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ARCHIVÉE - Un vrai compagnon et ami :
Le journal de William Lyon Mackenzie King

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Au cœur du journal

Introduction : Le journal d'une vie

« Cher journal » : le journal personnel en tant que forme littéraire

« Je ne voyage jamais sans mon journal intime. Toute personne devrait toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire à bord du train. » – Oscar Wilde [Traduction d'un extrait de The Importance of Being Earnest (1895)].

Page de titre de Histoire de ma vie, par George Sand, 1854-1855

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Page de titre de Histoire de ma vie, par George Sand, 1854-1855

Il s'agit de la page de titre de l'édition inaugurale de l'œuvre biographique Histoire de ma vie (1854-1855), de la romancière française Armandine Lucie Aurore Dupin, baronne Dudevant (1804-1876), mieux connue sous son pseudonyme George Sand. Le livre de Sand est un ouvrage hautement stylisé, tiré de ses propres carnets intimes.

Le journal personnel de Mackenzie King relève d'une tradition littéraire de longue date et bien établie. En fait, le journal intime est l'une des formes littéraires les plus facilement reconnaissables. Sorte de récit autobiographique, le journal est essentiellement un registre scrupuleusement tenu des activités et réflexions de l'auteur, de toute évidence pour son utilisation exclusive, bien que certains carnets personnels soient éventuellement publiés. Le « journal personnel » tire son nom du terme latin dies, signifiant « jours », ce qui renvoie à la nature « au jour le jour » ou « quotidienne » de l'acte d'écrire. Peut-être parce qu'il est perçu comme une œuvre non romanesque, le journal a grandement été exclu du débat littéraire sérieux. En fait, il n'a que récemment commencé à gagner ses titres de noblesse comme forme de « récit de vie » ou d'« écrit personnel », une forme littéraire qui englobe également l'autobiographie, la biographie, le mémoire, la correspondance et le récit de voyage. Cependant, contrairement à ces autres formes littéraires, le journal est considéré plus intime et plus immédiat, et sert souvent de base à des œuvres plus polies. Par exemple, les mémoires de George Sand [Histoire de ma vie (1855)] et le récit de voyage de Bruce Chatwin [In Patagonia (1977)] sont des textes très profilés qui s'inspirent grandement des journaux personnels de ces auteurs. De même, les carnets intimes de Christopher Isherwood sont à la source de son ouvrage The Berlin Stories (1939), qui a été adapté pour Cabaret, comédie musicale primée de Broadway et film louangé par la critique.

Samuel Pepys (1633-1703), fonctionnaire britannique et auteur de journal

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Samuel Pepys (1633-1703), fonctionnaire britannique et auteur de journal

Le journal que Samuel Pepys rédige de 1659 à 1669 est un compte rendu détaillé des événements qui ont marqué la première décennie de la Restauration. Il est qualifié de véritable chef-d'œuvre littéraire en 1825 lorsqu'un extrait du journal a été publié pour la toute première fois. Ce portrait de Pepys provient de la page frontispice de : The Diary of Samuel Pepys publié en 1904.

L'attrait du journal personnel en tant que forme littéraire a même porté certains écrivains à produire des journaux fictifs ou des récits rédigés dans un style anecdotique. Parmi les exemples les plus notoires se trouvent les ouvrages de Daniel Defoe [Journal of the Plague Year (1722)], de Bram Stoker [Dracula (1897)] et de Georges Bernanos [Journal d'un curé de campagne (1936)]. Parmi les œuvres plus récentes dans la même catégorie, on retrouve celles d'Alice Walker [The Color Purple (1982)], de Fannie Flagg [Fried Green Tomatoes at the Whistle Stop Café (1987)], d'Helen Fielding [Bridget Jones's Diary (1997)] et d'Olivier Larizza [Les Nénuphars de Belgrade (1999)].

Le journal personnel prend son essor à la fin de la Renaissance, avec la montée de l'humanisme. En plus de fournir un enregistrement textuel de la personnalité de l'auteur, le journal intime a également tendance à raconter le contexte social et politique. En tant que tel, le carnet intime peut compléter de manière importante le document public « officiel », en fournissant une perspective personnelle des événements sociopolitiques. Par exemple, le premier journal de Samuel Pepys, le plus célèbre journal intime écrit en anglais, décrit le couronnement de Charles II (1661), la peste (1665) et le grand incendie de Londres (1666).

Anne Frank, 1939

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Anne Frank, 1939

Anne Frank (1929-1945), est mieux connue comme l'auteure d'un journal qu'elle a rédigé à partir de sa cachette durant l'occupation nazie de la Hollande de 1942 à 1945. Son carnet intime a été d'abord publié aux Pays-Bas en 1947 sous le titre Het Achterhuis. Une version anglaise intitulée The Diary of a Young Girl a paru en 1952. Ce portrait extrait de Anne Frank in the World, a été publié en 1985.

Photographe : probablement son père, Otto Frank

En période de bouleversement social prononcé, où les archives publiques peuvent avoir été censurées, modifiées ou même détruites, le journal personnel peut en fait fournir une documentation plus fiable et plus percutante des événements. Un exemple frappant est le journal d'Anne Frank, qui relate la vie quotidienne d'une famille juive qui se cache dans une Hollande sous occupation nazie.

Même si le journal personnel retient l'attention de gens de tous les milieux, un grand nombre des journaux les plus vénérés demeurent ceux des écrivains. On n'a qu'à penser aux carnets intimes de Jonathan Swift, de sir Walter Scott, de Stendhal, de lord Byron, de Charles Baudelaire, d'André Gide, de Virginia Woolf, de Franz Kafka ou encore de Katherine Mansfield. Le journal personnel contemporain demeure très populaire, les auteurs les plus audacieux choisissant d'afficher leurs journaux virtuels sur le Web.

Bien que l'œuvre imposante de Mackenzie King en tant que récit de vie puisse être perçue comme le journal canadien par excellence, bien d'autres auteurs dignes de mention ont produit des ouvrages d'importance nationale. Il s'agit, notamment, des journaux de John Winslow, colonel du Massachusetts qui participe à la déportation des Acadiens; de Simeon Perkins, "un Planter" de la Nouvelle-Écosse qui devient un éminent marchand et constructeur de navires; d'Elizabeth Posthuma Simcoe, née Gwillim, femme du premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada; de François-Maurice Lepailleur, patriote exilé en Australie par suite des rébellions de 1837-1838; de lady Susan Agnes Macdonald, née Bernard, femme du premier ministre inaugural du Canada; de Louis Riel, leader métis et fondateur de la province du Manitoba; d'Henriette Dessaules (nom de plume « Fadette »), journaliste du Québec; de Joséphine Marchand, journaliste et féministe québécoise; d'Emily Carr, artiste et auteure de Colombie-Britannique; de Lucy Maud Montgomery, romancière de l'Île-du-Prince-Édouard; de Lionel Groulx, historien et nationaliste québécois; et de Charles Ritchie, diplomate et auteur.

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