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« Améliorations apportées aux machines à coudre ». Brevet no 1433, déposé par C. Raymond en 1872

 

Brevet no 1433. Date de dépôt : 1872.

« Améliorations apportées aux machines à coudre », C. Raymond.

Tout au long de notre histoire, l'étroite relation qu'entretiennent le Canada et les États-Unis favorise les échanges de population et d'idées par-delà la frontière. Ainsi, l'immigrant écossais Alexander Graham Bell a partagé sa vie professionnelle entre le Canada et les États-Unis, et des inventeurs tels Thomas Leopold Willson et John J. Wright ont conçu leurs innovations au sud de la frontière avant de les mettre en application au Canada.

On peut considérer Charles Raymond, résident de Guelph, en Ontario, comme un exemple de ce que les médias ont récemment appelé « l'exode inverse des compétences ». Né à Ashburnham, au Massachusetts, Raymond a déjà inventé deux sortes de machines à coudre lorsqu'un procès au sujet d'un brevet, qui l'oppose à la compagnie Singer, le pousse à s'installer en 1860 à Montréal, noyau canadien de l'industrie textile. Mais peu après, ayant perdu de l'argent dans un commerce de machine à coudre, il décide en 1862, avec quinze autres marchands, de déménager à Guelph où il fonde la Raymond Sewing Machine Company. Là, il connaît finalement le succès, fabriquant et vendant des machines à coudre et des accessoires assortis d'une kyrielle de brevets, dont celui illustré ci-dessus.

Le brevet no 1433 est d'intérêt puisque Raymond a déposé d'abord un avertissement en 1869. Appliqué à un brevet, un avertissement désigne un avis légal de l'intention de déposer un brevet pour une invention encore en cours de conception. L'avertissement de Raymond concerne « la vérification d'un levier ou ressort destiné à une machine à coudre à fil unique, grâce auquel le fil est tenu par ou sur un crochet ou un boucleur, de sorte que les piqûres ne se perdent plus ». [traduction] Il ne sait pas encore où placer le levier, mais s'engage à parfaire son concept « aussi vite que possible ». Son brevet de 1872 (ci-dessus), comprend le mécanisme du levier achevé.

D'ordinaire, on recourt à un avertissement lorsque l'enjeu est important. L'avertissement enregistré par Elisha Gray pour un téléphone au bureau des brevets américains, à peine deux heures après qu'Alexander Graham Bell a déposé sa demande de brevet, en est un exemple illustre. Le commerce des machines à coudre connaît dans les années 1800 une compétition farouche, et l'expérience qu'a eue Raymond avec la compagnie Singer aux États-Unis l'aura incité à multiplier ses précautions.

Au fil des ans, Raymond met à profit son intuition pour les affaires. Durant la guerre de Sécession, il tire parti de sa résidence canadienne; pendant ce temps, le conflit entrave ses concurrents américains. Plus tard, son insistance à vendre ses produits sur le marché européen porte fruit, alors que bon nombre de ses concurrents canadiens échouent parce qu'ils se sont limités au marché local. En 1870, l'entreprise de Raymond compte près de 80 employés. Dix ans plus tard, les deux usines qu'il possède en comptent 200.

En raison de problèmes de santé, il prend une semi-retraite en 1877, mais poursuit ses inventions. Il dépose plusieurs brevets sans rapport à la couture, dont une amélioration aux patins (no 13026) et une caisse enregistreuse (no 43108). Avant son décès, survenu en 1904, il travaille à un moteur à essence. Homme pieux, Raymond participe à un mouvement local qui prône la sobriété, ce qui l'a très certainement opposé à son compatriote de Guelph, l'inventeur et industriel George Sleeman.

Références

Grosvenor, Edwin S., et Morgan Wesson. Alexander Graham Bell: The Life and Times of the Man Who Invented the Telephone, New York, Harry S. Abrams, 1997.

Nash-Chambers, Debra L. « Raymond, Charles », Dictionnaire biographique du Canada en ligne,
www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=41131&query=raymond
(consulté le 7 novembre 2005).

Van Dulken, Stephen. Inventing the 19th Century: 100 Inventions That Shaped the Victorian Age, from Aspirin to the Zeppelin, New York, New York University Press, 2001.