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ARCHIVÉE - Le trèfle et
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Le patrimoine documentaire des Canadiens irlandais à Bibliothèque et Archives Canada

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Symposium

Symposium 2008

Symposium d'études irlandaises, 2008 : le 3 & 4 novembre

Les Irlandais au Québec : profil d'une communauté qui a survécu au XIXème siècle
M. Simon Jolivet, Ph. D., Université Concordia

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Les Irlandais catholiques et protestants sont arrivés au Québec dès la fin des guerres napoléoniennes. Ils ont jusqu'au tournant du XXe siècle formé l'une des plus importantes communautés ethniques de la province arrivant en nombre et en proportion derrière les Canadiens français et les Canadiens d'origine anglaise, mais devant les Canadiens d'origine écossaise. En 1901, on enregistrait au Québec 114 842 habitants d'origine irlandaise, catholiques et protestants confondus, soit environ 7 % du total de la population provinciale. Curieusement, l'histoire des Irlandais du Québec reste toujours largement inconnue. D'ailleurs aujourd'hui, j'aimerais féliciter les organisateurs qui ont beaucoup misé sur l'Irlande et le Québec, je pense que c'est une première dans ce domaine-ci. Alors, diverses facettes de leur pensée restent encore à étudier, celles par exemple de leur niveau d'attachement à l'Irlande, celles de leur intégration au sein du Canada et de l'empire britannique, celles de leurs valeurs et identités culturelles, de leurs mœurs et coutumes, et cetera.

Cependant, dire qu'il n'y a jamais eu de travaux universitaires, d'articles ou d'ouvrages consacrés aux Irlando-Québécois serait parfaitement inexact. Les études au sujet des Irlandais, catholiques ou protestants, sont jusqu'à maintenant restées centrées sur le XIXe siècle et sur les établissements en zone urbaine. Les travaux concernant l'expérience des Irlandais du Québec ont porté sur les difficiles conditions de travail de ces immigrants dans les installations portuaires de Québec ou de Montréal. L'histoire des immigrants irlandais qui ont participé à la construction de canaux fluviaux à Lachine, souvent même au prix de leur vie, ou l'histoire des débardeurs de la Vieille Capitale a chacune retenu l'attention des chercheurs. L'histoire controversée de Grosse-Île, station de quarantaine située dans l'archipel de l'Île-Aux-Grues a bien sûr été scrutée par nombre d'historiens professionnels et notamment par Marianna O'Gallagher qui est ici aujourd'hui. Les relations souvent conflictuelles au XIXe siècle entre les clergés canadiens-français et irlando-catholiques au sujet du contrôle des paroisses ou des écoles ont également été examinées tout comme les activités des principales sociétés nationales irlandaises comme la St Patrick's Society of Montreal et l'Irish Protestant Benevolent Society.

Évidemment, c'est facile de comprendre l'intérêt des chercheurs pour ces différentes questions. De fait, il fallait bien débuter la recherche par l'analyse des chaînes migratoires et par l'examen des premiers lieux d'établissements irlandais. Sachant que l'histoire des Irlandais du Québec se différencie nettement de celle de l'Ontario où les historiens ont noté la prédominance d'une immigration irlando-protestante établie en milieu rural, les chercheurs du Québec ont tenté de mieux comprendre les raisons qui jouaient en faveur de l'établissement d'une population irlandaise, mais majoritairement catholique au Québec.

Alors que l'historien très reconnu Donald Akenson de Queen's University, Kingston, a souligné, au sujet des Irlando-Ontariens, que « The Protestant Catholic split is best described as roughly two to one », les études québécoises récentes ont remarqué le contraire. Les deux tiers des immigrants irlandais installés au Québec auraient été de confession catholique. Si le travail relatif à l'établissement des Irlandais au XIXe siècle méritait d'être effectué et mérite encore de l'être, il reste que celui concernant les modes d'intégration et les expériences des deuxième, troisième ou même quatrième générations d'Irlando-Québécois mériteraient aussi l'attention des chercheurs. Mais, jusqu'à maintenant, force est de constater que pratiquement personne n'a encore étudié les conditions de vie des Québécois d'origine irlandaise qui ont vécu et œuvré pendant des décennies dans la province. S'il est tentant de croire, à la lecture de l'historiographie actuelle, que les Irlandais du Québec se sont simplement évaporés au tournant du siècle, il demeure que cette supposition est bien loufoque. En fait, en y regardant de plus près, il apparaît que les Irlandais du Québec ont non seulement continué d'habiter la province après le 1er janvier 1900, mais que plusieurs de ceux-ci ont aussi continué, au moins dans les deux premières décennies du XXe siècle, à entretenir une identité ethnique distincte et vigoureuse.

De 1900 à 1925, au moment où de graves tensions socio-politiques secouaient l'Irlande, et à l'époque où l'Irlande du Nord et l'Irish Free State ont été créés en 1920-1921, de nombreux descendants irlando-catholiques tiendront à demeurer au fait des événements en cours dans la mère patrie et plusieurs s'activeront concrètement et donneront de leur temps et de l'argent pour la cause de l'autonomie irlandaise. Ainsi, non seulement l'histoire de l'arrivée des Irlandais du Québec se différencie-t-elle de celle constatée en Ontario, mais l'histoire de l'intégration des Irlando-Québécois dans les sociétés hôtes, c'est-à-dire québécoises ou canadiennes apparaît aussi relativement différente de celle connue en Ontario.

Pour reprendre les termes abordés par l'historien Mark McGowan, les Irlandais catholiques de Toronto se seraient bien intégrés à la société hôte au début du XXe siècle, en hésitant moins à se dire « English-Speaking Catholics » que « Irish Catholics ». Par le fait même, peut-on comprendre de certains autres travaux, les Irlandais de l'Ontario auraient porté moins attention aux affaires politiques ayant secoué l'Irlande après 1900 telles que les tribulations au sujet du « Home Rule », par exemple, ou encore à la formation de l'Ulster Volunteer Force des unionistes d'Edward Carson ou encore à l'éclatement du Easter Rising en 1916, à la crise de la conscription, à la guerre anglo- irlandaise ou à la création de l'Irish Free State et de l'Irlande du Nord.

À cet égard, la situation ne semble pas avoir été la même au Québec. Les recherches menées durant les études doctorales m'ont convaincu de la probable différence, en terme d'intégration, des Irlando-Québécois à la société hôte. En effet, la communauté irlando-catholique jouissait encore d'une cohérence et d'un sens ethnique distinct et toujours vivant non seulement en 1898, mais encore vingt ans plus tard. Bien sûr, il est vrai que l'appartenance ethnique et nationale ne signifiait pas nécessairement la même chose pour tous.

Entre 1900 et 1920, on ne savait pas toujours comment définir le fait d'être un Irlandais du Québec. Mais il reste néanmoins que, pour plusieurs, le fait de se croire Irlandais (et peu importe les définitions variées que l'on peut donner au concept d'Irishness) continuait d'exister. Par leur relation avec la majorité canadienne-française et par leurs liens avec les nationalistes irlando-américains qui viendront leur prêter main forte à plus d'une occasion dans l'organisation de manifestations patriotiques, les Irlandais, surtout catholiques, de la province auraient ainsi poursuivi un parcours d'intégration différent de celui entretenu par leurs frères et sœurs du reste du Canada. Pas déconnectés complètement de leurs frères et sœurs canadiens ou ontariens, les Irlando-catholiques du Québec et précisément ceux qui s'activeront au sein d'associations patriotiques et nationales auront la possibilité de maintenir une course singulière qui, en quelque sorte, influencera leur admission à leur pays et province d'adoption. Par conséquent, les bouleversements sociaux, politiques et cultuels se présentant en Irlande après la mort de Charles Parnell en 1891 et débouchant 30 ans plus tard sur la guerre anglo-irlandaise de 1919 à 1921 ne pourront pas laisser indifférents de nombreux Irlandais catholiques.

Pour ce qui est maintenant des Irlandais protestants ayant peuplé le Québec, il semble bien que le travail reste toujours à entreprendre. La faiblesse numérique des Irlando-protestants et la faiblesse d'institutions patriotiques comme l'Orange Order, telle que notée par les spécialistes William Smyth et Cecil Houston, sont évidemment remarquables quand il s'agit de parler de cette communauté au Québec. Cependant, il faudra multiplier les recherches avant de pouvoir confirmer la plus rapide intégration des Irlando-protestants du Québec à la société québécoise ou canadienne, ainsi que leur affinité peut-être davantage possible avec des classes commerçantes anglo-écossaises de Montréal ou de Québec. Beaucoup de travail reste à faire sur les Irlandais protestants qui formaient tout de même le tiers des immigrants irlandais, ce qui est considérable.

Maintenant, l'une des façons de mesurer le processus d'intégration des Irlandais du Québec consiste à analyser leur niveau d'implication dans les affaires politiques d'Irlande ainsi que le dynamisme de leurs institutions patriotiques. L'historien Michael Cottrell soulignait il y a déjà plusieurs années comment la parade torontoise du St Patrick's Day constituait la plus visible des démonstrations d'Irishness et comment la disparition de l'événement dans les années 1870 devait être vue en parallèle au déclin de ce sentiment d'Irishness chez les Irlandais catholiques de la ville. Ce constat est intéressant puisqu'il nous interpelle sur la vigueur des activités entourant les fêtes annuelles du 17 mars à Montréal et à Québec car, il faut le dire, non seulement les parades québécoises du St Patrick's Day survivront-elles au XIXe siècle -- la parade montréalaise est encore présente aujourd'hui -- mais elles gagneront également en importance. Entre 1910 et 1921, les parades pourront tant à Québec qu'à Montréal attirer une foule toujours plus nombreuse rassemblant dans les milliers de participants et de spectateurs. Comme l'a noté Peggy Regan, les parades de la St Patrick's, durant la décennie de 1910, deviendront plus importantes; d'une part, au niveau des records d'assistance et, d'autre part, au niveau du nombre accru des nouveautés recensées c'est-à-dire des chars allégoriques, des « Irish jaunting cars », des bannières politiques, des chansons patriotiques.

Après 1900, les journées du 17 mars vont très souvent donner lieu à d'importants discours politiques soulignant la fierté et l'amour de la mère patrie, mais dévoilant également d'apparentes revendications en faveur de l'autonomie de l'Irlande. À titre d'exemple, un ouvrage souvenir publié à Montréal en 1913 proclamera ceci : « The celebration of St. Patrick's Day has a very special significance. Home Rule for Ireland is now only a question of weeks. Irish hearts will remember more fondly than ever the famous sites and aspects of the Emerald Isle which will now become all their own again. » Derrière les acclamations patriotiques se glisseront évidemment les appels nationalistes lancés par plusieurs Irlandais catholiques de la province. Après 1900, plus d'une vingtaine d'associations irlandaises prendront part aux festivités montréalaises du 17 mars. La même chose était aussi visible à Québec où les organisations comme le Catholic Order of Foresters, la St Patrick's Total Abstinence and Benevolent Society -- qu'on ne retrouve plus je crois - - la (00 :12_49 inaudible) Sarsfield Amateur Athletic Association, l'Ancient Order of Hibernians, tous ces groupes participeront activement au défilé dans les rues de la capitale provinciale. Non seulement ces associations se regrouperont-elles pour célébrer le Saint Patron d'Irlande, mais comme le remarquaient plusieurs chercheurs dont Nancy Schmitz et Mike Cronin, les drapeaux irlandais vert et or, les portraits de Daniel O'Connell, ceux de John Redmond, le chef des nationalistes de l'époque, et les chansons traditionnelles feront aussi partie des festivités.

La Presse du 17 mars 1911 parlera de cette foule de plusieurs milliers de personnes paradant à Montréal en notant simultanément le succès du défilé tenu le même jour à Québec. En 1915, Le Devoir notera pour sa part la distribution d'épinglettes pour la cause irlandaise pendant la parade de la St Patrick's. The Montreal Star du 16 mars 1915 annoncera la tenue de 9 événements différents, tous à saveur irlandaise, c'est-à-dire des danses traditionnelles, des concerts le soir, des pièces de théâtre à l'affiche dans les divers auditoriums et théâtres de la métropole. Et en 1920-1921, au plus fort de la guerre anglo-irlandaise, les participants vont arborer pour la première fois de l'histoire au Québec, les couleurs républicaines et les drapeaux du Sinn Féin pendant la parade officielle. Le Sinn Féin étant le parti indépendantiste de l'époque qui avait réussi à supplanter le parti de John Redmond, chef des nationalistes constitutionnels. En 1921, tout comme ce sera le cas à Québec, les journaux montréalais noteront l'absence de l'Union Jack, fait assez spécial parce que l'Union Jack était souvent présent. Ils remarqueront aussi la présence des membres de la Gaelic League et de la Self Determination League for Ireland in Canada and Newfoundland dans cette parade de Montréal et de Québec. Le quotidien impérialiste The Montreal Star parlera enfin de la foule immense, en 1921, présente lors de la parade : « The largest in many years », plus de 8,000 participants en tout sans compter les quelque 20,000 (00 :14 :49 bado) badauds assistant au spectacle.

Outre la question des festivités annuelles du 17 mars, d'autres activités à caractère patriotique et politique prendront place dans les deux plus grandes villes québécoises durant ces mêmes années. La St Patrick's Society, une organisation qu'on pourrait caractériser comme plus élitiste, donc plus modérée dans ses revendications (mais étant néanmoins Home Ruler) ou l'autre organisation très importante de l'époque, l'Ancient Order of Hibernians (caractérisée par un discours nationaliste un peu plus radical et par ses membres provenant de classes ouvrières), ne seront pas étrangers à cette recrudescence de patriotisme irlandais à Montréal et à Québec.

Une multitude d'activités et de commémorations seront organisées principalement grâce aux membres actifs de ces deux sociétés. Pensons par exemple, si on recule un peu dans le temps, au centenaire de la Rébellion républicaine irlandaise de 1798 ayant eu lieu le 26 juin 1898 à Montréal et durant lequel environ 5,000 personnes marcheront dans l'espoir de bientôt voir la liberté accordée à l'Irlande. Organisé par les Hibernians, le centenaire attirera, et d'ailleurs ce centenaire-là, jusqu'à preuve du contraire (peut-être qu'un autre historien va réviser cela plus tard), est la seule célébration du centenaire de la Rébellion qui a eu lieu au Canada. Le centenaire va attirer des centaines d'Hibernians provenant non seulement de Québec, Ottawa, Sherbrooke et Montréal, mais également des États-Unis et de l'Ontario, Gananoque, Stratford et même Toronto. Les significations à donner au défilé et aux discours entonnés durant l'après-midi du 26 juin 1898 resteront ambiguës cependant, car les gens rassemblés seront loin de tous être de fervents républicains irlandais. Il faut se rappeler que la Rébellion de 1798 était quand même une rébellion républicaine. Quoi qu'il en soit, les participants se montreront néanmoins unanimement en faveur de l'octroi d'une certaine autonomie politique à l'Irlande.

Concernant d'autres activités, on pourrait aussi noter la célébration, en août 1909, entourant l'érection du monument celtique de Grosse-Île, dont il sera sûrement question aujourd'hui. Ce sont les Hibernians de la ville de Québec, appuyés financièrement par l'organisation étasunienne, qui seront à l'origine de cette célébration et de la construction de la croix celtique. La journée du dévoilement de la croix, plus de 8,000 personnes venues de Montréal, Québec, Ottawa, Toronto et aussi des États-Unis vont débarquer sur l'île afin d'assister à la messe symbolique et au dévoilement de ce monument censé commémorer ces immigrants irlandais enterrés sur l'île à l'époque de la grande Famine irlandaise des années 1840.

Encore là, les références politiques ne manqueront pas d'être relevées à l'occasion de cette journée, notamment par l'auteur du livre souvenir de la journée, J.A. Jordan, qui tiendra le gouvernement britannique responsable pour ce désastre humain. Pour J.A. Jordan, il était certain que le monument devait servir à honorer ces « unfortunate Irish Exiles of 1847 ».

Maintenant, la célébration de 1913 entourant la commémoration de la Black Rock de Montréal, dont probablement Colin McMahon qui est ici aujourd'hui va parler, sera l'occasion de se réapproprier ce lieu sacré de la communauté où plusieurs Irlandais de 1847, qui avaient réussi à sortir de Grosse-Île, périrent pareillement dans de pitoyables conditions. La cérémonie entourant la commémoration de la Black Rock, située près du pont Victoria à Montréal, aura lieu le 17 août 1913.

Cette journée, tout comme celle qui avait lieu à Grosse-Île quatre ans plus tôt, enverra certes son lot de messages politiques ainsi qu'un avertissement aux autorités politiques ou commerciales qui envisageraient de nouveau à toucher aux endroits privilégiés de la communauté irlandaise. Nul doute, comme le signale l'historien McMahon, que les événements entourant le déplacement du monument démontraient toujours, en 1913, « how politically charged Famine memory and this monument continued to be for many Irish Catholics, particularly those living in Griffintown and Pointe St. Charles. »

Enfin, les célébrations annuelles du jour des Manchester Martyrs, les martyrs de Manchester, d'autant plus politiques puisque celles-ci perpétuaient les mémoires de trois Fenians pendus en 1867 sur ordre gouvernemental auront lieu à tous les ans entre 1890 et 1920 à Montréal. Comme le soulignait, en 1907, The True Witness and Catholic Chronicle, un journal irlando-catholique de Montréal, « Each year, on the Sunday nearest the 23rd of November, the members of the Ancient Order of Hibernians, headed by their band with knights fully uniformed, hold a church parade to one of the Irish Churches of the city, there to honor the memory of the Manchester Martyrs. » Cet événement annuel, organisé par les Hibernians, était l'occasion de pleurer la mort de ces « three victims of British misrule, hanged in Manchester years ago ».

Si tous les participants à cet événement, qui réunissait autour de mille personnes, n'étaient peut-être pas républicains ou tous en faveur de la séparation de l'Irlande, il demeure que le fait d'avoir pu organiser annuellement cette parade dénote d'une certaine force communautaire. En fait, à la même époque, même l'organisation de l'Orange Order n'arrivait pas à tenir de parades de cette ampleur à l'occasion des fêtes annuelles du 12 juillet à Montréal. Tout un contraste avec ce qui se passait à Toronto où le 12 juillet était annuellement fêté par des milliers de participants orangistes.

En conclusion, cette présentation de vingt minutes ne donnait pas le temps de couvrir toutes les facettes entourant les activités mises en place par les Irlando-catholiques de la province québécoise au début du XXe siècle. Il y aurait eu beaucoup à dire au sujet des visites de députés nationalistes irlandais en terre montréalaise et québécoise, entre 1901 et 1914. Et là je pense à John Redmond, T.P O'Connor, William Redmond, Joseph Devlin. Ou encore de l'organisation de groupes politiques comme l'United Irish League, fondée en 1901 ou celle de la Self Determination League for Ireland in Canada and Newfoundland fondée à Montréal en 1920. Cette ligue prônera les idéaux du Sinn Féin à travers tout le Canada, et ce, au moins jusqu'à la signature du traité anglo-irlandais du 6 décembre 1921 qui, rappelons-le, a créé l'Irish Free State et officialisé l'Irlande du Nord.

D'ailleurs, dans quelques jours seulement, c'est-à-dire jeudi, je partirai pour un mois en Irlande et en Grande-Bretagne afin de fouiller cette histoire encore presque totalement inconnue de la Self Determination League. Des centaines de correspondances de l'organisatrice en chef de la ligue, la Canadienne et pour un temps Montréalaise Katherine Hughes se cachent dans les papiers d'Éamon de Valéra, à University College Dublin Archives Department. Ces documents d'archives n'ont encore jamais été fouillés par soit un historien canadien, québécois ou irlandais. Il y aurait aussi eu beaucoup de choses à dire à propos de l'Irish Republican League of Montreal, fondée après 1921, ou de la branche montréalaise des Friends of Irish Freedom, toutes deux menées par le fervent républicain montréalais, John Loye.

Enfin, le même constat s'applique au sujet de l'organisation et du démantèlement ultérieur des Irish Canadian Rangers, ce bataillon outre-mer formé durant la Première Guerre mondiale et qui devait à l'origine n'être que Montréalais mais qui devra finalement compter sur l'aide et l'enrôlement de gens provenant de d'autres villes canadiennes. Ces différents sujets sont tous abordés dans la thèse de doctorat que j'ai défendue il y a trois semaines, comme on l'a dit. En somme, ce qui est particulièrement intéressant dans les allocutions de vingt minutes, malgré le survol qu'elles imposent inévitablement aux conférenciers, c'est qu'elles peuvent être enrichies au gré des questions et des commentaires. Donc, je ne sais pas s'il y a une période de questions, mais après ou pendant le dîner, on pourra en parler.

Merci.

Séance I


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