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L'ISBE, qui est une initiative de Bibliothèque et Archives Canada, a reçu pour mandat de créer les conditions favorables et renouvelables d'accès équitable aux services des bibliothèques publiques pour les Canadiens incapables de lire les imprimés. On a demandé à l'ISBE d'élaborer une stratégie nationale de partenariats, d'activités et de services afin de répondre à long terme aux besoins en matière d'accès à l'information aux bibliothèques pour les Canadiens incapables de lire les imprimés.
L'Association canadienne des bibliothèques a constitué un Groupe de travail consacré à l'ISBE pour aider à assurer la liaison avec les milieux bibliothéconomiques canadiens. Au cours de l'été 2008, lors de discussions concernant les services des bibliothèques, on a convenu qu'une série de groupes de discussion avec les bibliothèques permettrait à l'ISBE de comprendre les défis et possibilités qui s'offrent aux bibliothèques publiques pour la prestation de services aux clients incapables de lire les imprimés.
On était conscients que les questions soulevées ne seraient pas forcément les mêmes pour des bibliothèques de différentes tailles, aussi une initiative de consultation a été lancée à trois endroits différents, en septembre 2008. Les séances ont été organisées comme suit :
Le choix des endroits prenait également en considération les différentes perspectives susceptibles d'être offertes par des bibliothèques faisant partie d'un système provincial et par des bibliothèques faisant partie d'un système municipal. L'équipe de l'ISBE a également visité l'édifice de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, en juillet 2008. Les participants visés étaient des bibliothécaires en contact direct avec les clients incapables de lire les imprimés, des gestionnaires des bibliothèques, et des clients ou des clients potentiels incapables de lire les imprimés.
Il a été recommandé que les participants se préparent aux consultations en lisant les documents d'information suivants :
Quatre questions clés ont été formulées pour alimenter les discussions et cerner les défis et les possibilités :
Un rapport détaillé des discussions, préparé par INTERSOL, l'entreprise qui a animé les trois sessions, est disponible sur demande à l'adresse suivant : IELA-ISBE@bac-lac.gc.ca
Les bibliothèques sont des institutions de base
On retrouve des bibliothèques publiques dans pratiquement toutes les collectivités. Elles offrent un milieu accueillant et confortable où l'on peut relaxer, apprendre et échanger. Elles disposent d'un personnel dévoué, bien formé dans la prestation de services grand public et de services spécialisés, et les bibliothèques sont donc bien placées pour agir à titre d'intermédiaires entre les personnes incapables de lire les imprimés et l'information dont ces personnes ont besoin.
Les bibliothèques publiques desservent une clientèle très diversifiée
Toutefois, les bibliothèques sont chargées de desservir des collectivités entières qui éprouvent une vaste gamme de besoins généraux et spéciaux. Leur capacité à satisfaire les besoins des personnes incapables de lire les imprimés est souvent réduite en raison d'une formation inadéquate, d'un manque de personnel spécialisé et d'un financement insuffisant.
La formation est le principal besoin
La plus importante recommandation issue des consultations concernait la nécessité d'améliorer la formation du personnel des bibliothèques. La formation est requise pour acquérir une meilleure compréhension des différents besoins des personnes incapables de lire les imprimés, pour comprendre et profiter de la technologie, particulièrement des appareils et accessoires fonctionnels qui sont conçus pour permettre aux personnes incapables de lire les imprimés d'avoir un meilleur accès à des ressources, et pour se tenir au courant des sources — en constante évolution — de documents sur des supports appropriés aux personnes incapables de lire les imprimés. Il a été fortement recommandé d'élaborer des programmes de formation à l'intention des bibliothèques, et de faire en sorte que le matériel de formation soit présenté par le truchement de la technologie en ligne et qu'il soit adapté à la capacité qu'ont les bibliothèques d'offrir une formation complète à leur personnel, particulièrement en ce qui a trait aux plus petites bibliothèques où le temps du personnel est limité.
Centralisation de l'expertise
Les bibliothèques ne desservent pas toutes un grand nombre de personnes incapables de lire les imprimés, et c'est pourquoi elles peuvent éprouver des difficultés à maintenir le niveau d'expertise nécessaire. La centralisation est considérée comme une solution possible. Selon la taille de la bibliothèque, on a soulevé la possibilité de centraliser dans un seul point de service urbain la prestation des services aux personnes incapables de lire les imprimés, mais on a également indiqué qu'il était nécessaire d'avoir un centre national d'expertise auquel pourraient avoir accès toutes les bibliothèques et leurs clients.
Les bibliothèques doivent mieux promouvoir leurs services
On a aussi remarqué qu'il fallait sensibiliser davantage les collectivités aux avantages que les bibliothèques peuvent offrir, et cette question a été reliée à la formation. Toutefois, pour ce faire, on pourrait disposer d'outils de sensibilisation et de vulgarisation que pourraient utiliser les bibliothèques pour promouvoir leurs services. Il a particulièrement été souligné que les personnes ayant des troubles d'apprentissage ont tendance à ne pas fréquenter les bibliothèques, même si celles-ci sont en mesure de leur offrir des services et des collections selon un mode qui améliorerait grandement leur accès au matériel de lecture, tant pour leurs loisirs que pour un apprentissage continu. De même, il a été mentionné que les bibliothèques sont réputées pour leur bon travail avec les enfants et qu'elles devraient promouvoir leurs services auprès des familles et des enfants incapables de lire les imprimés.
Les partenariats sont essentiels
Les partenariats ont constitué un thème majeur. Les bibliothèques sont réputées pour leur capacité à diffuser l'information grâce à des mécanismes tels que les prêts interbibliothèques et, en raison de leur nature, elles sont capables de partager généreusement leurs ressources avec leurs collectivités respectives. Les bibliothèques doivent cependant élargir leur champ d'action en formant des partenariats avec des organisations œuvrant auprès de personnes handicapées, des associations de consommateurs et des fournisseurs qui se spécialisent dans les services aux personnes incapables de lire les imprimés. Le Programme de partenariat VISUNET de l'organisme INCA en est un très bel exemple. Mais il a également été mentionné que les bibliothèques doivent établir des partenariats avec des professionnels des soins de santé, des groupes de personnes handicapées et des organismes gouvernementaux afin de faire connaître leurs services et les avantages qu'elles peuvent offrir. On a souligné la nécessité d'une coordination nationale dans ce domaine. Les bibliothèques publiques doivent aussi élargir leur portée en partageant leurs ressources et leur expertise avec d'autres types de bibliothèques, particulièrement les bibliothèques universitaires qui peuvent se trouver dans la même collectivité.
Augmenter le nombre de ressources diffusées sous la forme de médias substituts
L'augmentation du nombre de produits vendus dans le commerce sous la forme de médias substituts constituerait une mesure importante pour permettre aux personnes incapables de lire les imprimés d'avoir un meilleur accès à des ressources. Des publications électroniques et des livres parlés commerciaux sont à la disposition des personnes incapables de lire les imprimés et sont également utilisés par le grand public. L'augmentation du nombre de ces ressources permettrait non seulement de proposer un plus grand choix de matériel de lecture aux personnes incapables de lire les imprimés, mais faciliterait également le processus d'enrichissement des collections des bibliothèques. Il est cependant important que les documents commerciaux soient présentés en version intégrale et qu'ils soient accessibles.
La technologie changeante représente un défi
Les bibliothèques doivent relever des défis majeurs en raison de la technologie changeante. Tandis que de nouveaux supports d'information font leur apparition, les communautés continuent à utiliser les ressources de leur patrimoine qui sont présentées, par exemple, sur des enregistrements analogiques. Il est difficile de décider le genre de matériel à acquérir, le genre de support à soutenir et les sources à utiliser pour la sélection. Les utilisateurs ne sont pas tous à l'aise avec toutes les technologies, et les avantages des nouveaux supports et des nouvelles technologies ne font pas l'unanimité. La standardisation, la coordination nationale et d'autres consultations sont nécessaires pour aider à résoudre ces questions.
Davantage de contenu canadien
Les bibliothèques désirent avoir accès à davantage de documents canadiens. Les organismes nationaux doivent travailler avec les éditeurs canadiens afin que leur matériel soit accessible sous la forme de médias substituts; il faut exploiter la publication sur demande et mettre sur pied davantage de centres de production pour les médias substituts.
Les médias substituts doivent être présentés en plusieurs langues
Les bibliothèques font face à des défis grandissants pour offrir des services aux groupes disparates de leurs collectivités. Les documents sur médias substituts, adaptés aux personnes incapables de lire les imprimés, doivent être présentés dans les deux langues officielles, de même que dans d'autres langues utilisées par les communautés locales. Et il faut également accroître le nombre de documents sur médias substituts. La possibilité de conclure des accords internationaux qui faciliteraient l'accès aux documents sur médias substituts offerts dans d'autres pays est une question qui a suscité beaucoup d'intérêt. Cela est vrai non seulement pour les documents en français et en anglais, mais aussi, comme il a été souligné ci-dessus, pour les documents en d'autres langues patrimoniales, ce qui serait utile pour la population multiculturelle du Canada.
Les appareils et accessoires fonctionnels posent des défis
Les appareils et accessoires fonctionnels sont coûteux, ce qui représente un obstacle pour les personnes incapables de lire les imprimés. Les bibliothèques ont traditionnellement fait en sorte que ces appareils et accessoires puissent être utilisés par leurs clients qui en ont besoin pour avoir accès aux médias substituts. Toutefois, cela devient de plus en plus difficile pour les bibliothèques, en raison de l'entretien de l'équipement, de la prolifération de plateformes technologiques et des coûts. Il faut une coordination nationale pour faciliter l'accès aux appareils et accessoires fonctionnels, ce qui permettrait aux bibliothèques de se concentrer sur l'accès à l'information plutôt que sur l'équipement. On a proposé comme solution possible l'établissement de partenariats avec des fournisseurs. D'un autre côté, les bibliothèques reconnaissent qu'il leur revient d'offrir des conseils pour les appareils et accessoires fonctionnels; elles sont bien placées pour présenter différentes technologies afin que leurs clients puissent mieux discerner les technologies qui répondent le mieux à leurs besoins.
On a reconnu que l'accès de toutes les personnes aux services et aux collections des bibliothèques était une des mesures les plus économiques pour améliorer les services aux personnes incapables de lire les imprimés. Les livres parlés peuvent être utilisés par le grand public, mais ils sont une nécessité pour la plupart des personnes incapables de lire les imprimés. La publication à la source de documents sur médiats substituts était considérée comme un facteur clé. On a également posé comme priorité majeure un financement accru pour la formation du personnel, l'enrichissement des collections et les appareils et accessoires fonctionnels, de même que la nécessité d'élaborer des programmes de formation. Enfin, on a estimé qu'un autre facteur significatif pour améliorer les services de bibliothèque équitables serait la création, le maintien et l'encouragement des partenariats.