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« Bouclier pour tirailleur ». Brevet no 21726, déposé par Robert Larmour en 1885. Vue arrière

 

Brevet no 21726. Date de dépôt : 1885.

« Bouclier pour tirailleurs », Robert Larmour.

Créer un nouvel équipement militaire pour l'armée, cette institution conservatrice peu encline au changement, n'est pas chose simple. Ainsi William Silver Oliver a-t-il attendu quinze ans, redoublant de persévérance et proposant de nouvelles modifications, pour que l'armée canadienne approuve son équipement militaire. Par ailleurs, le « bouclier pour tirailleurs » de Robert Larmour (ci-dessus) ne risquait pas d'être accepté, car son invention trahit une profonde ignorance des nouvelles méthodes de guerre utilisées au XIXe siècle.

Larmour conçoit un bouclier en acier léger, appelé « trou de tirailleur portatif », qu'on peut transporter sur les champs de bataille et, périodiquement, installer au sol pendant que les soldats font feu. Des mâts en pointe le soutiennent dans un angle calculé pour faire dévier les balles, tandis que le soldat, agenouillé, vise à travers un trou incisé au milieu du bouclier. De petits trous pratiqués près du sommet du bouclier permettent aussi au soldat de se diriger lorsqu'il se déplace.

Les défauts de cette invention sautent aux yeux. À cette époque, l'infanterie souhaite un équipement très léger, abandonnant parfois des pièces pour se déplacer à l'aise. Le bouclier de Larmour, censé être « léger », s'ajoute aux fusils et autres équipements qui accablent au contraire le soldat. Par ailleurs, les trous du bouclier font problème. Larmour déclare que le port du bouclier incliné dans un angle adéquat réduit les risques d'exposition au tir ennemi, mais cette position, inhabituelle, aurait ralenti l'avancée des soldats.

Conscient, semble-t-il, des inconvénients, Larmour les balaie du revers de la main : « Nul besoin, dans ce document, d'expliquer les man�uvres des tirailleurs qui porteront mon bouclier portatif » [traduction] déclare-t-il dans sa demande de brevet. « Il suffit de préciser que chaque homme transporte son bouclier de tirailleur, et qu'il peut approcher l'ennemi impunément, avec de bonnes chances d'échapper au feu et à l'ennemi, lequel utilisera sans doute un bouclier ordinaire. » [traduction]

En 1885, année où Larmour dépose sa demande de brevet, le seul bouclier qu'utilise l'infanterie est le trou de mitrailleur, ou tranchée. Seule, la cavalerie lourde européenne porte encore, jusqu'au début de la Grande Guerre, les plastrons et plaquettes arrière, derniers vestiges des armures médiévales, mais celles-ci s'avèrent inefficaces contre les puissants fusils et mitraillettes. Dès lors, des véhicules blindés protègent les troupes sur le champ de bataille. Larmour aurait toutefois été heureux d'apprendre que des escouades de police tactiques ont réintroduit, dans l'Amérique de la fin du XXe siècle, l'utilisation de boucliers portatifs similaires au sien.

Références

Summers, Jack L. Tangled Web: Canadian Infantry Accoutrements, 1855-1985, Bloomfield (Ont.), Museum Restoration Service, 1992.

« Armour », Wikipedia,
http://en.wikipedia.org/wiki/Armour
(consulté le 18 octobre 2005).

« Trench Warfare », Wikipedia,
http://en.wikipedia.org/wiki/Trench_warfare
(consulté le 18 octobre 2005).