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« Charrue à neige ». Brevet no 18506, déposé par Orange Jull en 1884. Vue du côté gauche


Brevet no 18506. Date de dépôt : 1884.

« Charrue à neige » [Le chasse-neige], Orange Jull.

Il est logique que le chasse-neige rotatif soit une invention canadienne. L'engin semblable à un ventilateur, d'abord utilisé dans les trains, a inspiré les souffleuses modernes. L'histoire de ce chasse-neige est aussi celle de deux inventeurs : le premier en a eu l'idée originale, et le second, la détermination et le poids nécessaire pour lui donner vie.

Dentiste à Toronto, J.W. Elliot conçoit une pelle à neige tournante, et la fait breveter en 1869 (no 399). Il la munit d'un moteur rotatif qui dirige une roue montée à l'avant du train. Un collecteur en acier façonné, installé sur la voie, envoie la neige vers des ventilateurs fixés à l'extrémité de la roue, lesquels évacuent la neige amassée sur le dessus de l'enveloppe de la roue. Cependant, Elliott ne réussit à intéresser à son concept ni la compagnie des chemins de fer, ni aucun fabricant, et il retourne à sa pratique de dentiste.

Ce manque d'intérêt a de quoi étonner, car le besoin d'un tel dispositif existe. À l'époque, on déblaie la neige à l'aide de charrues. Cependant, même si la tâche est vite faite, la charrue tend à dérailler en cas de poudrerie ou d'avalanche. En 1884, quelques années après qu'Elliott ait obtenu son brevet, un inventeur du nom d'Orange Jull, originaire d'Orangeville (Ontario), fait breveter une amélioration à l'invention d'Elliott. Il conçoit -- et c'est là sa principale contribution -- une lame à racler installée à l'avant du ventilateur, montée sur le même manche mais tournant en direction inverse, qui défait la neige pour en faciliter le ramassage.

Jull convainc une entreprise locale, la Leslie Brothers, de construire un prototype de l'engin. Après maints essais et rectificatifs, la charrue est installée sur les trains de la Chicago and North Western Railway, à Iowa, au cours de l'hiver 1883-1884. On critique cependant le système à deux roues, car la neige se coince entre la lame et le ventilateur. Jull et la Leslie Brothers mettent donc au point un système à roue unique qui devient alors la norme dans les chemins de fer américains.

Les rudes hivers canadiens exigent cependant qu'on y apporte quelques modifications. En 1888, la Canadian Pacific Railway monte, à l'avant de huit locomotives, des charrues rotatives de 10 pieds de diamètre. On installe sur la roue du ventilateur des rebords en forme de pelle qui améliorent le rendement, compte tenu de la neige compacte et mouillée des Rocheuses canadiennes. Mais la charrue progresse lentement, avançant pied par pied dans la neige accumulée par l'avalanche; de plus, les pierres et les arbres charriés par la neige l'endommage aisément. Finalement, on met au point en 1911 une charrue dotée d'une lame de 12 tonnes qui peut couper des branches de quatre pouces de diamètre. Les compagnies ferroviaires canadiennes utilisent encore aujourd'hui certains de ces modèles.

Références

Brown, J.J. Ideas in Exile: A History of Canadian Invention, Toronto, McClelland & Stewart, 1967.

Nader, Ralph, Nadia Milleron, et Duff Conacher. Canada Firsts, Toronto, McClelland & Stewart, 1992.

Nostbakken, Janis, et Jack Humphrey. The Canadian Inventions Book: Innovations, Discoveries and Firsts, Toronto, Greey de Pencier Books, 1976.