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ARCHIVÉE - Anciens messagers, nouveaux médias : l'héritage d'Innis et de McLuhan

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McLuhan

Les concepts-clés

« Je n'étudie pas les causes. J'étudie les effets… Personne d'autre ne fait cela » [traduction libre]. Entrevue avec Nina Sutton, novembre 1975

Personnalité du monde des médias, McLuhan recourt à différents médias pour vulgariser -- et promouvoir -- ses idées. On a sans doute mieux compris les méthodes qu'il utilise comme reflétant un engagement théorique plus vaste : la seule façon d'éviter l'envahissement des médias, c'est de saisir ce phénomène, puis de « fermer l'interrupteur ». Dans sa pédagogie, il considère essentiel d'instrumentaliser les médias, afin de montrer comment les médias utilisent les utilisateurs et leur culture, et leur « donnent un massage ».

Dans son analyse, McLuhan donne au mot « média » un sens large : il étudie voitures, parole et langage en parallèle à ce que nous associons plus volontiers à ce terme -- journaux, radio et télévision. On peut appeler tous ces « artefacts » des médias, car on les utilise pour médiatiser notre communication; leurs formes et leurs structures modifient notre perception et notre compréhension du monde. Pour McLuhan, les médias sont un langage qui possède sa propre syntaxe et sa propre structure; on peut donc à ce titre les étudier.

McLuhan pense que les médias, qui remodèlent la façon dont les individus, les sociétés et les cultures voient et comprennent leur environnement, produisent des effets. Ainsi considère-t-il que les études sur les médias rendent visible l'invisible. Pour révéler les conséquences des technologies des médias (distinctes des « messages » explicites ou évidents), il faut discerner les schémas dans leur milieu même, y compris les interactions avec d'autres médias. Se rappelant du temps où il était à Cambridge, McLuhan soutient que les technologies d'une culture, tels les mots d'un poème, tirent leur sens du contexte. À l'instar d'Innis, McLuhan élabore une méthode d'analyse des médias -- qui se penche sur la culture et la société plus vastes à l'intérieur desquelles opère un véhicule -- pour y déceler les schémas de conséquences.

Tout comme Innis, McLuhan est convaincu que l'introduction de nouvelles technologies dans une société détermine la façon dont elle est organisée, dont ses membres perçoivent le monde qui les environne, et dont le savoir est conservé et partagé. Si les deux chercheurs croient que les médias ont un biais spatial ou temporel, McLuhan s'attache davantage au « sensorium », c'est-à-dire à l'effet des médias sur nos sens. Il pose pour postulat que les médias agissent sur nous, car ils manipulent les proportions dans lesquelles interviennent nos sens. Ainsi, l'alphabet phonétique valorise la vue, qui détermine à son tour notre façon de penser : il en résulte une perception linéaire et objective.

McLuhan considère toutes les technologies comme autant d'extensions du corps : le crayon prolonge la main, et la roue prolonge le pied. Ces extensions demeurent cependant dialectiques : issues d'un environnement (avec ses dimensions sociales, politiques et économiques), elles modifient aussi cet environnement. Ainsi, les environnements tout autant que les technologies modifient nos vies. McLuhan affirme que les médias créent des environnements qui influencent nos perceptions à tel point que nous n'en notons plus totalement les conséquences.

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Écoute ceci :

Marshall McLuhan fait un lien entre les approches littéraire et esthétique et l'étude des communications, lors d'une entrevue avec Nina Sutton, novembre 1975.
[WMA 595 Ko]] / Source

Photo de Marshall McLuhan tenant un miroir dans lequel on voit sa réflexion, 1967, par John Reeves

Source

Marshall McLuhan, 1967, photo de John Reeves

Photo de Marshall McLuhan assis à un bureau consultant des livres, avec une série de téléphones accrochés au mur derrière lui, 1967, par Yousuf Karsh

Source

Marshall McLuhan, 21 janvier 1967, photo de Yousuf Karsh

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