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ARCHIVÉE - Anciens messagers, nouveaux médias : l'héritage d'Innis et de McLuhan

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McLuhan

« Chaud » et « Froid »

Dans ses réflexions sur l'espace visuel, McLuhan associe le plus souvent ce dernier à un « média chaud ». Ces médias, hautement définis, n'engagent qu'une très petite participation de l'utilisateur. En général, on les associe à la vue plutôt qu'à l'ouïe. Certains médias chauds (tel l'imprimé) sont, à l'instar de l'espace visuel, séquentiels, visuels et logiques.

D'autre part, on associe d'ordinaire l'espace acoustique à un « média froid », et généralement à l'ouïe. Peu définis, les médias froids exigent de l'utilisateur une forte participation. Au contraire des médias chauds, qui privilégient la précision analytique, l'analyse quantitative et l'ordonnancement séquentiel, les médias froids nécessitent la perception d'une modélisation abstraite et une compréhension simultanée de toutes les parties.

Les concepts de média chaud et de média froid n'ont pas été très élaborés. En s'imposant une classification en deux catégories, McLuhan semble avoir été conduit vers le fonctionnalisme qu'il a critiqué 18. Par exemple, de nombreux lecteurs sont déroutés par le fait que la télévision soit classée dans les médias froids, car elle suscite d'ordinaire une participation moindre que celle qu'exige la radio. Puisque d'habitude, on associe les médias froids à l'espace acoustique, le lecteur s'y perd lorsqu'il découvre que la radio est considérée comme un média chaud. Afin de saisir la logique de la notion de média « chaud » ou « froid », on peut se rappeler que pour McLuhan, l'extension d'un sens au détriment des autres est un trait qui définit les médias chauds. L'intense et unique focalisation sur l'ouïe conduit McLuhan à classer la radio dans la catégorie des médias chauds. Vus de cette façon, les concepts qui peuvent paraître binaires ou contradictoires deviennent plus relationnels. Lorsqu'on compare deux médias, le chaud et le froid constituent des mesures sur une échelle -- c'est « plus froid que » ou « plus chaud que » --, et non des termes en dichotomie 19.

La compréhension de la culture orale de McLuhan était différente de celle d'Innis, et il est essentiel de le souligner. En effet, tandis qu'Innis mettait l'accent sur la discussion et le débat des cultures orales de la Grèce antique, McLuhan, quant à lui, favorisait les cultures orales prédominantes du Moyen-Âge, qui avaient pris racine dans le chant et la mémoire 20.

CHAUD : hautement défini; n'exige qu'une faible participation
Médias : le cinéma, la radio, la lecture, la photographie

FROID : peu défini; exige une forte participation
Médias : la télévision, les séminaires, les bandes dessinées

McLuhan se réfère souvent à un tableau accroché dans sa salle de séminaire à l'Université de Toronto. Ce tableau constitue une sorte d'abrégé qui explique les différences entre médias chauds et médias froids, selon qu'ils attirent l'attention sur la vue ou sur l'ouïe 21.

La vue :

hémisphère gauche (chaud)
contrôle le côté droit du corps;

  • visuel
  • parole
  • verbal
  • analytique
  • mathématique
  • linéaire
  • détaillé
  • séquentiel
  • contrôlé
  • intellectuel
  • dominant
  • mondial
  • quantitatif
  • actif
  • ordonnancement séquentiel

L'ouïe :

hémisphère droit (froid)
contrôle le côté gauche du corps;

  • spatial
  • musical
  • acoustique
  • holistique
  • artistique
  • symbolique
  • simultané
  • émotionnel
  • créatif
  • mineur
  • spirituel
  • qualitatif
  • réceptif
  • synthétique
  • forme
  • reconnaissance de visage
  • compréhension simultanée
  • perception de motifs abstraits
Photo de l'image de Lester B. Pearson sur un écran de télévision, 1960, par Duncan Cameron

Source

Image à la télévision de Lester B. Pearson, vers 1960, photo de Duncan Cameron

Photo de John G. Diefenbaker assis dans une station de radiodiffusion, vers 1960, par Duncan Cameron

Source

John G. Diefenbaker lors d'une émission radiodiffusée, vers 1960, photo de Duncan Cameron

Photo de Marshall McLuhan vêtu d'une toge universitaire, 21 janvier 1967, par Yousuf Karsh

Source

Marshall McLuhan, 21 janvier 1967, photo de Yousuf Karsh

Notes

18. Marchessault, Marshall McLuhan, Cosmic Media, p. 177.

19. Katz and Katz, « McLuhan: Where Did He Come From, Where Did He Disappear? ».

20. Carey, « Marshall McLuhan: Genealogy and Legacy ».

21. Voir aussi « Harold Innis: The Philosophical Historian. An Exchange of Ideas Between Prof. Marshall McLuhan and Prof. Eric A. Havelock », enregistré au Innis College, Toronto, 14 octobre 1978.

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