des conseillers juridiques etc. » 9 Les connaissances techniques requises pour la préservation numérique ne sont pas répandues au Canada, et on y trouve actuellement peu de possibilités de perfectionnement et d'éducation pour le personnel. En outre, les membres du personnel combinant les compétences appropriées ne se retrouvent pas nécessairement dans les mêmes services au sein d’une organisation.

L’élaboration de politiques est également un problème. En effet, moins de 20 % des répondants ont indiqué qu'ils avaient actuellement une politique de préservation numérique en place (bien que 38 % aient une politique de préservation numérique qui ne soit pas encore entrée en vigueur). Une politique est le pilier d'un programme de préservation numérique et elle représente l'engagement formel d'une organisation à préserver la collection numérique. Une politique est également importante parce qu'elle fournit à la fois orientation et autorisation10 en termes de rôles, de procédures et de pratiques.

Plusieurs de ces lacunes sont liées au manque d’appui de haut niveau, dans beaucoup d’organisations, pour la préservation numérique. La prise de conscience de l'importance de la préservation chez les administrateurs est cruciale pour assurer un financement continu. Cependant, plusieurs répondants ont indiqué que la préservation numérique n'était pas une priorité pour les décideurs de leur institution.

Il est clair que la préservation numérique présente des défis importants et, compte tenu du volume et de la complexité croissants de l'information numérique, la situation n’est pas près de changer. Un moyen d'aider les organisations canadiennes à relever ces défis serait d'établir une entité centrale, au Canada, qui assurerait le leadership dans ce secteur. Une telle entité pourrait établir le bien fondé de la préservation numérique auprès des organisations, des concepteurs de politiques et du public canadien, peu importe le secteur et le type d’organisations. Ce pourrait aussi être une voie pour développer une expertise et diffuser les meilleures pratiques et les normes. Un certain nombre de répondants au sondage ont indiqué qu'ils avaient l'impression de travailler de manière isolée ; en réponse à cette préoccupation, cette entité pourrait fournir un forum à personnes impliquées dans le travail de préservation numérique au Canada, où elles pourraient discuter des problèmes et des stratégies. Finalement, elle pourrait aider à mieux définir les rôles et les responsabilités au sein du réseau réparti des dépositaires au Canada. Ce serait un bon premier pas vers l'amélioration de la capacité des organisations canadiennes à préserver les biens numériques de notre pays pour les générations futures.

7 Adrian Brown. Introduction to Digital Preservation Requirements. Digital Preservation Coalition. November 12, 2008. Available at:
www.dpconline.org/technology-watch-reports/download-document/330-introduction-to-digital-preservation-requirements.html
(Disponible en anglais seulement)

8 Digital Preservation Coalition. Handbook. 2008.
www.dpconline.org/graphics/digpres/presissues.html
(Disponible en anglais seulement)

9 Digital Preservation Coalition. Handbook. 2008.
www.dpconline.org/graphics/digpres/presissues.html
(Disponible en anglais seulement)

10 ERPANET, politique de préservation numérique, septembre 2003, p. 4
www.erpanet.org/guidance/docs/ERPANETPolicyTool.pdf
(Disponible en anglais seulement)

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