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ARCHIVÉE - Médecins canadiens célèbres

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Dre Emily Howard Stowe

Photo d'une école octogonale à Mount Pleasant (Ontario), vers 1880

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L'école octogonale à Mount Pleasant (Ontario), vers 1880

Photo d'une maison octogonale près de Kingston (Ontario)

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Une maison octogonale près de Kingston (Ontario)

Photo du Dre Emily Stowe

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Dre Emily Stowe, plus tard dans la vie

Emily Howard Stowe est une pionnière dans le domaine médical canadien et une suffragette. Elle est non seulement la première femme médecin du Canada, mais également un chef de file du mouvement pour les droits des femmes tout au long de sa vie. Son acharnement à ouvrir les portes des écoles de médecine aux femmes mène à l'organisation du mouvement des femmes au Canada et à la fondation d'un collège de médecine pour les femmes.

Emily Howard Jennings naît en 1831 sur une ferme dans le comté de Norwich au Haut-Canada (Ontario) et est l'aînée des six filles d'un père méthodiste et d'une mère quaker. La mère d'Emily a reçu une bonne éducation dans un séminaire américain quaker et croit en l'importance d'une bonne éducation pour ses filles. Elle est si déçue par les écoles locales qu'elle décide de les instruire elle-même.

À 15 ans, Emily devient institutrice dans une petite école de rang de Summerville où elle enseigne pendant sept ans. Son combat pour l'égalité des chances pour les femmes débute en 1852 lorsqu'elle fait une demande d'admission au Collège Victoria de Cobourg et se voit refusée parce qu'elle est une femme. Elle est cependant acceptée à l'école normale du Haut-Canada, à Toronto, la seule école d'études avancées ouverte aux femmes en Amérique du Nord britannique. Elle obtient son diplôme en 1854 en étant la première de sa classe.

Photo de l'école publique de Brantford (Ontario), où Emily a été la première femme directrice d'école au Canada

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L'école publique de Brantford (Ontario), où Emily devient la première femme directrice d'école au Canada


Portrait de John Stowe

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Portrait de John Stowe


Photo de la maison des Stowe à Mount Pleasant (Ontario)

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La maison des Stowe à Mount Pleasant (Ontario)


Annonce publicitaire de Dr Emily Stowe dans THE GLOBE, 11 novembre 1867

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Annonce publicitaire de Stowe dans The Globe, 11 novembre 1867

Lorsqu'on lui offre un poste au Conseil scolaire de Brantford, elle devient rapidement la première directrice d'école publique du Haut-Canada. Elle conserve son poste jusqu'à son mariage à John Stowe, natif du Yorkshire, en Angleterre, en 1856. Le couple déménage dans le village de sa famille à Pleasantville, près de Brantford où, au cours des sept années suivantes, Emily donne naissance à trois enfants.

Un changement de carrière

Peu après la naissance de leur troisième enfant, son mari contracte la tuberculose. C'est sa maladie qui incite Emily à explorer le domaine des herbes médicinales et de l'homéopathie, un domaine étudié par sa mère. Cet épisode, lié au besoin important de femmes médecins, lui fait prendre la décision de devenir médecin.

En 1865, Emily Stowe présente une demande d'admission à l'École de médecine de Toronto, mais est de nouveau refusée. « Les portes de l'Université ne sont pas ouvertes aux femmes, et je suis certain qu'elles ne le seront jamais » [traduction libre], lui a déclaré le recteur de l'Université. Emily en est scandalisée. Elle se dit alors qu'elle fera tout pour permettre aux femmes d'avoir les mêmes chances que les hommes.

Ne pouvant pas étudier au Canada, elle déménage aux États-Unis où elle entre au Collège de médecine pour femmes de New York, un établissement de médecine homéopathique. Elle obtient son diplôme en 1867 et revient au Canada pour installer sa pratique en médecine homéopathique sur la rue Richmond à Toronto, avant même d'avoir obtenu son permis. Elle devient ainsi la première femme médecin à exercer au Canada.

D'autres obstacles

Vers le milieu des années 1860, une réorganisation de la profession des médecins oblige les médecins homéopathes et les médecins formés aux États-Unis à suivre d'autres cours au Canada afin d'obtenir leur permis de pratique. Malgré son diplôme américain, l'Université de Toronto refuse Emily. Ce n'est qu'en 1871 qu' Emily Stowe et Jenny Trout, un futur médecin, sont finalement acceptées et encore, uniquement grâce à un arrangement particulier. Elles sont donc les deux premières femmes à assister à des cours magistraux à l'École de médecine de Toronto.

C'est une période fort difficile pour ces deux femmes puisque les étudiants et les professeurs font tout pour les humilier. L'histoire ne dit pas si elle a échoué ses examens ou décidé de ne plus y assister, mais Emily Stowe retourne à sa pratique, même sans son permis. Jenny Trout passe ses examens et devient la première femme médecin du Canada à pratiquer officiellement.

Une féministe

Son combat dans le but d'être acceptée par la communauté médicale la transforme en féministe engagée. En 1877, elle aide à fonder la Confrérie littéraire des femmes de Toronto, un organisme très influent et le premier groupe de suffragettes du Canada à se battre pour les droits des femmes et pour de meilleures conditions de travail. Grâce à la pression de ses membres, les études supérieures deviennent rapidement accessibles aux femmes de Toronto. En 1883, le club est rebaptisé l'Association des suffragettes canadiennes.

Un long procès

Entre-temps, Emily Stowe continue sa pratique médicale, se spécialisant dans les soins des femmes et des enfants et en donnant des conférences sur la santé des femmes. En 1879, on l'accuse d'avoir effectué un avortement sur une de ses patientes. Elle doit subir un long procès très intimidant au cours duquel on examine ses compétences et on appelle des membres d'établissements médicaux de Toronto à la barre pour témoigner de son tempérament, de ses capacités et de sa conduite professionnelle. Elle est finalement acquittée.

Au cours de l'année suivante, elle obtient finalement son permis d'exercice de la médecine du Collège des médecins et des chirurgiens de l'Ontario et devient ainsi la deuxième femme médecin à exercer officiellement au Canada.

Le premier collège de médecine pour les femmes

Emily Stowe continue à franchir des obstacles importants pour la prochaine génération de femmes médecins. Déterminée à rendre l'éducation médicale facilement accessible aux femmes, elle fait pression sans relâche auprès de l'Université de Toronto afin qu'elle change sa politique. Personne n'est plus fière qu'Emily Stowe lorsque la première Canadienne à obtenir un diplôme de médecine, en 1883, n'est nulle autre que sa propre fille, Augusta Stowe-Gullen.

Photo du Dre Augusta Stowe-Gullen

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Dre Augusta Stowe-Gullen

Au cours de la même année, une réunion publique avec l'Association des suffragettes de Toronto, dirigée par Emily, mène à la création du Collège de médecine des femmes de l'Ontario.

En 1888, Emily Stowe participe à une conférence internationale de suffragettes à Washington. De retour, elle s'acharne à revitaliser le mouvement des femmes au Canada et continue à se battre pour obtenir le droit de vote des femmes. Son cheval de bataille est l'Association pour l'émancipation des femmes du Dominion, qu'elle a fondée en 1889. Elle en est la première présidente et en demeure à la tête jusqu'à sa mort.

Un simulacre de parlement

Alors qu'Emily Stowe participe à une convention internationale des femmes à Chicago en 1893, elle fait une chute du promontoire et se fracture la hanche. Elle doit, bien à contrecœur, cesser de pratiquer la médecine, mais elle n'abandonne pas sa bataille pour les droits des femmes. Elle participe alors, avec sa fille Augusta, à une parodie d'un parlement simulé, qui est très publicisée, afin de démontrer les inégalités dont les femmes sont victimes. C'est un parlement où toutes les femmes participent en utilisant les mêmes arguments que les hommes, et refusent le droit de vote aux hommes. Une simulation qui ne passe pas inaperçue.

John Stowe meurt en 1891 et Emily Stowe meurt 12 ans plus tard, en 1903. Ce n'est que 14 ans plus tard que les femmes obtiennent le droit de vote au Canada. On en accorde beaucoup de mérite à Emily Stowe, une enseignante, une femme médecin et une suffragette passionnée.