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ARCHIVÉE - Anciens messagers, nouveaux médias : l'héritage d'Innis et de McLuhan

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Innis

Les concepts-clés

Harold Innis a consacré presque toute sa carrière à l'étude de cas historico-économiques puisés dans le domaine de l'industrie. Dans sa thèse de doctorat, publiée en 1923 sous le titre A History of the Canadian Pacific Railway, il soutient que l'histoire de la Canadian Pacifique Railway (CPR, aujourd'hui la Canadien Pacifique Limitée) reprend en gros celle de la civilisation occidentale s'étendant à la moitié nord de l'Amérique du Nord. Il démontre que la difficile géographie physique du territoire détermine la croissance de la civilisation. Ainsi, les formations géologiques telles les montagnes interdisent les voyages, et le climat propre à chaque région dicte le type de développement possible. La présence du CPR prouve que la civilisation s'étend au-delà de ces frontières. La mise en place du chemin de fer, terminée en 1885, tout comme les premières tentatives de découvrir le passage du Nord-Ouest, oriente la migration de la civilisation occidentale vers le nord de l'Amérique du Nord. La construction du chemin de fer est à la fois cause et effet de cette tendance de la civilisation à surmonter des barrières géographiques, et sa capacité à le faire. Innis amorce une réflexion sur le nationalisme technologique et sur la relation économique qui unit le Canada urbain au Canada rural, idées sur lesquelles s'appuie sa théorie des principales ressources. Deux décennies durant, il travaille à ses idées et méthodes de recherche en les fondant sur des études politico-économiques appliquées au monde de l'industrie.

Innis étudie le domaine de l'industrie en l'explorant à la source, voyageant de façon intensive pour mener des entrevues avec des travailleurs de chacun des secteurs, et prenant des photographies et des notes très détaillées. La réflexion qu'Innis porte sur les communications et sur les fonctions sociales de la technologie et des communications naît de son point de vue sur l'histoire canadienne. Il constate que les réseaux de commerce et de transport servent non seulement de routes pour déplacer des marchandises, mais aussi de voies sociales et culturelles. Historien, il s'intéresse au temps, et au concept d'un temps linéaire menant à la croissance et au progrès. Pour son étude sur la communication humaine, il adopte la même démarche que celle qu'il avait appliquée à ses premiers travaux menés dans le monde de l'industrie. Il s'intéresse à toutes les formes de communication qui prévalent en un lieu et à une époque donnée. Rien n'échappe à son analyse, qui remonte à l'ère de l'argile, du papyrus, du parchemin et du papier, et se poursuit jusqu'à l'époque de la culture orale, de l'imprimé et de l'électronique.

Cherchant à comprendre les conditions qui favorisent la stabilité et suscitent les transformations sociales, Innis analyse en profondeur les technologies de la communication. Pour lui, la stabilité d'une société correspond à sa capacité de s'adapter aux changements tout en préservant sa vie culturelle. S'interrogeant sur ces technologies en s'attachant au moment où elles furent inventées, au lieu et à l'époque où elles sont devenues une forme de communication dominante, Innis remarque que les principales percées de la technologie introduisent de nouvelles formes d'organisation sociale. La notion que le temps et l'espace constituent une forme de contrôle se trouve au cœur de la compréhension qu'a Innis des technologies de communication dominantes au fil de l'histoire. Innis élabore le concept d'un biais temporel ou spatial pour décrire la façon dont fonctionnent les médias en société : les médias à biais temporel favorisent la conservation du savoir sur de longues périodes, tandis que ceux à biais spatial suscitent la diffusion du savoir sur de grandes distances. Les partis pris de la communication influent directement sur la façon dont les médias exercent le contrôle, et partant, la façon dont la société est organisée.

Selon Innis, les moyens de communication disponibles déterminent la conscience qu'on a de la société, car ils affectent l'organisation sociale et les associations humaines. En d'autres termes, le contrôle de la communication sous-tend celui de la conscience et de l'organisation sociale. La mise en valeur excessive d'un média à biais temporel ou à biais spatial engendre l'instabilité sociale et le déséquilibre du pouvoir. Innis croit qu'il est possible de détenir un monopole du savoir, et ce concept est essentiel pour saisir sa notion du déséquilibre.

Photo d'un train voyageant à travers un terrain montagneux, Leanchoil, Colombie-Britannique, 1913 ou plus tard

Source

Locomotive du Canadian Pacific Railway #5068, Leanchoil, Colombie-Britannique, 1913 ou plus tard

Extrait des notes d'inspection de Harold Innis, fleuve MacKenzie, 1924

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Extrait des notes d'inspection de Harold Innis, fleuve Mackenzie, 1924
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Photo d'un appareil en bois tiré par des chevaux servant à hisser les grumes le long des falaises, sans date

Source

Photo d'un appareil tiré par des chevaux servant à hisser les grumes le long des falaises prises par Harold Innis lors de visites sur le terrain, sans dates
Autres photos prises par Innis lors de visites sur le terrain

Deux pages tirées de BIBLICA SACRA POLYGLOTTA (Bible polyglotte), montrant des textes rédigés en plusieurs langues disposés dans des colonnes parallèles afin d'en faciliter l'étude, 1654-1657

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Biblica Sacra Polyglotta (Bible polyglotte), avec des textes rédigés en plusieurs langues disposés dans des colonnes parallèles afin d'en faciliter l'étude, 1654-1657

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