Préparée par Andrew Martin
10 mars 2008
L'accord sur le Centre d'échange de documentation électronique a été rédigé vers le milieu de l'année 2005, après quoi il a été expédié aux éditeurs et aux producteurs à des fins de signature. Bien qu'il n'y ait jusqu'ici que huit éditeurs parmi les signataires, ceux-ci représentent la majorité des éditeurs de manuels (de langue anglaise) au Canada. La participation des éditeurs de publications spécialisées est faible, mais l'INCA, principal producteur dans ce secteur, obtient la plupart de ses fichiers électroniques directement des éditeurs. Les petits éditeurs, en général, ne participent pas. Il en est de même pour les éditeurs de langue française. Les éditeurs font preuve de collaboration, puisque nous avons neuf signataires représentant une proportion importante de la production de médias substituts.
Le rapport sur le projet pilote de Centre d'échange, rédigé par Andy Oates, faisait ressortir plusieurs éléments qui gagneraient à être modifiés dans le cadre de l'accord actuel, en vue d'étendre la portée du projet et de résoudre diverses problématiques d'ordre administratif.
Cette révision analyse ces recommandations dans le contexte de consultations effectuées auprès d'intervenants clés, de même que de recherches portant sur les orientations mises en œuvre par le Royaume-Uni et les États-Unis en la matière. Les objectifs sont les suivants :
Le rapport sur le projet pilote faisait état de trois principales modifications visant à faciliter ces objectifs :
Une autre recommandation visait à résoudre la problématique de la « propriété intellectuelle étrangère » de sorte qu'il puisse y avoir partage de documents accessibles avec les producteurs, les bibliothèques et les usagers de l'extérieur du Canada.
Les consultations effectuées dans le cadre de ce processus de révision ont été beaucoup moins vastes que celles qui ont précédé la rédaction de l'accord initial. En date du 14 février 2008, j'avais communiqué avec les groupes et les individus suivants :
Les principaux éléments issus de ces discussions se résument comme suit :
Rétroactions des éditeurs
Dans le cadre de la discussion qui a eu lieu lors d'une rencontre de groupe réunissant ces éditeurs (le 11 février 2008), d'autres questions ont été soulevées. On se demande notamment si les éditeurs ne pourraient pas exiger une preuve de handicap, avoir le droit de contester une demande ou avoir la possibilité d'effectuer des vérifications des activités des producteurs et de leur tenue de registre. Ces éléments ne semblent pas cadrer avec les objectifs du Centre d'échange. De plus, ils soulèveraient des problématiques de confidentialité et des problèmes d'autres ordres. Nous ne les approfondirons donc pas dans le cadre de cette démarche de révision et d'analyse.
La consultation visait essentiellement les grandes maisons d'édition. Soulignons toutefois que le Centre d'échange n'a pas vraiment été promu auprès des petits éditeurs et n'est pas très soutenu par ceux-ci. Il ne s'agit pas là que d'un problème de communication. Bien que beaucoup de ces maisons ne connaissent tout simplement pas le Centre d'échange, bon nombre de celles qui en connaissent l'existence se montre, en principe, hostiles à l'endroit des mesures d'exception sous-jacentes. Bien qu'il soit plus utile, pour le moment, de nous concentrer sur les éditeurs dont les œuvres sont plus fréquemment requises, nous avons demandé à l'Association of Canadian Publishers de nous acheminer ses commentaires (mais n'avons toujours rien reçu.)
Rétroactions des producteurs
Autres enjeux
Aucun des participants actuels n'éprouve le besoin d'effectuer des changements radicaux. L'accord joue son rôle initial et le Centre d'échange profite aux éditeurs comme aux producteurs. La plupart des rétroactions relèvent d'éléments administratifs ayant assez peu d'importance. Certains de ces éléments peuvent être résolus par l'entremise de l'accord et d'autres, non (comme les délais de réponse et d'expédition des fichiers, la vérification de la base de données AMICUS). Enfin, le Centre d'échange table sur ses participants pour assurer son propre fonctionnement.
Bien qu'il soit possible de restructurer tout l'accord et de refaire la majeure partie, sinon la totalité du contenu, en vue de rendre celui-ci plus souple et plus accessible, cette démarche risque de se révéler problématique pour certains participants actuels, puisque ceux-ci devront comparer les deux versions pour s'assurer qu'il n'y ait aucun changement dans le sens du texte.
Certaines des exigences imposées aux producteurs sont lourdes et (fait anecdotique) on laisse entendre qu'elles ne sont pas toujours respectées. Cela n'est pas volontaire : tous les producteurs n'ont pas nécessairement la possibilité d'analyser les certificats médicaux, mais se fient à l'information qui leur est livrée. De même, il est parfois impossible de s'assurer que l'étudiant a bel et bien acheté un exemplaire imprimé de l'ouvrage. La législation en matière de confidentialité entre également en ligne de compte. En l'absence de preuves d'abus ou de perte de revenus de ventes, les producteurs cherchent à être exonérés de certaines exigences, ou du moins à ce que les éditeurs aient la possibilité de déclarer certaines exigences non requises.
Les éditeurs s'inquiètent de la définition de déficience perceptuelle, dans la mesure où celle-ci s'étend au-delà du handicap visuel. Cependant, la mesure d'exception s'applique clairement aux déficiences d'ordre non visuel qui sont de nature à entraver l'utilisation d'œuvres écrites. Au Royaume-Uni, on encourage les éditeurs à se montrer réceptifs aux demandes de fichiers électroniques en vue de la production de « formats accessibles » pour les gens atteints de déficiences d'ordre non visuel. Comme la mesure d'exception canadienne engendre le droit de produire des copies en divers médias substituts, la définition figurant dans l'actuel accord sur le Centre d'échange vise exclusivement à faciliter ce droit, et non d'étendre ou de réduire la portée de la mesure d'exception. Si l'on devait retirer les éléments de la définition s'appliquant aux déficiences d'ordre non visuel, cela en réduirait la portée, ce qui susciterait beaucoup d'inquiétude chez les producteurs du milieu de l'éducation comme pour BAC.
Au Canada, la majeure partie de la production de médias substituts à l'intention des bibliothèques publiques est réalisée par l'INCA. La principale doléance de l'INCA vise le manque d'éditeurs de publications spécialisées parmi les participants du Centre d'échange. L'organisme souhaiterait la mise en place d'un mécanisme plus simple en vue de l'autorisation du partage de répertoires avec ses homologues de l'étranger. Une disposition facultative pourrait permettre de résoudre cette question. Il serait fort étonnant que plusieurs producteurs acceptent ce fonctionnement dans le cadre d'un principe nord-sud ou transatlantique à moins qu'une initiative mondiale ne soit conclue en ce sens, dans l'ensemble de l'industrie, ou facilitée par une loi basée sur une recommandation de l'OMPI. Il serait possible, mais sans doute inutile d'inclure une option dans l'accord, puisque tout indique que rien ne sera adopté dans ce sens. La solution demeurera donc les permissions au cas par cas.
Les éditeurs ne sont toujours pas prêts à s'engager à une durée de participation prolongée. Le groupe du Canadian Publishers' Council souhaite une durée maximale de trois ans, moyennant un renouvellement annuel. Avant la fin de chaque année, les membres de ce groupe désirent recevoir un rapport du Centre d'échange (donc de BAC) comportant les statistiques d'utilisation propres à leur entreprise respective. Ces statistiques devront comporter les fichiers demandés, le nombre de copies produites à partir de ces fichiers et les producteurs visés (si le producteur fournit des documents à un autre producteur, comme dans le cas du Langara College, du W. Ross MacDonald School, de l'INCA, etc.) de même que l'établissement auquel ont été acheminés les documents. Une fois les trois ans écoulés, il sera pertinent de procéder à une nouvelle révision, pour tenir compte du fonctionnement du Centre d'échange, de toute problématique d'ordre pratique, de toute modification à la Loi sur le droit d'auteur au Canada, au droit étranger et à la pratique.
La préoccupation des éditeurs en ce qui a trait aux collèges professionnels s'explique comme suit. Bien que la définition actuelle d'un « producteur admissible » inclut probablement bon nombre de ces collèges, il n'est pas rare que plusieurs de ces établissements ferment soudainement leurs portes. Les éditeurs se demandent donc s'il est prudent de confier des fichiers électroniques à de tels collèges. Bien que la définition puisse être modifiée, il semble difficile de le faire sans éliminer, du même coup, des collèges et des établissements privés tout à fait respectables.
Il existe une différence manifeste entre la façon de faire du Canada et celle des États-Unis en matière de transmission de fichiers électroniques. La législation est différente, et les rapports entre les éditeurs (comme industrie) et les producteurs peuvent également différer. Au Royaume-Uni, les éditeurs (par l'entremise de leurs associations professionnelles) assument un rôle proactif dans la facilitation de la production de médias substituts. Ils encouragent également une définition plus vaste des déficiences admissibles, par rapport à la mesure d'exception de la Loi sur le droit d'auteur, de façon à inclure les déficiences perceptuelles autres que d'ordre visuel. Pour bon nombre d'éditeurs canadiens, les exigences de la société mère américaine s'imposent, et ce n'est ni le rôle du Centre d'échange, ni celui de cet accord de s'ingérer dans ces relations d'entreprise. Cependant, il nous apparaît raisonnable de demeurer le plus près possible du cadre et de l'intention de la législation canadienne, en matière de langage, de portée et de processus.
Une version précédente de ce document a été acheminée aux éditeurs, aux producteurs et à BAC. Du côté des éditeurs, un consensus s'est dégagé en ce qui a trait à la révision, à l'analyse et aux recommandations. Les rétroactions des producteurs ont fait ressortir les éléments suivants :
Conformément aux consultations initiales et subséquentes, l'accord devrait être révisé aussi minimalement que possible. Il est inutile de procéder à une restructuration complète, qui exigerait un travail substantiel de révision comparative de la part de tous les participants actuels.
En fonction des consultations tenues jusqu'ici et de l'analyse qui précède, voici les principales modifications recommandées :
Une version préliminaire de l'accord révisé sera réalisée d'ici le début mars. Des rétroactions seront recueillies auprès de Bibliothèque et Archives Canada, de même qu'auprès d'autres intervenants, après quoi une version finale sera déposée d'ici le 31 mars 2008.