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ARCHIVÉE - Médecins canadiens célèbres

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Dr Gustave Gingras

Photo du Dr Gustave Gingras intitulée DR. GUSTAVE GINGRAS IN A PENSIVE MOOD

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Photo intitulée Dr. Gustave Gingras in a Pensive Mood

Gustave Gingras consacre sa vie aux personnes handicapées physiques en les aidant à surmonter leurs handicaps et à vivre normalement. Il est un pionner tant à l'échelle nationale qu'internationale dans le domaine de la physiatrie et de la réadaptation.

Gustave est né en 1918 à Montréal. Il suit des études classiques au Collège Bourget de Rigaud, au Québec, où il obtient son baccalauréat en 1936. Il entre ensuite à la faculté de médecine de l'Université de Montréal et obtient son doctorat en 1941.

Le départ pour la guerre

Alors que Gustave termine ses études, la guerre fait rage en Europe. Il s'enrôle dans le Corps de santé royal canadien. Il choisit de faire son internat en neurochirurgie et est affecté à l'Hôpital canadien de neurochirurgie et de chirurgie plastique à Basingstoke en Angleterre. « Ce temps passé près de professionnels si dévoués s'est révélé être la meilleure formation de ma carrière » [traduction libre ], disait-il.

Photo du Dr Gustave Gingras avec Benedicto Santos Ramirez, un patient, à l'Institut de réadaptation de Montréal

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Dr Gustave Gingras avec Benedicto Santos Ramirez, un patient, à l'Institut de réadaptation de Montréal

Lorsqu'il revient au Canada, Gustave souhaite continuer à travailler en neurochirurgie. Toutefois, une conversation avec un neurochirurgien de Montréal, Wilder Penfield, le fait changer ses plans. Wilder Penfield souhaite qu'il coordonne la réadaptation d'une cinquantaine d'anciens combattants en convalescence à l'Hôpital Sainte-Anne-de-Bellevue à Montréal. Les patients sont tous devenus paraplégiques ou quadriplégiques à la suite de leurs blessures de guerre. Ils s'attendent tous à finir leurs jours invalides.

Gustave Gingras rassemble donc une équipe de physiothérapeutes, d'ergothérapeutes, de travailleurs sociaux et de psychologues, et ils élaborent ensemble de nombreuses techniques de réadaptation innovatrices. Grâce à leur travail, la plupart des 50 anciens combattants retournent à la maison et à leur emploi. C'est le lancement de la carrière de Gustave Gingras dans les domaines de la physiatrie et de la réadaptation.

Manuscrit en version anglaise d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras dans le CANADIAN JOURNAL OF REHABILITATION Manuscrit en version anglaise d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras dans le CANADIAN JOURNAL OF REHABILITATION Manuscrit en version anglaise d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras dans le CANADIAN JOURNAL OF REHABILITATION Manuscrit en version anglaise d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras dans le CANADIAN JOURNAL OF REHABILITATION

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Manuscript en version anglaise d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras pour la première édition du Canadian Journal of Rehabilitation

Manuscrit en version française d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras dans le CANADIAN JOURNAL OF REHABILITATION Manuscrit en version française d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras dans le CANADIAN JOURNAL OF REHABILITATION Manuscrit en version française d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras dans le CANADIAN JOURNAL OF REHABILITATION Manuscrit en version française d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras dans le CANADIAN JOURNAL OF REHABILITATION

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Manuscript en version française d'une collaboration spéciale du Gustave Gingras pour la première édition du Canadian Journal of Rehabilitation

La naissance de l'Institut de réadaptation de Montréal

Photo de l'Institut de réadaptation de Montréal

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L'Institut de réadaptation de Montréal


Photo du premier patient admis à l'Institut de réadaptation de Montréal

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Premier patient admis à l'Institut de réadaptation de Montréal

À cette époque, Gustave commence aussi à travailler avec des patients civils. Il ouvre sa première clinique dans une petite pièce d'un vieil hôtel de Montréal et y reçoit ses patients deux après-midi par semaine. La demande est croissante; il doit se trouver de plus grands locaux. En 1949, il fonde l'Institut de réadaptation de Montréal, dont il est le directeur jusqu'à sa retraite en 1977. Durant cette période, il est aussi le premier professeur de physiatrie et de réadaptation de l'Université de Montréal.

L'Institut de réadaptation devient rapidement un des plus importants centres sur le travail de réadaptation. On y retrouve même un atelier et un laboratoire de prothèses et d'orthèses pour les enfants handicapés, ce qui est une grande réalisation à l'époque.

Une aide à temps

Heureusement, l'Institut fonctionne déjà bien au cours des années 1950 lorsqu'une épidémie de poliomyélite éclate. Gustave et son équipe sont prêts à aider les victimes. De même, en 1960, alors que des centaines d'enfants souffrent des effets de la thalidomide, Gustave coordonne leur traitement et leur réadaptation au Québec et dans les provinces maritimes.

Photo du Dr Gustave Gingras en compagnie d'un enfant victime de la thalidomide

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Dr Gustave Gingras en compagnie d'un enfant victime de la thalidomide

Gustave Gingras aide aussi les victimes de nombreux autres pays. En 1953, les Nations Unies lui demandent de coordonner la réadaptation de près de 10 000 victimes d'accidents de travail au Venezuela, une situation causée en grande partie par le récent essor pétrolier du pays. Gustave établit des programmes de formation pour le personnel local et des centres de réadaptation. Il se rend aussi, à la demande des Nations Unies (ONU), dans d'autres pays sud-américains comme le Brésil, l'Argentine, le Chili, la Bolivie et la Colombie afin d'évaluer leurs besoins en matière de réadaptation et de mettre sur pied des programmes pertinents.

Une crise au Maroc

En 1959, la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge et l'Organisation mondiale de la Santé communiquent avec Gustave Gingras alors qu'une maladie fort mystérieuse frappe la ville marocaine de Meknès. On sait plus tard qu'un empoisonnement a causé la paralysie de 10 000 personnes. En effet, de l'huile à moteur a été vendue et utilisée comme de l'huile de cuisson. On ne connaît aucun traitement à cette paralysie, à part la réadaptation des muscles endommagés. En coordonnant habilement une équipe composée de gens provenant de 21 pays, Gustave aide 8 000 victimes à se rétablir complètement.

Photo de lépreux de Qui Hoa (Vietnam) tenant une bannière sur laquelle est écrite MERCI AU DOCTEUR GINGRAS

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Lépreux de Qui Hoa (Vietnam) tenant une bannière sur laquelle est écrite « Merci au Docteur Gingras »


Photo du Dr Gustave Gingras dans une rue au Vietnam

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Dr Gustave Gingras dans une rue au Vietnam

En 1965, l'Agence canadienne de développement international (ACDI) demande à Gustave Gingras d'aller au sud du Vietnam afin de coordonner la réadaptation des victimes blessées au cours de la guerre entre ce pays et les États-Unis. Il aide à établir des ateliers pour construire et chausser des prothèses. Le Canadien Hugh Keenleyside, qui dirige alors l'équipe de l'ONU, déclare que : « Gingras était un homme remarquable par sa générosité envers les autres humains, ses habiletés techniques et son génie organisationnel. Grâce à ses ateliers, des centaines de Vietnamiens peuvent continuer à mener des vies utiles et productives. » [traduction libre]

Trois ans plus tard, encore à la demande de l'ACDI, Gustave accepte une mission au Cameroun où il met aussi en place des centres de réadaptation et des programmes de formation.

Un militant engagé

Photo du Dr Gustave Gingras prenant la parole derrière un lutrin

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Dr Gustave Gingras prenant la parole derrière un lutrin


Photo de Don McMillan, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Dr Gustave Gingras et Brian Mulroney, premier ministre du Canada, 11 décembre 1987

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Don McMillan, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Dr Gustave Gingras et Brian Mulroney, premier ministre du Canada, 11 décembre 1987


Photo du Dr Gustave Gingras recevant la décoration de l'Ordre de Ouissan Alaouite, en compagnie de Maati Jorio et Jacques Nolet

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Dr Gustave Gingras recevant la décoration de l'Ordre de Ouissan Alaouite, en compagnie de Maati Jorio et Jacques Nolet

Tout au long de sa vie, Gustave Gingras défend ardemment les droits des personnes handicapées. Il fait pression sur le gouvernement et les organismes sociaux afin d'obtenir un accès aux édifices pour les personnes handicapées et des lois qui intègrent les personnes handicapées aux systèmes d'éducation publique et d'emploi. Gustave Gingras perfectionne aussi, en 1964, la main artificielle dirigée par les décharges électriques du corps.

Lorsqu'il prend sa retraite en 1977, Gustave Gingras déménage à Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard) afin de diriger les services de réadaptation du ministère de la Santé de cette province. Il est aussi chancelier à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard de 1974 à 1982. Pendant plusieurs années, il se bat aux côtés des Amputés de guerre du Canada afin d'obtenir des indemnisations particulières pour les anciens combattants canadiens prisonniers des Japonais à Hong Kong en 1941. Il fait aussi pression pour obtenir des indemnisations pour les victimes de la thalidomide au début des années 1960.

Gustave Gingras reçoit des dizaines de distinctions pour son travail en réadaptation. Il est notamment intronisé au Temple de la renommée du Canada, nommé Compagnon de l'Ordre du Canada et Compagnon de l'Ordre de Malte.

Photo du Dr Gustave Gingras tenant une médaille d'honneur

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Dr Gustave Gingras tenant une médaille d'honneur

Au cours des dernières années de sa vie, Gustave Gingras souffre d'une maladie neurologique dégénérative. Malgré cela, il suit lui-même la plus importante leçon qu'il a apprise aux autres : « N'abandonnez jamais et concentrez-vous plutôt sur les capacités qui vous restent que sur celles que vous avez perdues » [traduction libre]. Il meurt à sa résidence située au bord de la mer à l'Île-du-Prince-Édouard en 1996.