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Campagne du Nord-Ouest

Au cours de l'été 1884, de nombreux Métis qui habitent au village de Batoche et dans le district de la Saskatchewan désespèrent de ne jamais obtenir de réponses du gouvernement de sir John A. Macdonald quant à leurs préoccupations concernant la tenure officielle de leurs terres et leur désir de protéger et de conserver leur mode de vie en dépit de la venue de nouveaux arrivants de l'est du Canada qui viennent s'établir. À la même période, la situation que vivent de nombreux Indiens de l'Ouest est désespérée, d'une part en raison de la disparition des bisons et d'autre part, de l'application d'une politique gouvernementale sévère qui leur impose de demeurer et de pratiquer l'agriculture sur leurs propres réserves. En juin, le célèbre chasseur de bisons Gabriel Dumont conduit une délégation composée de Métis dans le Montana, aux États-Unis, afin d'aller chercher Louis Riel pour le persuader de devenir leur chef et de les diriger comme il l'avait fait auparavant en 1869-1870, dans la région de la Rivière-Rouge. Riel revient donc au Canada à contrecœur et forme de nouveau un gouvernement provisoire. La situation s'envenime jusqu'en mars 1885 lorsqu'une escarmouche a lieu au lac aux Canards entre les Métis et une force de la Police à cheval du Nord-Ouest composée d'auxiliaires civils venant de la région de Prince-Albert et cause la mort de 17 personnes dans les deux camps. Le gouvernement craint un soulèvement général des Indiens (bien que seules les bandes indiennes cries des chefs Poundmaker et Big Bear aient répondu aux supplications de Riel et se soient jointes à la résistance), et envoie une force dont l'effectif atteindra finalement plus de 5 000 membres de la milice, y compris les 400 troupes permanentes, jusqu'au Nord-Ouest et s'y rend en passant par le chemin de fer Transcontinental qui n'est pas encore achevé.

Le major général Frederick Middleton, l'officier général britannique qui commande la Milice canadienne, envoyé pour prendre la tête du commandement dans le but de contrer la rébellion, est pleinement conscient du manque d'expérience de la plupart des troupes de la milice et craint désespérément que toute marche arrière de la part des Métis puisse avoir pour conséquence une débâcle tactique comme celle qui s'était produite avec les Fenians à Ridgeway en 1866, et qu'elle puisse conduire à un désastre stratégique qui serait perçu comme une faiblesse de la part du gouvernement et qui provoquerait un soulèvement général des Indiens. Il adopte donc une politique de progression lente, formant ses hommes en chemin. Gabriel Dumont, l'adjudant général de Riel, reconnaît également la faiblesse de la milice et tente, à Fish Creek, d'appliquer les mêmes tactiques d'embuscade employées au lac aux Canards et qui avaient été très efficaces. Limité dans ses actions par Riel, il ne pourrait que harceler les forces envoyées par le gouvernement dans leur progression vers la capitale métisse de Batoche où, après un siège d'une durée de quatre jours, les Métis furent vaincus. La sagesse du plan de Middleton était née des événements qui avaient eu lieu à Cut Knife Hill, où un détachement de la milice formé de 325 hommes et dirigé par le lieutenant-colonel William Otter, lequel avait été envoyé pour relever Battleford, a attaqué le camp de Poundmaker. Ce fut probablement seulement en raison de la réticence manifestée par le chef d'encourager un massacre qu'un désastre total fut évité. Le major général T. B. Strange, un officier britannique à la retraite qui se consacre maintenant à l'élevage en ranch dans l'ouest et commande l'Alberta Field Force, une autre colonne détachée de Middleton, suit la stratégie de Middleton. Au cours de cette unique attaque délibérée sur la butte Frenchman menée par Strange, il utilise l'artillerie plutôt que d'attaquer les Cris de Big Bear qui sont dans une position défensive bien choisie.

Après la chute du village de Batoche, la Campagne ne devient qu'une poursuite de la bande de Big Bear qui fuit emmenant avec elle quelques prisonniers non libérés à travers la forêt et les fondrières au nord de la Saskatchewan. L'inspecteur Sam Steele de la Police à cheval du Nord-Ouest et ses éclaireurs jouèrent un rôle important dans cette poursuite. Finalement, Big Bear capitule et se rend pacifiquement à un officier de la Police à cheval.

Après l'effondrement de la résistance, s'ensuivent des poursuites judiciaires et des procès ainsi que des réclamations civiles pour les dommages causés par cet événement déposées par les insurgés et les soldats. Le procès le plus célèbre, qui a d'ailleurs eu d'importantes répercussions sur l'avenir politique du Canada et sur les relations entre les Français et les Anglais, est celui de Louis Riel accusé de trahison, puis condamné à mort. Il est exécuté à Regina en novembre 1885. Il ne faudrait pas non plus oublier que huit Indiens furent également exécutés après le procès qui a eu lieu à Battleford et au cours duquel ils avaient eu peu de chance de plaider leur cause. Les chefs Poundmaker et Big Bear sont emprisonnés et tous les deux meurent peu longtemps après leur libération. Gabriel Dumont s'enfuit aux États-Unis après la chute du village de Batoche, pour revenir, presque dix ans plus tard, sur sa ferme au nord de la Saskatchewan. Quant à Middleton, on lui confère le titre de chevalier, mais plus tard, il sera déshonoré au Canada pour avoir été impliqué dans une affaire de disparition de fourrures « pillées » par la milice.

La Campagne de 1885 fut la première à avoir été menée par les forces militaires canadiennes sans la participation de l'Angleterre, à l'exception de Middleton et de quelques officiers d'état-major. Ce fut également la première occasion de mettre à l'épreuve la minuscule force permanente du Canada. Bien que dans toute l'histoire militaire du Canada, cette rébellion constitue un événement mineur, il n'en demeure pas moins que ce fut une guerre moderne qui a été couverte par des correspondants qui en faisaient le compte rendu par télégraphe aux quotidiens de l'époque, et les hommes qui ont combattu n'étaient pas des soldats d'expérience mais plutôt des hommes qui venaient des collectivités les plus importantes de l'est du Canada. Cette campagne ainsi que les enjeux politiques significatifs ont conduit à la parution d'un nombre très important de monographies, d'articles de journaux, de rapports journalistiques et de documents rédigés par le gouvernement dans lesquels on relate les faits et décrit cette campagne. Ce qui suit n'est qu'une sélection de documents qui introduira le lecteur au large éventail d'ouvrages littéraires portant sur la Campagne du Nord-Ouest de 1885.

Notes

Les ouvrages marqués d'un astérisque (*) sont disponibles en français et en anglais. La plupart des titres que comprend ce guide se trouvent dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada. Il est aussi possible de s'en procurer plusieurs par prêt entre bibliothèques, tant au Canada qu'à l'étranger.


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