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Recherche stratégique

FRBR et RDA : Progrès dans la description des ressources de divers formats

8. Conclusion : Impact des FRBR et de la RDA

8.1 Problème des divers formats

L'univers du catalogage a longtemps été confronté au problème du livre et de son contenu. Elaine Svenonius retrace cette distinction depuis Anthony Panizzi, au dix-neuvième siècle, et possiblement aussitôt qu'en 1674 avec Thomas Hyde.99 Voici la façon dont Seymour Lubetzky, en 1956, décrivait cette difficulté :

Le problème du catalogage découle du fait que ... le catalogage doit tenir compte non seulement du livre en main mais aussi de l'œuvre qui s'y trouve ... et …du fait qu'il n'est pas rare que l'information à l'intention du lecteur au sujet du nom de l'auteur et du titre du livre soit imparfaite.100 [traduction libre]

FRBR, le modèle conceptuel, articule une vision de l'univers bibliographique qui est plus précisément définie et nuancée que les visions précédentes. Le modèle FRBR poursuit et en dévoile davantage sur la distinction entre le livre et son contenu. Il clarifie la nature de la relation entre le livre et son contenu.

Le modèle FRBR apporte une nouvelle compréhension des données bibliographiques en identifiant les entités importantes dans l'univers bibliographique, les attributs de ces entités et les relations entre les entités. Le problème du catalogage n'est pas simplement la distinction entre le livre et son contenu. Les catégories du livre et du contenu ont été précisées davantage et élargies en quatre entités du groupe 1 : œuvre, expression, manifestation et document. Les attributs de ces entités et les relations entre elles illustrent clairement les frontières entre le contenu et le support, et offrent également la possibilité de rendre justice à la fois au contenu et au support lors de la description d'une ressource.

Le processus consistant à tenter d'aligner le code de catalogage existant, RCAA2, sur les concepts et la modélisation des FRBR a mené à une déconstruction complète des RCAA2 et à la reconstruction d'une nouvelle norme, la RDA. L'approche des RCAA2, son organisation et plusieurs des règles individuelles allaient à l'encontre de ce qui avait été appris du modèle FRBR. Dans un effort pour mettre à jour les RCAA2 et préparer le catalogage de nouveaux de types publications, il est devenu évident que des modifications ne seraient pas suffisantes et qu'une toute nouvelle approche était nécessaire.

Plusieurs problèmes importants sont venus entraver le développement des RCAA2. L'un des problèmes les plus pressants a été le problème des divers formats. Le problème des divers formats, avec ces deux aspects des formats substituts et des ressources multimédia, découle de l'approche incohérente des RCAA2 par rapport au contenu et au support et au manque d'uniformité de la catégorisation des classes de documents. Les formats substituts mettent à l'avant-plan le problème non résolu à savoir si le contenu ou le support devrait avoir préséance lors de la description d'une ressource. Différentes approches au problème ont été insatisfaisantes parce qu'elles mettaient l'accent sur le support ou le contenu, au détriment de l'autre. Les ressources comportant divers types de contenus et/ou de supports n'étaient pas bien desservies par les RCAA2. Les RCAA2 étaient biaisées quant au choix d'une caractéristique ayant la primauté. Une telle approche peut donner au catalogueur un moyen d'aborder la description de la ressource, mais elle ne permet pas nécessairement une description complète de la ressource, selon laquelle toutes les caractéristiques sont bien décrites de façon égale.

L'élaboration d'une nouvelle approche par rapport au contenu et au support a été une tâche longue et difficile. La communauté de catalogage RCAA a travaillé pendant des années à résoudre les problèmes associés à la primauté du support et aux frontières entre le contenu et le support, mettant à l'essai de nouvelles façons de résoudre les difficultés pour ensuite retourner à la restructuration des solutions. Toutes ces années d'expérimentation et de débat ont mené éventuellement à une approche fondée sur un consensus. Le consensus a été facilité par l'utilisation du modèle conceptuel FRBR comme cadre sur lequel une nouvelle approche pouvait être bâtie.

Le modèle FRBR a émergé du travail d'un groupe de travail international sous les auspices de l'IFLA (Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques). Le modèle a été échafaudé pendant plusieurs années et a connu une période de révision partout dans le monde. Immédiatement après sa publication en 1998, la puissance explicative du modèle a été reconnue partout dans le monde alors que les bibliothécaires et les chercheurs ont commencé à appliquer le modèle et à l'utiliser comme point de départ d'une nouvelle recherche. Sa vaste acceptation a été confirmée lorsqu'il est devenu une partie importante de la fondation du nouveau Statement of International Cataloguing Principles ou Énoncé des principes internationaux de catalogage.

La RDA a été élaborée en tant que nouvelle norme des métadonnées bâtie sur le cadre théorique exprimé dans le modèle FRBR (et l'extension FRAD). S'inspirer des FRBR signifiait qu'il y avait un cadre théorique largement accepté pour guider l'élaboration de la norme, et par rapport auquel la norme pouvait être mise à l'essai et en assurer la cohérence logique.

Pour ce qui est de la résolution des problèmes liés aux formats substituts, le modèle FRBR fournit la clé dans sa modélisation des entités du groupe 1, œuvre, expression, manifestation et document. En identifiant quatre entités, en analysant leurs attributs et en établissant la corrélation de leurs relations les unes aux autres, le modèle FRBR offre un moyen d'établir le niveau de rapprochement entre les ressources. Le résumé concis d'Elaine Svenonius du « defining objective » de l'organisation de l'information souligne que la clé est le niveau de similarité et des différences entre les ressources : « rassembler l'information essentiellement semblable et différencier ce qui n'est pas exactement pareil ».101 L'histoire de la description des ressources alternatives a été miné par l'insistance ou la pression de mettre l'accent soit sur la similarité soit sur la différence. Lorsqu'il faut choisir de mettre l'accent sur la similarité ou la différence, alors l'autre aspect demeure moins visible.

Le problème des formats substituts peut être mieux abordé en appliquant les concepts du modèle FRBR. Avec la modélisation des entités du groupe 1, il est possible d'établir les niveaux de similarité et de différence de façon plus détaillée, et d'enregistrer cette information sans ambigüité. Ce ne sont pas tous les formats substituts qui diffèrent les uns des autres de la même façon. Les formats substituts peuvent être répartis en deux types : 1) formats substituts dans lesquels le contenu est exprimé dans une forme différente, c.-à-d. différentes expressions de la même œuvre; 2) formats substituts qui sont la même expression de la même œuvre mais qui sont des manifestations différentes. Il est important de distinguer les types de formats substituts, parce que le niveau de similarité ou de différence entre les alternatives constitue de l'information qui peut être de très grande importance pour l'utilisateur lors de l'identification et du choix de la ressource appropriée.

Le cadre RDA des types de contenus, de médias et de supports indique clairement le niveau de similarité et de différence entre les ressources. Une différence dans le type du contenu signifie une expression différente. Une différence dans le type de média et de support signifie une manifestation différente. Les types de contenu, de média et de support ne sont que trois des nombreux attributs qui distinguent les expressions et les manifestations. Mais ils sont particulièrement significatifs et utiles lorsque l'on considère les formats substituts. Les formats substituts sont des ressources qui offrent le même contenu. Par conséquent, les attributs comme auteur, titre de l'œuvre, genre, etc., seront les mêmes. Parmi les attributs qui seront différents, les types de contenu, de média et de support permettent à l'utilisateur de trouver et de choisir une version qu'il peut utiliser. Si l'utilisateur a de la difficulté avec un de ses sens, comme la vue, alors l'utilisateur pourrait chercher une forme d'expression qui se sert de l'ouïe ou du toucher. La différence dans le type de contenu devient d'une très grande importance. Si l'utilisateur a accès à un choix limité d'options de médias, alors les types de médias et de supports deviennent très importants.

Pour ce qui est du contenu, l'utilisateur doit connaître la relation de la ressource avec l'œuvre originale. Par conséquent, si l'utilisateur cherche « Robinson Crusoe », l'utilisateur doit pouvoir saisir rapidement les relations entre les ressources et l'ensemble des résultats. Il doit pouvoir distinguer l'œuvre, Robinson Crusoe de Defoe, des œuvres qui s'y rattachent, mais qui sont des œuvres différentes. Si l'œuvre prend forme dans de nombreuses manifestations, comme Robinson Crusoe, alors l'utilisateur devra pouvoir naviguer à travers les ressources qui font partie de la même famille que l'œuvre. C'est là que se trouveront les formats substituts. Plutôt que d'être confronté à une accumulation aléatoire de manifestations, un utilisateur devrait être en mesure de naviguer immédiatement vers une forme d'expression qui lui est accessible. Le type de contenu est un attribut au niveau de l'expression qui permet l'identification et la sélection des ressources selon la forme d'expression. Les types de médias et de supports, les attributs au niveau de la manifestation, peuvent aussi être importants pour l'identification et la sélection, si l'utilisateur a besoin d'une forme d'expression particulière, comme la création orale, et qu'il a besoin également d'un type de support particulier, comme l'audiocassette.

La solution de la RDA visant les formats substituts consiste à s'écarter de la question du contenu par rapport au support pour adopter une nouvelle approche qui respecte à la fois le contenu et le support, et laisse toute la latitude pour une description complète des deux aspects. La mise en correspondance étroite de la FRBR et de la RDA signifie que les descriptions de la RDA enregistreront les attributs de toutes les entités du groupe 1, permettant ainsi d'enregistrer tous les niveaux des similarités et des différences.

La modélisation FRBR des entités du groupe 1 fournit également une réponse au problème de la description des ressources à caractéristiques multiples. La norme RCAA2 n'a pas été conçue pour s'appliquer à la description des ressources à caractéristiques multiples dont la prédominance est égale, et s'adapte mal le cas échéant. La règle 0.24 de la norme RCAA2 tient pour acquis que le catalogueur déterminera une « forme physique » prédominante et utilisera ensuite le chapitre qui correspond à la classe de documents à laquelle la ressource appartient. La première partie des RCAA2 est composée de chapitres qui sont classés en fonction des différentes classes de documents. Cependant, le classement a un point faible puisque les différences entre les classes ne sont pas cohérentes; les classes de documents représentent différents niveaux de généralités, certaines sont relatives aux types de contenus; d'autres, aux types de supports. Les indications générales du genre de document sont également incohérentes logiquement; reflétant le contenu, l'expression ou le support; de plus, il faut choisir une seule IGGD. Même avec la révision de la règle 0.24, il reste difficile d'extraire diverses caractéristiques parce qu'il n'y a pas d'indication de préséance lorsque l'on suit les règles de différents chapitres. Et il faut quand même choisir une seule IGGD.

Lorsque les classes de la RCAA2 et les IGGD sont examinées du point de vue de la FRBR, un problème est immédiatement évident : les classes de documents et les IGGD sont incohérentes parce que les classes correspondent à différentes entités. Dans les deux cas, les différences entre les classes se trouvent à différents niveaux d'abstraction. La première partie des RCAA2 est criblée d'incohérences logiques. La RDA abandonne l'organisation par « classe de documents » utilisée dans les RCAA2 et base sa structure organisationnelle sur le modèle conceptuel de la FRBR. La RDA opte pour le principe d'instructions générales qui s'appliquent à tous les types de ressources, suivies, le cas échéant, d'instructions supplémentaires relatives à des types spécifiques de ressources. La possibilité de conflit entre les instructions est éliminée par la suite par le classement des attributs conformément aux quatre entités du groupe 1. Chaque entité a ses propres attributs logiques.

La solution de la RDA consiste à s'écarter de la nécessité de déterminer la prédominance d'un aspect. La RDA offre plutôt la possibilité de décrire aussi bien une ressource simple qu'une ressource complexe. La description de la ressource inclura toutes les relations et tous les attributs pertinents. Le catalogueur inclura les attributs au niveau de l'œuvre, de l'expression, de la manifestation et du document. Tous les aspects de la ressource peuvent et doivent être enregistrés.

La possibilité de décrire tous les aspects de la ressource n'est pas limitée aux types de contenus, de médias et de supports. Si un élément de données s'applique à une ressource en train d'être décrite, alors il est possible de l'utiliser. En utilisant des éléments de données distincts, les données sont bien identifiées et segmentées. Tout élément de données peut aussi être utilisé en vue d'une recherche ou de la navigation.

En utilisant la RDA, il est possible d'enregistrer plus d'un type de contenu, de média et de support. Cela permet de décrire entièrement une ressource comportant plusieurs supports, ou des types de contenus combinés. Cela permet également d'enregistrer des données au sujet du type de contenu, de média et de support des nouvelles ressources avant que la communauté ne prenne une décision quant à la terminologie. Les types inclus dans les listes de contenus, de médias et de supports agissent comme cadre de manière à pouvoir enregistrer des données selon de nouvelles combinaisons telles que le requièrent les nouvelles ressources.

La RDA offre une nouvelle approche par rapport à la description du contenu, du média et du support. La RDA s'écarte des restrictions et des limites des RCAA2 en tenant compte du contenu et du support. La RDA comprend un cadre extensible pour la description technique et du contenu, un cadre qui s'appuie sur un modèle conceptuel rigoureusement et logiquement cohérent. Avec le modèle FRBR comme fondation théorique, la RDA offre une voie d'évitement de l'impasse des divers formats. Elle permet d'enregistrer tous les aspects du contenu et du support, et elle améliore la collocation des ressources, avec une définition plus précise des similarités et des différences entre les ressources.

8.2 Descriptions améliorées et accès amélioré

L'impact de la RDA touche d'autres aspects au delà du problème des divers formats. L'alignement sur le modèle conceptuel a déclenché un processus consistant à repenser l'organisation de la norme du catalogage, et aussi à repenser le processus du catalogage. Le modèle FRBR considère les données bibliographiques du point de vue de l'utilisateur. Le modèle FRBR modifie l'objectif du processus du catalogage. L'objectif n'est plus fixé sur le catalogueur qui crée une seule notice, mais plutôt sur l'utilisateur qui cherche la notice dans un contexte d'un vaste catalogue ou d'une vaste base de données. Les deux activités continuent de coexister, mais le point de vue de la définition a changé.

Le processus d'incorporation du modèle FRBR et de la perspective des FRBR sur les opérations de l'utilisateur a mené à une norme qui vise à améliorer l'accès de l'utilisateur. Cet objectif fixé sur l'utilisateur apparaît dans les objectifs fonctionnels de chaque section de la RDA, mais il est aussi évident dans l'ensemble de la norme, dans la structure et dans les instructions.

Un utilisateur peut aborder une recherche de plusieurs façons différentes selon ses besoins d'information. Un utilisateur ne commencera pas toujours nécessairement en identifiant l'œuvre et en choisissant ensuite l'expression appropriée et finalement la manifestation appropriée. Pour faciliter la recherche, la RDA utilise des éléments de données discrets pour enregistrer les données, et identifie chaque élément de données de façon unique et sans ambigüité. La RDA s'écarte des longues chaînes de données, en particulier des chaînes dans lesquelles l'information relative à différentes entités pourrait être combinée. La segmentation des données dans des éléments discrets et non ambigus permet aux métadonnées de la RDA d'être utilisées de façon plus versatile et flexible, dans le cadre de l'extraction des données, de la navigation et de l'affichage.

La forme d'expression peut être une caractéristique d'une importance vitale pour un utilisateur incapable de lire les imprimés. Cet attribut est une partie importante du cadre de la description technique et du contenu, avec sa position évidente comme type de contenu. Les types de contenus reflètent à la fois la forme de communication fondamentale et le sens humain grâce auquel elle devrait être perçue (6.10.1.1). Là où il est nécessaire de maintenir la précision et de traiter de tous les types de contenus possibles, la liste contient également certaines combinaisons de termes, comme texte et texte anaglyptique, image cartographique et image cartographique anaglyptique.

La possibilité de décrire tous les aspects de la ressource n'est pas limitée aux types de contenus, de médias et de supports. Si un élément de données s'applique à une ressource en train d'être décrite, alors il est possible de l'utiliser. En utilisant des éléments de données distincts, n'importe quel élément de données peut aussi être utilisé en vue d'une recherche ou de la navigation. La RDA possède des éléments de données distincts correspondant à plusieurs attributs qui peuvent être utiles à l'identification et à la sélection de ressources accessibles aux utilisateurs incapables de lire les imprimés, des attributs comme la police de caractères, la forme de notation anaglyptique, et le format d'encodage.

Les relations entre les entités jouent un rôle important dans l'amélioration de la collocation et de la navigation. La RDA comporte quatre sections consacrées à l'enregistrement des attributs et six sections, à l'enregistrement des relations. Non seulement la RDA favorise-t-elle l'enregistrement des relations, elle présente également d'autres moyens d'améliorer la précision de l'information au sujet des relations. Les RCAA2 offraient la possibilité d'ajouter une désignation de fonction au point d'accès d'une personne, et elles offraient une courte liste dans laquelle un choix pouvait se faire. En revanche, la RDA favorise l'utilisation des désignations de relation et offre de longues listes qui se trouvent dans les annexes. L'enregistrement des relations est la première étape, mais la capacité d'utiliser l'information exige que la nature précise de la relation soit également enregistrée. Dans un environnement de fiches, un utilisateur devait lire ou faire une déduction au sujet de la relation. Dans un environnement en ligne, il est possible d'élaborer de nouvelles façons de chercher, de naviguer et d'afficher les données, mais de telles améliorations supposent la disponibilité de données non ambigües et cohérentes au sujet de la nature de la relation.

Dans les instructions sur la construction des points d'accès, et des points d'accès préférés, la RDA traite des points d'accès préférés des œuvres, et elle traite également des points d'accès préférés des expressions. Les points d'accès préférés des expressions vont au delà du point d'accès préféré de l'œuvre, avec l'ajout d'un élément identifiant l'expression. Le premier élément de la liste est le type de contenu. Par conséquent, non seulement est-il possible d'enregistrer le type de contenu dans la description, mais il est également possible d'utiliser le type de contenu dans le point d'accès préféré de l'expression. Cela fait en sorte que le type de contenu a une grande visibilité et appuie la collocation des expressions. Un certain nombre de formats substituts sont des ressources qui diffèrent quant à la forme d'expression, comme un livre parlé de Hamlet ou un texte anaglyptique de Robinson Crusoe. La possibilité de créer un point d'accès précis de l'expression permet à l'utilisateur de repérer et de choisir plus rapidement et plus précisément la ressource appropriée.

La RDA offre également la possibilité de saisir des métadonnées et de les réutiliser comme telles. Ainsi, il est possible de recueillir des données imbriquées, de télécharger, ou de générer automatiquement des métadonnées, de réutiliser celles qui s'y trouvent et de les enrichir d'éléments descriptifs additionnels ou de points d'accès, plutôt que de partir de rien.

La RDA a été élaborée comme norme de métadonnées pour l'univers numérique, et permettre par conséquent de tirer avantage des nouveaux développements dans la saisie, le stockage, l'extraction et l'affichage des données. La RDA a été conçue de manière à ce qu'elle ne soit rattachée à aucune norme d'encodage. Le travail est en cours afin de collaborer avec les communautés de schéma d'encodage pour faire en sorte que les données de la RDA puissent être entièrement encodées et soutenues lorsque la norme sera mise en œuvre.

Il est important de se rappeler que la RDA est une norme de contenu. Elle favorise l'enregistrement de métadonnées bien définies. La RDA elle-même est silencieuse quant à l'encodage et à la présentation des métadonnées. Elle crée des conditions favorables à la découverte améliorée des ressources et à un meilleur affichage des données en offrant de bonnes métadonnées permettant d'appuyer de telles tâches. Elle offrira une certaine amélioration quant à l'utilisation du schéma d'encodage courant et à la fonctionnalité actuelle pour ce qui est de la recherche et de l'affichage des données. Mais pour tirer pleinement avantage de l'enregistrement des données conformément à la RDA, nous devrions commencer à envisager une nouvelle génération de moteurs de recherche et d'interfaces utilisateur qui utiliseraient sous tous les angles tous les éléments de données de la RDA.

Plus de dix ans se sont écoulés depuis l'International Conference on the Principles and Future Development of AACR, et vingt ans depuis le Multiple Versions Forum. Les problèmes qui ont été cernés lors de ces deux événements étaient fondamentaux et visaient directement la structure des RCAA2. Avec l'élaboration de nouveaux types de ressources, notamment les ressources qui ont rassemblé le contenu et le média de nouvelles façons, et le nombre croissant des œuvres disponibles en formats substituts, il était devenu de plus en plus impératif de résoudre la question des divers formats.

La source des problèmes lorsque l'on considère la question des divers formats peut être résumée par la tension entre le contenu et le support : lequel devrait être le facteur déterminant de la description d'une ressource et de l'accès à celle-ci? La RDA arrive à résoudre la question des divers formats en s'écartant de cette question optionnelle (et/ou). La réponse de la RDA consiste à affirmer l'importance et le rôle des deux, le contenu et le support. La RDA fournit une solution à la question des divers formats par le biais de sa nouvelle approche par rapport au contenu, au média et au support. La nouvelle approche est fondée sur la modélisation des entités du groupe 1 des FRBR.

La force de la RDA est qu'elle est construite sur le cadre théorique exprimé dans le modèle conceptuel de la FRBR. Par conséquent, la RDA aborde la description et l'accès selon un cadre sous-jacent logiquement cohérent. La RDA améliore la description des ressources et leur accès, grâce à ces éléments de données soigneusement définis qui enregistrent les attributs et les relations. Une telle amélioration s'applique à toutes les ressources. La RDA adopte l'axe sur l'utilisateur des FRBR et ses instructions sont fournies dans le contexte de l'enregistrement des données de façon à s'assurer que l'utilisateur trouvera, identifiera, sélectionnera et obtiendra la ressource qui répond à ses besoins


99. Svenonius, Intellectual Foundation of Information Organization, 8.

100. Seymour Lubetzky. « Some observations on revision of the cataloguing code. » In Seymour Lubetzky: writings on the classical art of cataloguing. (Englewood, Colorado: Librarie Unlimited, 2001): 184.

101. Svenonius, Intellectual Foundation of Information Organization, 11.

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