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[Goldfinch and thistle] |
Catharine Parr Traill
La vie au CanadaÀ l'époque où Catharine écrivait The Backwoods of Canada (1836), récit du premier établissement de la famille Traill dans les bois, elle le faisait « en espérant beaucoup » (voir la lettre de Catharine à Richard Gwillym du 9 mars 1845) en l'avenir. Mais Thomas n'était pas fait pour les rigueurs associées à la vie pionnière. Dès juin 1835, il a cherché à vendre sa ferme et y est parvenu en 1839, après que la dépression économique (1836-1837) eut rendu les perspectives plus sombres. Au cours des années suivantes, la famille Traill, alors grandissante, a habité divers endroits dans le comté de Peterborough avant de déménager en 1846 à « Wolf Tower », sur la rive sud du lac Rice. En 1849, Thomas a acquis « Oaklands », une nouvelle propriété située à l'est de Gore's Landing, où il a déménagé avec toute sa famille, qui comptait alors sept enfants.
La famille Traill n'a jamais été prospère. En fait, elle a connu de rudes épreuves dont la perte d'« Oaklands » en 1857 à la suite d'un incendie. Déracinée à nouveau, elle a dû compter sur la générosité de ses proches pour se loger et se nourrir. La mort de Thomas deux ans plus tard a une fois de plus bouleversé la vie de la famille. Avec des moyens modestes et le soutien de son frère Samuel, Catharine a fait construire une petite maison à Lakefield, qu'elle a baptisée « Westove », comme la maison de son mari aux îles Orcades; elle y a emménagé en 1860. À part de courtes visites chez des membres de sa famille et des proches, elle y a vécu jusqu'à la fin de ses jours. Épistolière prolifique, Catharine a aidé à la création de précieux documents sur la vie familiale et communautaire au dix-neuvième siècle. Sa correspondance avec ses sᅵurs en Angleterre, ses amies, Frances Stewart et Ellen Dunlop, et sa sᅵur au Canada, Susanna Moodie, révèle des liens forts et durables fondés sur des préoccupations et des intérêts littéraires communs. Comme sa famille immédiate se dispersait en raison de mariages, de voyages et de la migration vers l'ouest, seules les lettres assuraient les liens familiaux. Deux de ses enfants, William et Walter, ont participé à l'ouverture de l'Ouest canadien et américain après la Confédération, tandis que les autres sont restés plus près de Lakefield. James a été marchand à Belleville, Mary est devenue enseignante et écrivaine, Harry a été le premier gardien de prison au Canada mort dans l'exercice de ses fonctions, Anne a exploité une ferme avec son mari sur la rive sud du lac Rice et Kate, la sᅵur aînée, est restée auprès de sa mère. À mesure que la famille élargie des Moodie et des Strickland devenait plus complexe, le réseau épistolier de Catharine s'étendait aussi pour les inclure. À la mort de ses frères et sᅵurs, elle est apparue comme la matriarche du clan dispersé. Elle écrivait encore des lettres deux jours avant sa mort en 1899.
Catharine a également tenu des journaux intimes dans lesquels elle a décrit la vie et les paysages canadiens et a ébauché des essais botaniques et des récits qu'elle se proposait de publier. Hormis des contributions occasionnelles à certains périodiques après la parution de The Backwoods of Canada (1836), Catharine devait attendre son déménagement à « Oaklands » pour voir ses grands projets se réaliser. Pour commencer, elle a trouvé des éditeurs prêts à publier ses romans. Ainsi, Canadian Crusoes a été publié en 1852. Elle a intégré ses observations de la nature à ses essais et à ses récits traitant de grands exploits des pionniers. Plus tard, elle a incorporé ses anecdotes et ses descriptions botaniques dans Canadian Wild Flowers (1867) et Studies of Plant Life in Canada (1885). Au cours des dix dernières années de sa vie, elle a même fait paraître deux de ses livres, notamment Pearls and Pebbles (1894). Elle a continué à écrire au-delà de ses quatre-vingt-dix ans et a été célébrée comme l'aînée de tous les auteurs de l'Empire britannique. |