Préparé par l'Association canadienne des troubles d'apprentissage (ACTA)
On a demandé à l'Association canadienne des troubles d'apprentissage (ACTA) d'organiser un groupe de discussion et de préparer un rapport relatif à l'Initiative de services de bibliothèque équitables (ISBE) à la lumière des besoins au chapitre de l'accès à ces services. On cherchait ainsi à étoffer le mandat de l'ISBE, qui est de « créer les conditions favorables et renouvelables d'accès équitable aux services de bibliothèques [sic]... pour les Canadiens incapables de lire les imprimés ».
Le présent rapport vise à orienter une stratégie nationale pour la création de partenariats, d'activités et de services conçus pour favoriser l'accès à l'information par des personnes éprouvant des difficultés à cet égard.
En participant à cette consultation, l'ACTA devait répondre aux questions qui suivent.
On a aussi demandé à l'ACTA de fournir :
Le groupe de discussion s'est réuni dans le cadre de la conférence provinciale de la Learning Disabilities Association of Nova Scotia (LDANS). On a choisi comme moment l'heure du repas de la première journée de cette conférence. Les participants avaient été préalablement recrutés par le biais d'un envoi électronique à tous les délégués. Dans ce courriel, on précisait que les personnes recherchées devaient soit :
Douze personnes ont participé à la discussion. Si la rencontre a officiellement duré près d'une heure et demie, bon nombre de ces personnes ont poursuivi l'échange et offert des commentaires additionnels. Plus tard, un message a été envoyé via Internet pour remercier les participants et leur fournir l'occasion d'exprimer des opinions auxquelles ils n'auraient pensé qu'après la consultation.
Arlene Robinson
Enseignante
Meredith Hutchings
Ministère de l'Éducation
Sherla MacNeill
Spécialiste de l'autisme au niveau préscolaire
LD: Reading and Writing
Laurie MacAulay
Mère d'un enfant ayant un TA
Bibliothécaire adjointe à la bibliothèque publique de Halifax
Maya Warnock
Responsable d'un programme scolaire à l'intention d'enfants souffrant d'un THADA qui utilisent les services de bibliothèque
Nancy L. Cox
Psychologue agréée, équipe axée sur les enfants et les jeunes, Shelburne Mental Health Centre
Michele Moffat
Personne souffrant d'un TA
Vicki MacKinnon
Personne souffrant d'un TA
Megan Adams
Conseillère en TA au SMU Atlantic Centre
Jenna Leigh Wilson
Représentante des étudiants handicapés, Saint Mart's University
Personne souffrant d'un TA
Nicholas Earle
Enseignant
Personne souffrant d'un TA
Karen Cloghesy
Intervenante en alphabétisation
Quel serait selon vous le format de lecture à privilégier?
Quatre types de format ont été évoqués pour répondre à cette question. C'est cependant les documents sur PDF ou MS WORD qui ont obtenu la cote. On a en effet affirmé que c'était ces derniers qui offraient le plus de souplesse en ce qui a trait à l'utilisation de technologies d'assistance. Voici les réponses dans leur ordre de prédilection :
Commentaires :
« Comme j'ai de la difficulté à obtenir les textes dont j'ai besoin en version électronique, j'achète les livres, j'en convertis les pages en fichiers PDF que j'alimente ensuite dans un Kurzweil. Les formats PDF et WORD sont ceux que je préfère. »
« L'absence d'aspect visuel des versions audio ne favorise pas du tout la concentration. »
« Le format audio s'adapte plus facilement aux technologies employées à la maison et au bureau. Il est très utile. »
« Les appareils Kurzweil exigent beaucoup de formation. »
Fréquentez-vous présentement une bibliothèque publique?
On a répondu à cette question de diverses manières. De nombreuses personnes avaient déjà eu recours aux services de bibliothèque, mais la plupart disaient ne pas l'avoir fait fréquemment. Les personnes souffrant de TA ont de leur côté affirmé qu'elles ne fréquentaient pas ces établissements régulièrement.
Sinon, pourquoi?
Commentaires :
« Comme les personnes ayant des TA connaissent des problèmes d'épellation, elles arrivent difficilement à utiliser les catalogues sur fiches et même sur ordinateur. Les moteurs de recherche sont en effet très sensibles à la manière d'écrire les mots. »
« Je trouve les bibliothèques tout simplement intimidantes. »
« Pour obtenir les services dont j'ai besoin, il faudrait que je dévoile mon TA. C'est inacceptable! »
Le cas échéant, dans quel but?
Commentaire :
« Tout le monde devrait pouvoir accéder aux technologies d'assistance. Elles devraient être universellement accessibles. »
D'où obtenez-vous vos publications?
Tous les participants ont indiqué qu'ils se procuraient leurs livres dans des librairies ou par l'entremise de services en ligne, comme Chapters. L'un d'entre eux était membre d'un club.
Commentaires :
« J'achète des livres ordinaires ou audio, mais ces derniers sont difficiles à convertir en format pour lecteurs audionumériques, comme le iPod. »
« J'achète des livres quand je peux les passer au scaneur. »
Quelles technologies d'assistance employez-vous pour lire?
Seuls quelques participants ont indiqué avoir de la difficulté à lire. Ceux-là penchaient pour la technologie Kurzweil. Voici les options mentionnées.
Commentaires :
« La technologie Kurzweil n'est pas idéale pour les graphiques et les tableaux, mais j'aime le fait qu'elle permette de prendre des notes. »
« Les produits Premier Assistive tendent à avoir des bogues et sont difficiles à utiliser. »
Quelles technologies d'assistance pourraient se révéler utiles dans les bibliothèques publiques?
Le groupe avait de nombreuses suggestions à ce chapitre. Beaucoup s'axaient sur les catalogues sur fiches employés pour trouver des livres. Tous s'entendaient pour dire que ce catalogue entraînait un sentiment d'insécurité dès l'arrivée à la bibliothèque. On trouve ci-dessous des recommandations précises à cet égard.
Commentaires :
« Il faut avoir une bonne formation pour utiliser ces technologies. Cette formation pourrait être offerte en partenariat avec des écoles et des groupes communautaires, et donnée par des figures de proue de la collectivité. »
« Au lieu de se limiter aux ordinateurs du sous-sol, on devrait intégrer les technologies d'assistance dans tous les appareils, pour les rendre accessibles à tous. Elles devraient être stockées sur des serveurs, et non sur des postes individuels. »
Le groupe de discussion a formulé de nombreuses recommandations pour rehausser les services de bibliothèque en fonction des besoins des personnes atteintes de TA, de même que pour améliorer les éléments physiques des établissements de manière à ce qu'ils soient plus confortables et moins intimidants. On peut classer ces recommandations dans quatre grandes catégories. Pour en faciliter la lecture, c'est ainsi que nous les avons présentées.
Personnel
Services
Milieu
Technologies
Commentaires :
« Étant donné mes problèmes d'organisation, j'aimerais beaucoup profiter de permissions spéciales pour prolonger la durée de mes emprunts à trois ou quatre semaines. »
« Il est difficile de trouver les cotes des livres. Il m'arrive même de faire envoyer des ouvrages à un autre endroit où je peux les ramasser au comptoir, afin d'éviter d'avoir à demander de l'aide pour les trouver sur les tablettes. »
« Plusieurs employés de bibliothèque ne comprennent pas les TA, et nous font sentir que nous les dérangeons avec nos questions. »
Tous ceux qui ont participé à cette démarche ont exprimé leur plaisir d'avoir été invités et consultés sur la question des services de bibliothèque. Bon nombre d'entre eux sont même restés après la séance pour poursuivre le dialogue. Les suggestions en découlant se sont révélées très utiles, et la formule du groupe de discussion a bien fonctionné. Le fait de choisir un moment convivial comme l'heure du lunch a en outre facilité la participation, s'est avéré plus commode et a permis d'éviter l'aspect intimidant d'une rencontre qu'on aurait organisée à un endroit inconnu. Les tables rondes ont été appréciées, et le repas offert a traduit la reconnaissance des organisateurs à l'égard des personnes qui ont pris le temps de participer.
Commentaire final :
« Je suis très heureuse de constater que vous posez ces questions et que vous ayez ces attentes. Dans ma région, il n'existe virtuellement pas de programmes à l'intention des jeunes, et ces derniers m'ont rencontrée plusieurs fois cet été pour exiger des changements. J'ai été ravie de participer à cette démarche! »