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ARCHIVÉE - Un vrai compagnon et ami :
Le journal de William Lyon Mackenzie King

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Au cœur du journal

Un document privé : le journal à travers la vie de Mackenzie King

1re partie - Le journal manuscrit, 1893-1935

Mackenzie King à cheval, en compagnie d'amis, Université de Toronto, v. 1890-1896

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Mackenzie King à cheval, en compagnie d'amis, Université de Toronto, v. 1890-1896

Fervent sportif, Mackenzie King aime particulièrement faire des randonnées à cheval. Il nourrit cette passion bien au-delà de ses années d'études. Comme premier ministre, il écrit souvent dans son journal qu'il s'est aventuré jusqu'à Hog's Back le long du canal Rideau à Ottawa. King est le cavalier au centre de cette photo.

Lorsque Mackenzie King a commencé à écrire son journal personnel, en 1893, il a admis avoir plusieurs objectifs. Premièrement, écrire son journal tous les jours serait un exercice d'autodiscipline. Deuxièmement, ce journal permettrait au lecteur de constater les efforts déployés par l'auteur pour utiliser son temps judicieusement. Troisièmement, King espérait que ses amis et lui auraient un jour beaucoup de plaisir à se rappeler les événements consignés. (Journal, 6 septembre 1893)

Pendant 42 ans, Mackenzie King a écrit son journal à la main, ordinairement le soir, avant de se mettre au lit. S'il n'avait pas le temps d'écrire tous les soirs, il lui arrivait de remplir les blancs de son journal plusieurs jours après les événements vécus. Par exemple, le 11 janvier 1896, il a écrit : « J'ai pris du retard dans l'écriture de mon journal cette semaine et je dois le remplir de mémoire. » La plupart des entrées du journal sont assez détaillées, mais parfois, lorsque King était particulièrement occupé, elles se réduisaient à de brèves notes. Par exemple, l'entrée entière pour le 9 juin 1902 est : « Rentré de Winnipeg. Arrivé à Ottawa avant-midi, à Kingsmere après-midi. » [Traduction] D'autres fois, il laissait des blancs dans son journal.

King a aussi laissé des blancs dans son journal lorsqu'il décidait de tenir un journal spécial, comme il l'a fait pour son voyage en Extrême-Orient, en 1908-1909, son travail pour la Fondation Rockefeller, de 1914 à 1918, et la Conférence impériale de 1923.

Sir Wilfrid Laurier et Mackenzie King, 1912

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Sir Wilfrid Laurier et Mackenzie King, 1912

Portrait de sir Wilfrid Laurier (1841-1919), premier ministre libéral du Canada de 1896 à 1911, et le ministre, W.L.M. King (1874-1950).

De nombreux événements importants se sont produits dans la vie de King au cours des années où il a écrit son journal à la main. Il a été étudiant, fonctionnaire, politicien élu, sous-ministre, ministre du Travail, consultant en relations de travail, chef du Parti libéral, chef de l'Opposition, premier ministre pour la plupart des années 1920, puis chef de l'Opposition une seconde fois et, enfin, de nouveau premier ministre vers la fin de 1935. Ces années-là ont aussi été de grande importance dans l'histoire du monde, car elles couvrent la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, la Première Guerre mondiale, les années 1920 et une grande partie de la Grande Crise. Dans son journal, King parle de ses activités universitaires et professionnelles ainsi que de sa vie privée.

Les années sur lesquelles porte ce journal constituent une période de réalisations étonnantes pour King, mais qui englobe aussi des événements très tristes, notamment la mort tragique de son grand ami Bert Harper en 1901 et, entre 1915 et 1922, le décès de plusieurs membres de sa famille : sa sœur Bella, son père, sa mère et son frère Max. King a consigné ses émotions dans ses moments de joie et de tristesse.

Il était doté d'une sentimentalité victorienne et, lorsqu'il parlait de sa famille et de ses amis intimes dans son journal, il exprimait ses sentiments dans un langage fleuri. Voici ce qu'il écrit sur sa mère : « Je crois qu'elle est l'être le plus pur et le plus doux que Dieu ait jamais créé. Elle est toute tendresse, tout amour, tout dévouement; elle ne sait rien de l'égoïsme et ne pense qu'aux autres. » [Traduction] (Journal, 4 septembre 1900) Après le décès de Bert Harper, King écrit à son sujet : « Un être bon, intègre, brave et noble [...] il y a d'innombrables preuves de son énergie inlassable, de ses efforts continuels pour faire son devoir et de sa quête incessante de justice. » [Traduction] (Journal, 1er janvier 1902)

Certaines préoccupations de King ressortent tout au long de son journal  -  son sérieux, sa foi chrétienne, son sentiment de responsabilité sociale et son intérêt pour la politique. Cependant, quelques-unes de ses valeurs sont contradictoires. Sa perception de sa destinée et son instinct de politicien le poussaient à cultiver des relations avec des gens riches et puissants, tandis que ses principes chrétiens le forçaient à soutenir qu'il ne recherchait pas la richesse. Ainsi, après avoir travaillé pour la Fondation Rockefeller pendant plusieurs années et être devenu un bon ami de John D. Rockefeller fils, il a écrit : « [...] ma nature ne me permet pas de devenir dépendant de lui en quoi que ce soit [...] dans le monde, il y a des hommes que les millions de Rockefeller ne peuvent contrôler [...]. » [Traduction] (Journal, 23 novembre 1918)

Mackenzie King, chef du Parti libéral, octobre 1919

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Mackenzie King, chef du Parti libéral, octobre 1919

Durant le Congrès libéral national de 1919, King n'a pas eu le temps d'écrire son journal tous les soirs, mais après, il a fait un compte rendu long et détaillé du congrès, où il avait été choisi comme chef du parti. « La majorité a été plus forte que je ne le prévoyais [...] je pensais à ma chère mère, à mon père et à la petite Bell, que je sentais tous très proches de moi, à mon grand-père et à sir Wilfrid également [...]. Cela me vient de Dieu [...]. Je suis appelé à travailler pour lui et j'y consacrerai ma vie. » [Traduction] (Journal, 7 août 1919)

Lorsque le Parti libéral a remporté l'élection fédérale de 1921, King a consigné ce qu'il ressentait : « Je suis heureux que notre parti ait gagné. C'est une grande victoire, mais je songe surtout aux êtres chers disparus et au travail à accomplir [...] je pense par-dessus tout à ma mère, ma très chère mère, et à mon grand-père. » [Traduction] (Journal, 6 décembre 1921). Après avoir été assermenté premier ministre, il a eu l'impression d'accomplir son destin; il a contemplé avec reconnaissance le portrait de sa mère « dans la chambre où elle était morte et où il est entré comme premier ministre du Canada. » [Traduction] (Journal, 29 décembre 1921)

Charles Lindbergh et Mackenzie King à une cérémonie à Ottawa, soulignant le Jubilé de diamants de la Confédération, le 1er juillet 1927

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Charles Lindbergh et Mackenzie King à une cérémonie à Ottawa, soulignant le Jubilé de diamants de la Confédération, le 1er juillet 1927

À l'été 1927, le Canada a célébré le Jubilé de diamant de la Confédération et, en qualité de premier ministre, King y a joué un rôle de premier plan. Lors de la célébration de la Fête du Dominion, le nouveau carillon de la tour de la Paix a été inauguré et King a prononcé un discours intitulé The Message of the Carillon, qui a été publié plus tard dans un livre. Il a aussi déposé des couronnes sur les monuments de la reine Victoria et de sir Wilfrid Laurier. « Cela a été un moment glorieux  -  presque un grand triomphe spirituel », a écrit King à propos de Laurier. « J'ai regardé son visage avec fierté et joie  -  en songeant que je lui avais déjà dit que c'était là que son monument s'élèverait. Tout s'est réalisé plus magnifiquement que les mots ne peuvent l'exprimer. » [Traduction] Résumant la journée, il a évoqué fièrement l'immensité des possibilités qui s'offraient à lui du fait d'être premier ministre du Canada à cette époque-là. (Journal, 1er juillet 1927)

Le lendemain, Charles Lindbergh est venu participer aux réjouissances. « Le colonel Lindbergh est arrivé dans la capitale à environ 13 h 30 et a été le centre d'attention à partir de ce moment-là [...]. Il était comme un jeune dieu descendu du ciel sous forme humaine  -  tout ce qu'on peut désirer en fait d'allure juvénile, de savoir-vivre, de charme et de caractère, le type de masculinité le plus noble que j'aie jamais vu », a écrit King. [Traduction] (Journal, 2 juillet 1927)

Richard Bedford Bennett et Mackenzie King à une cérémonie soulignant le Centenaire de l'incorporation de la Ville de Toronto, le 6 mars 1934

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Richard Bedford Bennett et Mackenzie King à une cérémonie soulignant le Centenaire de l'incorporation de la Ville de Toronto, le 6 mars 1934

Lorsque les Conservateurs ont remporté l'élection de 1930, King a essayé de garder bonne contenance, même dans son journal : « En vérité, cela ne m'importe pas beaucoup; la charge est lourde et je travaillerai volontiers dans le domaine littéraire pendant quelque temps. Je serai heureux de laisser retomber sur les épaules de Bennett la responsabilité de former un gouvernement et de trouver une solution au chômage et à d'autres problèmes. » [Traduction] (Journal, 29 juillet 1930) Toutefois, lorsque les Libéraux sont revenus au pouvoir en 1935, King jubilait. Il a songé à tous ses mentors personnels et politiques  -  sa mère, son père, ses grands-pères et ses grands-mères, ainsi que Gladstone et Laurier. « Je me suis agenouillé pour prier [...] et remercier Dieu de sa miséricorde et de sa bonté, lui demander de me guider et de me donner la force de faire sa sainte volonté, et évoquer devant lui le souvenir de tous mes proches. » [Traduction] (Journal, 14 octobre 1935)

En plus de raconter des événements de sa vie, King notait souvent ses dépenses dans son journal. En outre, il y insérait parfois des lettres, des notes et des coupures de presse. Le journal rédigé durant les années 1930 renferme quelques comptes rendus de séances de spiritisme. Cette information additionnelle accroît l'intérêt présenté par le journal comme documentation sur l'histoire sociale.

Autour de 1935, King a commencé à dicter parfois son journal à un membre de son personnel, Lucy Zavitske, qui dactylographiait ensuite les entrées, mais il a continué à écrire de nombreux passages à la main. Après 1936, il dictait ordinairement son journal à son secrétaire principal, Edouard Handy.

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